RAP CONSCIENT

août 26, 2006

A lire…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 7:19

RETOUR SUR LES ANNEES DE BRAISE

les groupes autonomes et

l’organisation Action Directe

 

“Nous considérons que l’heure est venue de passer de la période d’affirmation à la période d’action et de joindre à la propagande verbale et écrite dont l’innefficacité a été démontrée la propagande par le fait et l’action insurectionnelle”

(Congrès de l’internationale antiautoritaire,londres1881)

août 20, 2006

Interview avec Imad Chiha (Mouvement Communiste Arabe)

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:09

Solidarité ! a pu réaliser une interview avec Imad Chiha, un communiste en août 2004 après avoir passé presque 30 ans dans les prisons syriennes. Imad Chiha était membre du Mouvement Communiste Arabe, une organisation implantée au Liban, en Syrie et Koweit, qui a mené des actions armées contre les intérêts impérialistes (contre le pavillon américain à la foire internationale de Damas, 14 août 1974 , contre le centre américain d’informations - le siège de la CIA - également à Damas en août 1974 ; contre plusieurs banques et sociétés d’assurance américaines à Beyrouth, à Damas et à Koweit-City, d’août à novembre 1974).

 

1. Vous êtes militant du Mouvement Communiste Arabe. Pouvez-vous nous présenter cette organisation et son histoire ?
 

- Le Mouvement Communiste Arabe est une fraction marxiste révolutionnaire née au début des années 1970 dans les milieux étudiants, suite à la défaite des régimes petits-bourgeois arabes dans la guerre de juin 1967, au massacre perpétré par le régime jordanien contre le peuple palestinien et les organisations de la résistance palestinienne en septembre 1970, et de la tentative de faire passer un règlement pacifique de la cause palestinienne aux dépends des droits légitimes du peuple palestinien au retour et à l’autodétermination. Tout ceci était un bilan naturel de l’impuissance des régimes en ce qui concerne la résolution des questions historiques posées : la libération des territoires occupés et l’accomplissement des tâches de la révolution démocratique bourgeoise, malgré leur adoption d’un socialisme présumé et d’une ligne d’évolution non-capitaliste selon les théorisations soviétiques. Nous avions trouvé que l’accomplissement des tâches historiques de libération nationale et de révolution sociale ne pouvait être fait qu’à travers l’unification des efforts des classes exploitées face à l’offensive impérialiste et à ses disciples dictateurs militaires locaux et à l’entité sioniste, en vue de réaliser la liberté et la justice sous la bannière du socialisme dans toute la région arabe - au cadre d’une guerre de libération populaire qui vise à libérer les territoires arabes occupés, de la constitution d’un parti communiste révolutionnaire unifié et de la réalisation du pouvoir de la classe ouvrière dans toute la région arabe. La libération de cette région de l’hégémonie impériale affaiblira les effets du partage d’influence établi par la coexistence pacifique d’un côté, constitue un levier qui permet de briser d’autres parties de la chaîne de pays soumis, et offre aux forces de la révolution dans le monde capitaliste de meilleures chances pour renouveler leurs forces.
Le mouvement avait trois commissions, en Syrie, au Liban et au Koweït. Il a œuvré à faire évoluer la conscience de la classe ouvrière et à briser le cycle de la peur et de la terreur, générées par l’oppression sanguinaire qui s’est poursuivi des années durant, à former un Mouvement Communiste révolutionnaire qui dévoile et démasque les pratiques opportunistes des partis communistes réformistes, et à faire face à l’offensive impérialiste sioniste que a suivi la guerre d’octobre 1973, ayant pour but de réinstaller l’hégémonie impérialiste sur la région et ses ressources, en imposant un règlement avec Israël selon ses propres conditions. Les régimes ont réussi à éradiquer cette organisation d’une manière sauvage au bout de trois années de sa lutte.

 

2. Quand avez-vous été arrêté ? Comment s’est passé votre procès ?
 

- J’ai été arrêté le 21 juin 1975 suite à une vaste campagne d’arrestations en Syrie, au Liban et au Koweït. Le groupe fut présenté devant la Cour Suprême de Sécurité et le procès fut fictif, car les sentences étaient déjà prêtes, et visaient à terroriser le reste des forces de gauche et à enterrer dans son berceau toute mouvance révolutionnaire ; même les opposants de l’organisation ne s’attendaient pas à de telles sentences. Mis à part le fait que le procès ne fut ni légal ni constitutionnel, il a été effectué dans les pires conditions et les sentences ont été émises en moins de deux semaines. Cinq militants ont été exécutés quatre jours après la promulgation de la sentence, cinq autres furent condamnés à la prison à vie, et quatre reçurent une sentence de quinze années de prison.

 

3. Quelles ont été vos conditions de détention ?
 

- Ces conditions ont varié selon le lieu d’arrestation. Les plus dures et les pires ont été dans la prison de Mezzé et dans la fameuse prison de Palmyre : isolement total du monde extérieur, absence complète des conditions hygiéniques élémentaires, insuffisance de nourriture, de vêtements et de réchauffement, torture quotidienne brutale qui expose le détenu à la mort sans que le coupable soit atteint d’aucune punition, il pouvait même en être récompensé. Donc, c’est l’absence du minimum de conditions de vie. Et pourtant, nous avons été beaucoup moins exposés à ces conditions que furent les forces intégristes islamistes. Ces conditions se sont relativement améliorées lorsque nous avons été transférés à la prison civile de Adra au bout de seize ans, car au moins, le cycle d’isolement du monde extérieur fut brisé. Puis nous avons été transférés à la prison militaire de Sednaya, dont les conditions de vie se sont améliorées ces dernières années, tant en ce qui concerne les visites qu’en ce qui concerne le contact avec le monde extérieur ou de fournir les besoins de vie ou de l’absence de la torture.

 

4. Quelle a été l’importance et la nature de la solidarité avec vous, lors de votre détention ? Quelle a été la position de la gauche réformiste ?
 

- Malheureusement, seule une minorité courageuse parmi les forces de la gauche arabe - organisations et individus - nous a soutenus et a condamné les sentences tyranniques. Mais la majorité des partis communistes réformistes ont pris une position de soutien au régime en s’acquittant des forces révolutionnaires de gauche et en approuvant implicitement l’orientation brutale du régime, afin de conserver ses intérêts et ses acquis résultant de sa stratégie de coalition avec lui. Ceci n’a pas empêché une minorité de ses militants de protester contre sa position.

 

5. Dans quelles conditions politiques ont été faites vos libérations ? Que signifient-elles sur la situation actuelle du régime syrien ?
 

- Premièrement, ma libération sans condition a été effectuée le 3 août 2004, après une campagne forte et efficace - dans le pays et à l’étranger - qui a duré plus de 3 années, menée par nombre de forces et de personnalités politiques et juridiques. Deuxièmement, cette libération a été faite dans le cadre des promesses de changement lancées par le régime au début du nouveau millénaire, et finalement, dans le cadre des pressions extérieures et intérieures que le régime subissait. En ce qui concerne la deuxième partie de la question, ceci a signifié pour le régime une simple tentative visant à améliorer son image à l’intérieur et à l’extérieur, et à alléger les pressions qu’il subissait sur le plan mondial, car les conditions essentielles auxquelles il doit se soumettre et qui lui permettent d’être sur le seuil d’un changement socio-politique signifiant n’ont pas encore été réalisées : fermer le dossier de détention politique et celui des disparus et des exilés - avec la restauration des droits civils de tous ceux qui en ont été privés et l’indemnisation matérielle et morale des victimes de l’oppression, abolir l’état d’urgence et cesser de recourir à la loi martiale, promulguer une loi moderne concernant les partis politiques et d’une loi qui organise le fonctionnement des médias, répandre les libertés publiques et la pluralité politique et abolir la monopolisation des pouvoirs politiques, économiques, sociales et culturelles. Ce sont les préambules essentiels d’un processus de changement réel qui sortirait le régime de son impasse intérieure et extérieure.

 

6. Y a-t-il encore des militants du Mouvement Communiste Arabe en prison ? Ou d’autres militants d’organisations communistes révolutionnaires ?
 

- Le 3 novembre 2005 a vu la libération du dernier détenu communiste en Syrie. Ce fut le docteur Abdelaziz Al Khayyer, un militant du parti de travail communiste. A ce que je sache, il ne reste plus aucun militant appartenant à une organisation communiste révolutionnaire dans les prisons syriennes, à l’exception d’arrestations temporaires et fortuites de nombre d’activistes dans les champs politique et juridique (à cause de la permanence de l’utilisation des lois martiales et de l’utilisation aléatoire du pouvoir juridique).

 

7. Quelles sont les perspectives de la lutte communiste révolutionnaire dans le monde arabe en général, et en Syrie en particulier ?
 

- Vous savez que le monde a basculé et a pris une nouvelle direction suite à l’effondrement de l’ancien bloc socialiste et du dévoilement des défauts essentiels qui ont conduit en somme à la liquidation de la première expérience socialiste au monde, d’une manière dramatique et soudaine. Aussi, la pensée socialiste, et surtout la pensée marxiste révolutionnaire authentique ont régressé suite à l’offensive capitaliste qui a estimé que le système capitaliste est la fin de l’histoire. Citons aussi la tentative des Etats-Unis visant à déployer son hégémonie absolue sur le monde entier, dans le cadre d’un système monopolise mondial nouveau sous les bannières de “démocratie” et de “liberté”!! Nous estimons qu’une nouvelle étape de lutte de classes au plan mondial a débuté (les prémices se trouvent dans les transformations actuelles qui s’effectuent dans certains pays d’Amérique latine et dans les mouvements sociaux mondiaux qui luttent contre la mondialisation capitaliste et contre la guerre, etc.). Nous estimons également que la critique de l’étape antérieure et son diagnostic sont des tâches prioritaires. Il est extrêmement important de déduire des leçons théoriques à partir de ce qui s’est passé dans l’ensemble du siècle passé, mais aussi de rénover une pensée marxiste critique authentique qui voie la situation telle qu’elle est vraiment et non comme on l’imagine. Nous croyons que le rôle de cette étape implique la remise en considération de la pensée marxiste révolutionnaire et de son histoire, pour qu’elle soit capable d’innover une autre alternative historique en dehors du capitalisme et loin de la barbarie. C’est un travail qui s’effectue à travers un contexte cumulatif prolongé au plan mondial dans ses deux fractions, la première et la deuxième, tant pour la théorie que pour la pratique. Ainsi en est-il aussi dans notre région, en tant que faisant partie du second (jadis tiers) monde. Car nous souffrons toujours des mêmes problèmes, de leurs conséquences et aggravations - dont nous avons souffert depuis plus d’un siècle. Nous vivons une période transitoire où les efforts essentiels doivent se concentrer sur la formation du plus large front de gauche possible face à l’offensive néolibérale soutenue et approuvée par les régimes locaux et par les classes qui en profitent, afin d’effectuer des réformes radicales qui expriment les réclamations et besoins des plus larges couches sociales affectées par cette offensive et par des décennies d’oppression et d’humiliation. La situation est mauvaise dans notre région, surtout en Syrie. Ceci ne nous poussera pas au pessimisme, mais à davantage d’action pour un futur meilleur. Il existe une longue étape de luttes mineures, qui doivent aplanir des difficultés énormes pour atteindre un seuil, duquel nous pourrons relancer une lutte communiste révolutionnaire véritable dans la région arabe.

 

8. Le Secours Rouge s’est constitué pour soutenir les militants ouvriers et révolutionnaires communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes victimes de la répression bourgeoise. Avez-vous un besoin particulier à exprimer ?
 

- Avec toute mon estime envers les efforts de votre organisation et de ses initiatives, je voudrais l’inviter d’abord à donner plus d’attention au côté théorique, et à lancer une initiative visant à orienter les efforts des forces semblables qui œuvrent dans la même ligne militante. Ensuite, à pallier l’écart entre les forces de lutte au Nord et au Sud, en vue de l’unification de leurs efforts. Je propose une application urgente disponible, mettre en ligne une copie de votre site en arabe ou en anglais, et dans d’autres langues ultérieurement

août 19, 2006

Bobby sands/Un jour dans ma vie: écrits de prison… A lire absolument

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:45

jour_vie1.jpg

 « Il y a très peu de moyens de passer le temps et j’ai de nombreuses heures de réflexion et de contemplation : les bons moments et les mauvais, ce qui m’a amené ici, mais surtout, pourquoi je suis ici. Ils ne peuvent, ils ne pourrons jamais nous casser. Tiocfaidh ár la&acuta;, notre jour viendra. »
     Pendant les quatre ans et demi de son emprisonnement dans les blocs H du camp de concentration de Long Kesh, près de Belfast, Bobby Sands écrivit des nouvelles, des poèmes, un poignant exposé de ce que souffrirent les prisonniers républicains irlandais, et tint un journal les dix-sept premiers jours de sa grève de la faim. Une littérature de protestation à l’état pur, que des centaines d’hommes nus ont écoutée et applaudie, appuyés contre la porte de leur cellule en pleine nuit lorsque les surveillants s’absentaient. Ce fut leur seule distraction. Dans un univers de cruauté et de souffrance, Sands créa cette poésie, la voix d’un peuple en lutte pour sa liberté.
     Dans une cellule extrêmement froide et sale, il écrivit sur des feuilles de papier higiénique, passées clandestinement à l’extérieur. Refusant d’endosser l’uniforme carcéral, il portait une couverture pour essayer de se réchauffer, la couverture des « blanket-protest ». Porte-parole des prisonnier-e-s qui entamèrent la même démarche pour exiger un statut politique, Bobby Sands mourut le 5 mai 1981, après 66 jours de grève de la faim. Au cours des trois mois suivants, neuf autres hommes-couvertures connurent le même sort.

BOBBY SANDS present!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:07

300px-bobby_sands_mural_in_belfast3201.jpg

 

Un quart de siècle est passé depuis que Bobby Sands et neuf de ses camarades se laissèrent mourir de faim dans la prison de Long Kesh, aux environs de Belfast. Aujourd’hui cette prison est fermée, vide. Mais, avec ses « H-blocks », blocs H, elle reste un symbole de la répression anglaise sur ce bout d’île verte. Le symbole de l’obstination avec laquelle la Grande-Bretagne a continué (et, même si c’est d’une autre manière, continue) à littéralement passer sur les cadavres de milliers de personnes pour garder le contrôle de ces six contés : même (comme du reste l’a reconnu le gouvernement de John Major, en 1994) quand elle n’avait plus d’intérêts « ni stratégiques, ni économiques, ni égoïstes » sur ce territoire. Mais les six contés du nord de l’Irlande - nommés de façon erronée par les unionistes « Ulster », parce que l’Ulster comprend aussi un autre conté, celui du Donegal, le plus septentrional, trop « catholique » et donc, après la partition de l’île en 1922, laissé à la République c’est-à-dire à l’Irlande du sud - ne pouvaient pas être « restitués » au reste de l’île ; car cela aurait signifié non pas tant un bain de sang entre deux tribus violentes et barbares (leitmotiv par lequel la Grande-Bretagne a justifié sa présence militaire, ça nous rappelle quelque chose, ndt) mais bien, plutôt, une reddition.

La reddition d’une des armées les plus fortes du monde - et de l’empire britannique, avec elle- à une de ses colonies. Cela ne pouvait pas se faire, et cela ne s’est pas fait. De ce fait, de 1969 à 2001, c’estè-à-dire dans la seule dernière phase des « troubles », 3523 personnes sont mortes. Citoyens ordinaires, catholiques, protestants, républicains, nationalistes, unionistes, orangistes, loyalistes, paramilitaires, soldats, agents secrets. La politique, comme la guerre, dans le nord de l’Irlande a son vocabulaire particulier. Il y a à Belfast, comme à Derry et comme dans chaque ville de l’Irlande du nord, des rues « catholiques » et des rues « protestantes », des trottoirs « républicains » et des trottoirs « loyalistes ». Des quartiers nationalistes et des quartiers orangistes. Tous parfaitement identifiables par leur couleur (orange et vert ceux des nationalistes, rouge et bleu ceux des orangistes), ou par les fresques qui couvrent les façades des maisons, identifiant celles-ci aussi comme républicaines ou unionistes.

Long Kesh était la prison politique par excellence. Ici, on enfermait les prisonniers politiques irlandais. Catholiques et protestants, militants de l’Ira et ceux appartenant aux groupes paramilitaires loyalistes. Même les ailes du bâtiment de Long Kesh étaient rigidement divisées par religions. Du reste, la Grande-Bretagne avait utilisé la religion comme outil pour appliquer l’antique devise, divide et impera. La religion (les loyalistes protestants comme les rois d’Angleterre, les républicains catholiques comme la République) utilisée en réalité pour distribuer faveurs et bénéfices, ou s’acheter une loyauté. A Long Kesh arriva aussi Bobby Sands, qui commença le premier mars 1981 une grève de la faim qui allait le conduire à la mort, 66 jours plus tard, le 5 mai.

Ce n’était pas la première fois que les militants de l’Ira détenus utilisaient la grève de la faim, pour revendiquer un droit surtout, celui d’être reconnus comme des prisonniers politiques. Ils refusaient la criminalisation que le gouvernement anglais utilisait par contre pour liquider l’organisation marxiste comme terroriste. Du reste le jeune était considéré, même dans la tradition, comme la pire insulte réservée à celui qui vous a offensé. Il n’y avait rien de plus humiliant, dans l’Irlande médiévale, que de trouver la personne victime d’une offense assise sur le seuil de sa maison en train de jeûner. La grève de la faim dans les prisons avait déjà fait de nombreuses victimes. Denis Barry, Andy O’Sullivan, Terence Mac Swiney, Michael Gaughan, et le dernier en 1976, Frank Stagg, étaient déjà morts. Et, en 1980, à la précédente grève, même les femmes détenues avaient participé : Mairead Farrell et ses camarades de Maghaberry, l’équivalent (symboliquement aussi) de la prison de Long Kesh.

Le premier mars 1981, Bobby Sands entre donc en grève de la faim. L’Ira fait connaître ses revendications, « five demands », les cinq requêtes. Le droit de ne pas porter l’uniforme carcéral, le droit de ne pas accomplir les travaux de la prison, le droit d’association avec d’autres détenus, le droit d’organiser des cours et des activités culturelles et récréatives, le droit de recevoir une visite, une lettre et un paquet par semaine. Bobby Sands avait 27 ans quand il commença la protestation qui allait le conduire à la mort. Il était né et avait grandi à Belfast, dans le quartier « protestant » de Rathcoole. A la fin des années 60, sa famille, comme des centaines d’autres familles « catholiques », fut contrainte de s’enfuir de Rathcoole. Les protestants mettaient le feu aux maisons catholiques. C’étaient les pogroms de Belfast. Non sans ironie, le 14 août 1969, quand le gouvernement travailliste Callaghan envoya l’armée dans les six contés, il avait à l’esprit la défense de la population catholique, durement persécutée par les unionistes à qui Londres avait donné sa confiance en leur laissant le contrôle du parlement. La famille Sands déménage donc dans le quartier catholique de Twinbrook. A 18 ans, Bobby entre à l’Ira et dans la clandestinité. Il se retrouve de nouveau en prison six mois après sa libération.

A Long Kesh, il est nommé oc, officer commanding, le responsable de la cellule Ira en prison. Le visage de Sands, le beau visage entouré par des longs cheveux bruns, est devenu une sorte d’icône en Irlande, et au-delà. Bobby est un poète : en prison, il écrit des poésies, des chansons et un journal, qui couvre la période de son jeûne. Quelques jours après Bobby Sands, vont aussi entrer en grève Francis Hughes et Patsy O’Hara, militants de l’Inla (fondé par des militants du Sinn Fein et de l’Ira Official, en 1974). Des dizaines d’hommes se joignent à l’action. Les femmes ne participent pas à cette grève : ainsi en ont décidé l’Ira et le Sinn Fein qui coordonne de l’extérieur les initiatives de soutien (au niveau international aussi) aux détenus de Long Kesh.

Quand le premier ministre Margaret Thatcher comprend que les militants de l’Ira sont déterminés à aller jusqu’au bout, elle décrète : « Face à la faillite de leur cause, les homes de la violence ont décidé de jouer ce qui pourrait être leur dernière carte… Ils ont décidé de retourner leur violence contre eux même à travers une grève de la faim jusqu’à la mort ». Bobby Sands mourra, en effet, quelques jours après avoir été élu député dans les élections du 23 avril. Le nord de l’Irlande est paralysé par cette mort, puis se déverse immédiatement dans les rues. Cent mille personnes participent aux funérailles de Sands, héros moderne dont la mémoire demeure intacte 25 ans plus tard. Et pas seulement en Irlande. Ces corps réduits à quelques os sont des images indélébiles dans la mémoire de tout irlandais. Après Bobby, mourront Francis Hughes, Patsy O’Hara (Inla), Raymond McCreesh, Joe McElwee, Michael Devine (Inla). On peut voir leurs visages à Belfast, à Derry et dans d’autres villes du nord, peints sur les murs, sculptés dans des monuments à leur mémoire.

Face à l’intransigeance anglaise, le Sinn Fein décide de faire arrêter l’action de protestation. Sont sauvé, in extremis, et contre leur volonté, Lawrence McKeown et Pat McGeown. Ce dernier va mourir en 1994, des suites de cette grève, son corps et ses organes vitaux minés irrémédiablement par cette lutte. Lawrence McKeown par contre continue à travailler avec une association d’anciens prisonniers. Son physique est un renvoi constant à cette action, à ces moments là : il a quasiment perdu la vue et a une maladie du foie. McKeown écrit des livres, des scénarios, des travaux de théâtre qui ont comme thème central la lutte en prison, les grèves de la faim. Ce n’est pas une obsession mais la nécessité, le devoir presque, de garder vive une mémoire, une histoire qui a été déterminante, aussi, dans le développement de l’histoire irlandaise.

Après l’arrêt des grèves de la faim, James Prior, le nouveau secrétaire d’état pour l’Irlande du Nord, déclara qu’il allait concéder la plus grande partie des demandes des prisonniers. Et il le fit, en octobre. Bobby Sands terminait son journal, tenu pendant les 17 premiers jours de la grève de la faim, par ces paroles : « S’ils ne sont pas en mesure de tuer ton désir de liberté, ils ne pourront pas te brises. Ils ne me briseront pas parce que le désir de liberté, et de la liberté de la population irlandaise, est dans mon cœur. Le jour viendra où toute l’Irlande pourra montrer son désir de liberté. C’est alors que nous verrons la lune se lever ».

Orsola Casagrande

-  Source : il manifesto www.ilmanifesto.it

-  Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

août 14, 2006

FARC-EP / FUERZAS ARMADAS REVOLUCIONARIAS DE COLOMBIA/ EJERCITO DEL PUEBLO

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:01

250px-farcflag1.png

CLIQUEZ SUR LE DRAPEAU

Soutenons Mumia Abu-Jamal

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:03

mumia1.jpg

cliquez sur la photo

août 9, 2006

DIEUDONNE president!!!!!!!!!!!!!!!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:48

soutenez dieudo dans sa campagne

 http://dieudo.net/2007/

 

http://www.tvdieudo.com/

 

 

août 6, 2006

SKALPEL de la k-bine

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:34

ECOUTEZ DU SON SUR

www.myspace.com/skalpeleltupa

 

 

 

août 5, 2006

¨PUERTO RICO -PALESTINE même combat !!!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:24

pr-palestina1.jpg

Le nouveau plan de BUSH pour renverser le gouvernement cubain

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:40

lisez ici

Powered by WordPress