RAP CONSCIENT

mai 15, 2008

Skalpel “Apologie de la violence légitime” // Prod: Pizko mc

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 3:50 pm

Skalpel (la k-bine) A.V.L
envoyé par esonomas

mai 13, 2008

Concerts…

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 1:58 pm

Le Vendredi 16 mai:

Concert Rap + discussion sur l’enfermement et la prison à la salle culturelle de Saint-Amant-Roche-Savine.

18H00: Discussion
20H00: Concert avec La K-Bine / E.One (Eskicit) / Sheryo / Collectif Mary Read / La Fibre / Inique

Tarif: prix libre

Salle culturelle
8 rue de la belle Bergère
63890 Saint-Amant-Roche-Savine

Le samedi 17 mai:

Concert de soutien au collectif NLPF (prisonniers d’action dircte)

Live: La K-Bine, E.One (Eskicit) & Sheryo / La Fibre / Collectif Mary Read

Horaire: 20H30
Tarif: 5 euros

Raymond’s Bar
77 avenue Edouard Michelin
63000 Clermont-Ferrand

Flyers…

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 8:42 am

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avril 23, 2008

Message pour la journée du prisonnier politique

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 9:10 pm

17 avril 2008

Camarades,

Le voile noir de la réaction flotte sur l’Europe. Pas une année sans
qu’un pays ne tombe sous la coupe de la droite extrême. Quant à leurs
adversaires politiques officiels, ils ne valent souvent guère mieux -
si ce n’est qu’ils ajoutent la bonne conscience à la dictature
libérale. L’Otan et le militarisme sécuritaire gagnent du terrain dans
les têtes.

Nous devons partir de ce constat : le mouvement révolutionnaire a
quasiment disparu de l’horizon continental.

Bien sûr, ici et là, des poches de résistance dressent encore nos
drapeaux. Ailleurs, les militants anti-capitalistes s’engagent tant
bien que mal dans des processus de recomposition. Ces processus sont
fragiles et souvent contradictoires mais ils ont l’infini mérite de
dépasser l’aveuglement des ghettos et les alibis sectaires de la
décomposition.

Depuis des années, seule une infime minorité de militants se préoccupe
de la détention politique. Les autres demeurent sourds et absents. Et
beaucoup la nient tout bonnement à coups de postulats dogmatiques.
Pour quelques-uns, il n’y aurait pas de prisonniers politiques ; pour
d’autres, il ne s’agirait que de terroristes ayant le sort qu’ils
méritent. Cette arrogance de la fausse radicalité et ce conformisme
frileux découlent tous deux de nos défaites collectives et du recul
des positions révolutionnaires.

Ainsi les justifications se tricotent à la veillée pour ne jamais
participer aux mobilisations solidaires, chargées aux yeux de beaucoup
de trop de poudre et de sang. Et quand certains y participent, par
exemple, lors d’une campagne contre l’extradition menaçant un
militant, ils se sentent confortés lorsque le détenu, pour se sauver,
renie son engagement passé ou claironne ad nauseam le refrain de
l’innocence.

Ainsi, au fil des années, la dépolitisation s’est installée sur le
terrain de la solidarité. Aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre
dans la bouche de nombreux militants le discours du pouvoir bourgeois
à propos de la loi, du droit et de la justice ; mais surtout et avant
tout, aux yeux de beaucoup, en reprenant la condamnation de la
violence révolutionnaire.

Dans les tentatives actuelles de recomposition de la gauche
révolutionnaire, nous, prisonniers politiques, et avec nous les
membres des groupes de soutien, avons le devoir de replacer au cœur
des préoccupations militantes la question de la détention politique.
Nous devons enrichir de nos expériences et de nos mémoires le camp
anticapitaliste.

Ainsi participerons-nous à la conscientisation et aux actions de
solidarité de classe. Sur le terrain de la détention politique, cette
solidarité réclame des mobilisations conséquentes, une convergence de
larges secteurs et une pratique de longue durée. Sur la base des
combats passés et présents, elle doit se développer autour de deux
revendications permanentes :

- Dissolution des tribunaux d’exception et abrogation des lois spéciales.

- Amnistie des prisonniers politiques.

Cependant, la détention politique n’épuise pas la question de la
prison ni bien évidemment celle de la répression de classe. Mais, plus
que jamais, elle se situe au cœur du système répressif et matérialise
la menace permanente contre tous ceux qui osent s’organiser, lutter,
résister.

La détention politique est le nœud gordien du système répressif. Là où
s’inscrit, jour après jour, en béton et en fil barbelé, la violence de
l’Etat réactionnaire au service du régime autoritaire libéral. La
détention politique constitue un des baromètres du rapport de forces et
de l’antagonisme des classes.

Aujourd’hui, près de 300 prisonniers politiques sont enfermés dans ce
pays. Ils subissent un arbitraire quotidien : censure, dispersion,
brimades, interdits… Certains camarades sont isolés, quelques-uns
depuis des années et des années. Ce traitement a pour but de les
briser et de les retourner contre leur propre engagement. Les
tribunaux spéciaux espèrent ainsi les utiliser dans leurs campagnes de
pacification sociale et politique. Pour l’Etat, un détenu qui agit en
prisonnier politique et revendique son action passée est à éliminer.

Depuis des années, la multiplication des lois sécuritaires et des
instances spéciales (en particulier la perpette réelle et la création
de l’application des peines anti-terroriste) œuvrent à cadenasser le
système du “nouvel anti-terrorisme”. Si cette menace n’atteint pas
encore l’ensemble de la gauche anti-capitaliste, il y a fort à parier
qu’elle s’étendra dès les premiers signes d’une reprise des pratiques
contestataires de masse.

Notre conscience et notre expérience seront alors décisives.

Voilà pourquoi la question de la détention politique doit être
inscrite parmi les points cruciaux de la recomposition de la gauche
révolutionnaire.

La répression des résistances de notre classe mondiale et des peuples
opprimés est l’axe fondamental du programme frauduleusement dénommé
“guerre contre le terrorisme et pour la sécurité”. Cette nouvelle
forme de la lutte de la classe bourgeoise impérialiste inscrit la
criminalisation à chaque étape de la contestation politique.

Comme le procès de travail, la répression, la guerre impérialiste et
la guerre civile sont mondiales, aucun sujet d’actualité ne peut être
abordé séparément de ses implications transnationales. Notre
solidarité de classe est un combat brisant les murs et les frontières.

La semaine passée, sous la bannière d’une cause humanitaire médiatique, la
bourgeoisie défilait en brandissant les photos de militaires et de
policiers colombiens dont beaucoup sont des tortionnaires du régime
narco-libéral et des complices des escadrons de la mort. Il est donc
essentiel d’adresser un message de solidarité aux détenus et guérilleros
des FARC et de l’ELN, sans oublier les camarades chiliens du FPMR détenus
dans les prisons brésiliennes de Lula, ni les prisonniers du PCP et du
MRTA, enterrés vivants dans les geôles du gouvernement social-démocrate
péruvien.

Alors que les forces impérialistes et colonialistes sont engagées dans
l’agression “anti-terroriste” contre les peuples du Moyen-Orient, je
terminerai par un message de solidarité destiné aux prisonniers
politiques et aux résistances palestiniennes, libanaises et
irakiennes, fer de lance des peuples de la région :

- A tous ceux qui subissent les agressions de l’OTAN, des sionistes et
de l’armée US !

- Aux habitants des villes et des camps bombardés.

- Aux populations livrées aux mercenaires et menacées par les
escadrons de la mort et les “assassinats ciblés”.

- Aux résistants arrêtés, enlevés, torturés et déportés à Guantanamo
ou disparus dans les prisons secrètes de la CIA.

- Aux milices ouvrières des quartiers populaires de Bagdad.

- Aux grévistes et aux émeutiers du Caire.

- Aux prisonniers communistes libanais, Samir Kuntar détenu dans les
geôles de l’Etat sioniste depuis 1979 et au camarade Georges Ibrahim
Abdallah, emprisonné en France depuis octobre 1984.

A tous ceux qui résistent !

Votre combat est notre combat !

J. Marc ROUILLAN

Prisonnier Politique d’Action Directe

Prison des Baumettes

Marseille avril 2008

avril 22, 2008

le 26 avril!!!

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 8:51 pm

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Lettre d’Ivan et Bruno depuis les prisons de Fresnes et Villepinte.

Salut à tous les copains, à tous ceux qui ne sont pas résignés à la
situation que nous vivons : occupation policière des rues, des villes,
rafles, expulsions, arrestations, difficultés quotidiennes, dépossession
de nos vies ; cette situation qui nous pousse à céder une part
grandissante de nos vies aux chefs en tout genre, à ceux qui président à
nos destinées, au pouvoir. Si nous prenons le parti de la révolte, c’est
pour toutes ces raisons, pour retrouver le pouvoir sur nos vies, pour la
liberté de vivre.

Nous avons été arrêtés le 19 janvier. Nous sommes deux en prison, le
troisième est sous contrôle judiciaire (il passait par là et avait le tort
de nous connaître). Nous avions en notre possession un fumigène que nous
avions fait en mélangeant du chlorate de soude, du sucre et de la farine.
Enflammé, ce mélange produit un fort dégagement de fumée. Nous projetions
de l’utiliser à la fin de la manifestation qui allait ce jour-là devant le
centre de rétention de Vincennes. Notre idée : se rendre visible auprès
des sans-papiers enfermés, sachant que la police tenterait sûrement de
nous empêcher d’approcher du centre. Nous avions aussi des pétards pour
faire du bruit et des crèves-pneus (clous tordus) qui peuvent être
disposés sur la route pour empêcher les voitures de passer.

Pour la police et la justice, le prétexte est tout trouvé, nous avions les
éléments pour une bombe à clous. Voilà ce dont nous sommes accusés :

Transport et détention, en bande organisée, de substance ou produit
incendiaire ou explosif d’éléments composant un engin incendiaire ou
explosif pour préparer une destruction, dégradation ou atteinte aux
personnes. Association de malfaiteurs en vue de commettre un crime de
destruction volontaire par l’effet d’un incendie, d’une substance
explosive ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les
personnes, commis en bande organisée.

Refus de se prêter aux prises d’empreintes digitales ou de photographies
lors d’une vérification d’identité. Refus de se soumettre au prélèvement
biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique par
personne soupçonnée de crime ou délit.

Ça fait froid dans le dos. Voilà pour les faits, nous allons tenter d’y
apporter une réflexion.

Ce n’est évidemment pas au regard de ce que nous détenions ou de ce que
nous projetions de faire que nous avons été traités de la sorte. L’État
criminalise la révolte et tente d’étouffer toute dissidence «
non-autorisée ». Ce sont nos idées et notre façon de lutter qui sont
visées, en dehors des partis, des syndicats ou autres organisations. Face
à cette colère que l’État ne parvient ni à gérer ni à récupérer, il isole
et désigne l’ennemi intérieur. Les fichiers de police et des
renseignements généraux construisent des « profils-types ». La figure
utilisée dans notre cas est celle de « l’anarcho-autonome ». Le pouvoir
assimile cette figure à des terroristes, construisant une menace pour
créer un consensus auprès de sa population, renforcer son contrôle et
justifier la répression.

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui en prison. C’est la solution
choisie par l’État pour la gestion des illégalismes, des « populations à
risque ». Aujourd’hui il faut enfermer plus pour plus longtemps. Les
contrôles, toujours plus efficaces, et les sanctions qui font peur
assurent à ceux qui détiennent ou profitent du pouvoir une société où
chaque individu reste à sa place, sait qu’il ne peut pas franchir les
lignes qu’on a tracé pour lui, qui l’entourent et le compriment, sans en
payer le prix. Si nous luttons aux côtés de sans-papiers, c’est que nous
savons que c’est la même police qui contrôle, le même patron qui exploite,
les mêmes murs qui enferment. En allant à la manifestation, nous voulions
crier en écho « Liberté » avec les prisonniers, montrer qu’on était
nombreux à entendre la révolte qu’ils ont menée pendant plusieurs mois.
Allumer un fumigène, tenter de s’approcher le plus possible des grilles de
la prison, crier « fermeture des centres de rétention », avec la
détermination de vouloir vivre libre. Cette lutte, dans laquelle on peut
se reconnaître, est un terrain de complicités à construire, un lieu
possible de l’expression de notre propre révolte.

Nous ne nous considérons pas comme des « victimes de la répression ». Il
n’y a pas de juste répression, de juste enfermement. Il y a la répression
et sa fonction de gestion, son rôle de maintien de l’ordre des choses : le
pouvoir des possédants face aux dépossédés.

Quand tout le monde marche en ligne, il est plus facile de frapper ceux
qui sortent du rang.

Nous espérons que nous sommes nombreux et nombreuses à vouloir posséder
pleinement nos vies, à avoir cette rage au cœur pour construire et tisser
les solidarités qui feront les révoltes.

Bruno et Ivan, avril 2008

avril 20, 2008

Georges abdallah

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 8:25 pm

Incarcéré en France depuis 1984, libérable depuis 1999, Georges Ibrahim
Abdallah n’a rien renié de son combat solidaire des peuples en lutte,
contre l’impérialisme, le sionisme et pour la libération totale de la
Palestine.

Ce combat, il le poursuit aujourd’hui par les idées, par l’écrit, par une
résistance quotidienne et résolue face cette pseudo justice qui entend en
faire une des multiples victimes de la loi sur la rétention de sûreté, et
ce alors qu’il aurait déjà dû retrouver la liberté depuis 10 ans !

Le 31 janvier une décision devait être rendue sur l’examen en appel de sa
demande de libération, mais une fois encore, la « justice » a différé sa
réponse, jouant la montre pour entre autre ne pas déplaire aux « intérêts
supérieurs » des U.S.A.. Georges Abdallah est un prisonnier politique et
la décision de sa libération est une décision politique.

Le 25 mars, il a été entendu devant une juridiction d’exception. Ce 17
avril les juges ont décidé en application de la nouvelle loi Dati, que le
dossier de Georges Abdallah, comme ceux de tous les prisonniers lourdement
condamnés et susceptibles d’un aménagement de peine, devrait être examiné
par une commission spéciale pour évaluer son potentiel de dangerosité. De
quelle dangerosité ose t-on parler quand des dizaines de palestiniens sont
chaque jour tués par les sionistes dans l’indifférence des maîtres à
penser de Washington et leurs alliés ici bas ?

Militant communiste, Georges Abdallah a toujours été clair : son combat,
il l’a mené et il le mène contre les oppresseurs, ceux-là uniquement.

Le délibéré sera rendu le 4 septembre. Un quart de siècle après son
incarcération ! Et dix-huit mois se seront écoulés depuis le dépôt de sa
septième demande de libération conditionnelle, dix-huit mois faits de
lutte, d’espoir et de solidarité de ses camarades, famille et amis.
Aujourd’hui comme hier : LIBERTE POUR GEORGES IBRAHIM ABDALLAH !

Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah
Paris le 18 avril 2008
http://liberonsgeorges.over-blog.com

avril 14, 2008

Le 26 avril….

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 9:04 am

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La situation des communautés zapatistes au Chiapas, en lutte depuis 1994 pour réclamer non seulement la reconnaissance de leurs droits et de leur culture mais aussi la construction d’un système alternatif au capitalisme et la répartition des richesses, est de plus en plus difficile.
L’offensive actuelle (quelle soit paramilitaire avec une recrudescence très nette des agressions, ou « civile » avec une accélération du déplacement des populations) est, aux dires de nombreux observateurs, “sans précédent depuis 1995″. Cette féroce répression menée contre les communautés zapatistes et leurs autorités autonomes laisse augurer d’un avenir sombre. Dans une de ses dernières déclarations, le 16 décembre 2007, le sous-commandant Marcos déclarait : « Les signes annonciateurs de la guerre sont clairs. La guerre comme la peur a son odeur. Et aujourd’hui, on commence à respirer son odeur fétide sur nos terres ». Une course contre la montre est engagée par le gouvernement pour étouffer le mouvement zapatiste avant que les structures autonomes (systèmes de santé, d’éducation, de production …) mises en place depuis 1994 et qui commencent à donner pleinement leurs fruits rendent de plus en plus difficile l’éradication des zapatistes et fassent tâche d’huile auprès d’autres mouvements au Mexique.
Face à cette situation, la solidarité est plus que jamais nécessaire. Les collectifs européens de solidarité ont lancé une campagne commune en défense et en solidarité avec la lutte zapatiste. Un forum sera organisé les 9, 10 et 11 mai à Athènes pour échanger, débattre des différentes initiatives communes à mener en solidarité avec les zapatistes. Mais aussi comment la lutte au Chiapas nous questionne sur nos luttes, comment les luttes ici et là-bas peuvent s’enrichir mutuellement, les passerelles qui peuvent être construites.

avril 13, 2008

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 7:53 pm

La K-BINE RALLUME LA MÈCHE…

Dans « Kommando Malik », dernier opus en date, la bande de La K-BINE assène : « Mon rap, un attentat ciblé. La K-BINE, rap de fils d’immigrés. » Rencontre avec Skalpel, l’une des voix de ce groupe enragé.

Ça fait à peine deux ans qu’on connaît la K-BINE et tout son crew. Mais on a déjà dû les voir dix fois sur scène, au CICP bien sûr, lors des concerts de solidarité internationale, aux Vignoles en soutien à la CNT, à Saint-Denis pour Marina Petrella, au Glazart lors de la sortie de l’album Brigada, etc. À chaque fois, Guez, Skalpel et leurs potes assènent énergie militante, radicalité et sincérité. La K-BINE réalise en ce moment l’un des vieux rêves des activistes de la contre-culture: mêler les scènes et les tribus, réconcilier rages punk et rap. Puisse cette alternative se développer ! C’est l’unité des révoltés qui permettra de faire ravaler leur dédain aux puissants.

Peux-tu te présenter ? Et nous dire depuis combien de temps tu es impliqué dans le rap. La K-BINE, à l’origine, c’était un regroupement de potes ? Quelles sont tes influences ?

Je m’appelle « Emiliano/Skalpel », j’ai 28 ans, et je fais partie du groupe de rap LA K-BINE, qui vient d’Aulnay-sous-Bois, dans le 93. Ça fait bien treize à quatorze ans que je suis impliqué dans cette musique. Le groupe existe depuis 1997, date à laquelle « Saïd/Guez » s’est mis à écrire et à rapper. À la base, « la cabine », c’était le nom d’un endroit de notre quartier, les « 3000 », où l’on se réunissait avec une trentaine de potes. Quand on a choisi un nom pour notre duo, on s’est dit que ça collait bien, on a juste changé l’orthographe. Mes influences se trouvent dans le rap, que j’ai découvert vers l’âge de 12 ans, grâce à une cassette que m’a filée mon cousin, comprenant des morceaux de NTM, Ice-T, Public Enemy, House of Pain, Lionel D. Par la suite, j’ai écouté beaucoup de rap français comme Fabe, la Rumeur, et d’autres groupes avec des textes engagés.

Tes textes sont très marqués, vous prenez part à de nombreux concerts de soutien. D’où vient ta conscience politique ? J’ai cru comprendre que ton père était un ancien Tupamaros…

Ma conscience politique, telle qu’elle existe désormais, est le résultat d’une éducation reçue et d’une démarche personnelle conséquente d’un grand intérêt de ma part pour tout ce qui concerne les « luttes » politiques, armées, de libération nationale… En effet, je suis fils d’un ancien Tupamaros, c’est-à-dire d’un militant d’une organisation politique armée, d’influence marxiste, qui pratiquait la guérilla urbaine en Uruguay, dans les années soixante et soixante-dix. Mon père a donc été militant dans un premier temps, puis « prisonnier politique » durant six ans, et réfugié politique, en France, à partir des années quatre-vingt. Comme d’autres enfants de Latino-Américains, je suis un fils d’immigrés, avec cette particularité d’être aussi un fils de « réfugié politique ». Il se trouve que, pour ma part, c’est un héritage idéologique et politique dont je suis fier, qui se traduit par ce que je prétends modestement être, un « rappeur militant et engagé ».

Le rap conscient, ça veut dire quoi aujourd’hui ? Avec quels groupes partagez-vous la scène ? J’ai le sentiment que cette mouvance est en train de grandir, non ?

Par rap conscient, chez nous, il faut comprendre « revendicatif, alternatif, engagé, militant, contestataire, subversif ». On peut y mettre tous les adjectifs qui définissent une attitude consistant à remettre en cause le système tel qu’il existe. Pour nous, c’est un rap réfléchi et lucide, qui s’inscrit dans une démarche d’analyse politique de la situation actuelle, avec une forte dose de travail sur la mémoire, et le souci d’être cohérents avec nos textes dans notre vie de tous les jours. On partage cette scène avec pas mal de groupes qui sont dans la même démarche, pour les très proches, je te citerais Pizko et Eskicit. Après, il y a une multitude de groupes qu’on peut définir comme engagés ou conscients, mais avec des sensibilités différentes. Pour ma part, je suis admiratif de la pratique et de la conception du rap que défend le Collectif Mary Read, qui représente une tendance anarchiste et alternative qui manque, selon moi, beaucoup au rap « français ».

Penses-tu qu’on puisse établir des liens avec le mouvement punk et avec toutes les autres scènes musicales conscientes ?

Pour moi, oui, c’est sûr à 100 %. Cela dépend uniquement des protagonistes de ces différentes scènes. À partir du moment où les idées sont les mêmes, les liens sont possibles. Je pense que notre groupe a démontré par son attitude et sa participation à différents concerts et projets musicaux qu’il était dans cette démarche.

Peux-tu nous parler de ta rencontre avec Jean-Marc Rouillan et de la compil « Libérez Action directe » ?

J’ai eu l’occasion de rencontrer JM Rouillan lors d’un parloir que j’ai obtenu quand celui-ci était encore emprisonné à la centrale de Lannemezan. Cette rencontre a fait suite à une correspondance que j’ai entretenue avec Nathalie Ménigon, et à ma participation aux soutiens des prisonniers, notamment à travers le disque « Libérez Action directe » que l’on a sorti avec le comité Ne laissons pas faire (NLPF). Pour moi, ce fut une rencontre forte en émotions, car inhabituelle. J’ai pu mettre un visage et des expressions sur un personnage que je ne connaissais qu’à travers des échanges téléphoniques, des lectures, et ce que m’en racontaient certains de ses proches. On a beaucoup discuté et échangé de points de vue sur la musique, la politique… On a aussi parlé des Tupamaros, de la prison et de plein d’autres choses. J’ai aussi eu la chance à cette occasion de croiser George Abdallah (prisonnier communiste libanais, ndlr). C’est une rencontre inoubliable, sans vouloir idéaliser quoi que ce soit, car pour moi, elle avait beaucoup de sens. J’ai passé trois heures au parloir pour vingt-quatre heures de train aller-retour pendant lesquelles j’ai beaucoup pensé à mes parents, et notamment à mon vieux qui dans de nombreuses occasions m’a expliqué l’importance, pour un prisonnier politique, de ces quelques moments où les sentiments humains, à travers la solidarité, reprennent de leur sens. Et puis, la rencontre à l’extérieur avec des femmes de détenus « longues peines » m’a donné une leçon de vie et de courage inoubliable…

Tu pourrais nous expliquer le « Manifeste pour un mouvement autonome des banlieues » ?

Tout d’abord, c’est un manifeste qui doit principalement son existence à E.one, et qui se veut une sorte de synthèse poétique de choses que l’on ressent et auxquelles on aspire. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un texte « politique » qui a subi des tonnes d’analyses et de modifications. Il a été écrit spontanément, comme une chanson que l’on couche sur un morceau de papier, dans un moment précis. On lui a donné la forme d’un communiqué de presse qui s’adresserait à la population française, ainsi qu’aux autorités et qui aurait été écrit dans la clandestinité, par un mouvement indépendantiste faisant son apparition à l’occasion de la divulgation de ce manifeste. Il y a des revendications sérieuses et du second degré. Son but est de faire réagir de quelque façon que ce soit. Il s’inscrit clairement dans la continuité des morceaux de la série des « utopies concrètes » de mon album « Kommando Malik ».

Qu’est-ce qui vous donne la rage dans la société d’aujourd’hui ?

Beaucoup de choses. Les injustices que l’on perçoit au quotidien dans nos quartiers dits « populaires », dans nos boulots respectifs, l’accroissement des inégalités, la répression de toutes les formes de contestation du système capitaliste. Plus concrètement, aujourd’hui par exemple, les expulsions et la mise en place grandissante des centres de rétention administrative. Après, de façon plus générale, c’est l’accélération des moyens mis en œuvre par le système capitaliste pour pérenniser son existence, et parfois notre fort sentiment d’impuissance face à celui-ci. Je crois que les raisons de notre rage, aujourd’hui, ne sont pas tellement différentes de celles de ceux qui luttaient il y a vingt ou trente ans.

Comment diffusez-vous vos disques ? Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Nos disques sont diffusés via Internet à travers www.bboykonsian.com. Ils sont aussi vendus dans certains endroits comme des magasins spécialisés dans le rap (très peu) et des librairies militantes. Sinon, nous les diffusons lors de nos concerts à des prix très abordables. Certains sont aussi disponibles en libre téléchargement.

Quelque chose à ajouter ? Contact ?

Merci pour l’interview. En ce moment on est en tournée avec E.one et Akye, plus d’autres invités selon les dates, donc voilà, venez nombreux…
www.lak-bine.com
www.rap-conscient.com
www.bboykonsian.com

Interview : Pâtre.

avril 7, 2008

Solidarité avec les prisonniers politiques….17 avril

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 1:24 pm

À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE
DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS POLITIQUES

RÉUNION PUBLIQUE

jeudi 17 avril 2008, à partir de 19 h
au C.I.C.P. - 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris

Répression, acharnement et résistance :
la situation des prisonniers politiques
en Europe
(Basques, Corses, militants anti-impérialistes en France,
Italie, Espagne, Allemagne, Turquie…)

La lutte des prisonniers politiques
dans le monde
(Palestine, Pérou, peuple mapuche…)

Entrée libre - tables de presse et d’information

Collation (boissons, thé à la menthe, café, sandwichs, gâteaux)
par l’association « Joie des Enfants des Camps »

À l’initiative de : A.G.E.N., Campagne « Palestine 60 ans de résistance », C.A.R. Paris, Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Comité Pérou, Comité de solidarité avec le peuple basque - Paris, Comité Tayad, Ka Kiñe, Ne Laissons Pas Faire, Secours Rouge de France, …

Pour info, en dehors d’Euskal Herria et Paris, cette journée va être célébrée également à New-York, Buenos Aires, en Turquie, en Grèce et en Catalunya. Après il est possible qu’en d’autres endroits se fassent des choses dont nous n’avons pas connaissance.

En Euskal Herria il y aura principalement des rassemblements dont le central sera celui de jeudi à Donostia, à 19h devant le siège du PSOE. Au vieux quartier de Bilbo cela va durer 3 jours: jeudi un ekitaldi (acte/ hommage), vendredi un débat et samedi une fête internationaliste. Il y aura des personnes de Palestine, Colombie, des mapuche, Rescat (Catalunya) et Euskal Herria. Il y aura aussi une exposition de luttes d’autres peuples

En Catalunya il y aura aussi un débat avec des représentants de Palestine, Colombie, Rescat, mapuches et Pays Basque.

CSPB
Comité de Solidarité avec le Peuple Basque
21 ter, rue Voltaire
75011 Paris
http://cspb.unblog.fr/

à suivre, textes relatifs à la journée du 17 avril, de soutien au prisonniers politiques

Chers amis et amies,
Une année de plus, nous lançons un appel pour la célébration de la journée des prisonniers politiques le prochain 17 avril 2008, comme il a été décidé à la première Conférence sur les Prisonniers Politiques l’année 2004 à Donostia.
À cet effet, nous appelons à tous les groupes de support avec les prisonnières et les prisonniers politiques pour réaliser des mobilisations et des rassemblements pour que la solidarité avec eux soit écoutée dans le monde entier.
Nous avons préparé le texte que nous vous envoyons en annexe, afin d’être approuvé pour nous tous de façon à être lu dans toutes les mobilisations du 17 avril.
Nous voulons profiter de cette occasion pour vous rappeler que le site www.kalera.org est à votre disposition et que vous pouvez nous envoyer toutes les convocations, appels et nouvelles pour les mettre sur ce site.
Salutations solidaires,
Mouvement pour l’amnistie du Pays basque
avril

avril 1, 2008

Jeudi 03 Avril

Enregistré dans : Prise de position — skalpel @ 9:21 am

Devant la direction de l’Administration Pénitentiaire
au carrefour entre rue de la Verrerie et la rue du Renard,
Métro Hôtel-de-Ville (L1-L11)
[voir carte]
Action Directe : rassemblement de solidarité
Libération de Georges Cipriani et de tous les militants d’Action Directe !
Membre d’Action Directe, arrêté en 1987, Georges Cipriani a été condamné à perpétuité pour des actions armées revendiquées par son organisation. Incarcéré depuis 21 ans, il a terminé en février 2005 la peine de sûreté de 18 ans assortie à sa condamnation. Il est donc libérable depuis trois ans.

Georges Cipriani a déposé en novembre 2007 une nouvelle demande de libération conditionnelle. Son dossier répond à toutes les exigences d’une telle décision et devrait logiquement dans quelques mois lui permettre de gagner un statut de semi-liberté que ses camarades Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan ont déjà arraché à la justice.

Bien sûr, cet aménagement de peine, après plus de 20 ans de prison, ce n’est pas encore la liberté, mais c’est en principe la dernière étape avant la libération conditionnelle. En attendant, Nathalie et Jean-Marc doivent subir pendant au moins un an un régime de semi-détention, assorti de contraintes exceptionnelles.

Mais pour Georges Cipriani, c’était sans compter sur un nouvel acharnement judiciaire dû à la récente loi « sur la rétention de sûreté ». Bien que censurée par le Conseil constitutionnel, cette loi a vraiment un effet rétroactif, puisqu’elle exige que les condamnés à perpétuité effectuent dorénavant un séjour de six semaines dans un « service spécialisé chargé de l’observation des personnes détenues aux fins d’une évaluation pluridisciplinaire de dangerosité ». La Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté doit enfin rendre un avis. Censée s’appliquer « à titre exceptionnel » ? mais les prisonniers politiques d’Action Directe n’ont connu pendant toutes ces années que les sanctions d’une justice d’exception, cette loi (dans laquelle n’est d’ailleurs nullement défini ce qu’est une « dangerosité particulière ») va ainsi compliquer et allonger encore la procédure pourtant très restrictive appliquée à Georges Cipriani.

Plus que jamais, il nous faut donc maintenir la pression : la mobilisation doit se poursuivre afin d?exiger la liberté pour Georges Cipriani et aussi pour Régis Schleicher ; pour exprimer notre soutien à Nathalie Ménigon et à Jean-Marc Rouillan jusqu’à leur libération complète.

Rassemblons-nous une fois encore

jeudi 3 avril 2008, de 18 h à 19 h

en face de la direction de l’Administration pénitentiaire, carrefour rue de la Verrerie - rue du Renard (Paris 4e - métro L1-L11 Hôtel-de-Ville).

Collectif “Ne laissons pas faire !”

nlpf@samizdat.net - http://nlpf.samizdat.net

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