RAP CONSCIENT

septembre 29, 2006

QUI EST GEORGES IBRAHIM ABDALLAH ?

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:39

Georges Ibrahim Abdallah est né à Kobayath – Akkar, dans le Nord du Liban, le 2 avril 1951. Il a suivi ses études à l’Ecole Nornale à Achrafieh, et en est sorti diplômé en 1970. 

Il commença son engagement politique dans les rangs du Parti National Social Syrien (PNSS) pour adhérer ensuite à la résistance palestinienne, au Front Populaire de la Libération de la Palestine (FPLP). Il fut blessé lors de la résistance à l’invasion israélienne du sud Liban en 1978. 

 

Le 6 juin 1982, après des mois d’agressions en tout genre (bombardements aériens et navals, raids héliportés, attaques menées par l’intermédiaire de supplétifs mercenaires comme l’Armée du Liban Sud), l’armée israélienne envahit le Liban. Le bilan de l’opération “Paix pour la Galilée” est éloquent : 25.000 morts, 45.000 blessés, Beyrouth dévasté par des semaines de siège et de bombardements, des centaines de civils palestiniens et libanais froidement assassinés par les milices fascistes libanaises (les Phalangistes) aux ordres d’Israël à Sabra et Chatila, des centaines de militants arabes capturés et “disparus” dans les camps d’Ansar et de Khiam. 

 

Cette invasion fut perpétrée avec la complicité générale des puissances occidentales. En réaction, des combattants libanais et arabes allèrent porter la guerre contre le sionisme et l’impérialisme dans le monde entier en frappant les intérêts impérialistes et sionistes. Ce fut le cas des Fraction Armées Révolutionnaires Libanaises qui entrèrent en action en Europe, et dont les principales actions, extrêmement ciblées et précises, furent la tentative d’attentat contre Christian Edison Chapman, le responsable en second à l’ambassade américaine en France (12 novembre 1981) ; l’exécution du colonel Charles Ray, l’attaché militaire à l’ambassade américaine en France (18 janvier 1982) ; l’exécution de Yakov Barsimantov, le secrétaire en second à l’ambassade israélienne en France et, surtout, responsable du Mossad en France (3 avril 1982) ; la tentative d’attentat contre Rodrigue Grant, l’attaché commercial à l’ambassade américaine en France, qui se solda par la mort de deux artificiers de la police française qui tentaient de désamorcer la bombe placée sous la voiture du diplomate (22 août 1982) ; la tentative d’attentat de Robert Onan Home, le Consul Général des Etats-Unis à Strasbourg, qui échappa de peu aux balles tirées contre lui le 26 mars 1984. 

 

Les autorités françaises arrêtèrent Georges Ibrahim Abdallah le 24 octobre 1984, après qu’un groupe du Mossad et quelques-uns de ses agents libanais l’eurent suivi à Lyon. L’incarcération n’était motivée que par la détention de vrais-faux papiers d’identité : un passeport délivré légalement (avec une identité fictive) par les autorités algériennes. Dans le journal-mémoire qu’il a fait éditer, Jacques Attali, le conseiller du président français François Mitterand, écrivait : « Mercredi 6 mars 1985… il n’est inculpé que de faux et usage de faux. Il dispose d’un “vrai-faux” passeport algérien. » (1) 

 

Les autorités françaises avaient promis au gouvernement algérien la mise en liberté de Georges Ibrahim Abdallah. Dans ce but, elles avaient envoyé le chef du département des services secrets français (DST) en Algérie pour en informer le gouvernement algérien. Attali : « Jeudi 28 mars 1985. Ive Bonnet, patron de la DST, envoyé à Alger, explique qu’Abdallah, arrêté à Lyon, sera libéré pendant l’été en raison des faibles charges qui pèsent contre lui. Les Algériens lui répondent que le Français enlevé au Liban, Pyrroles (2), sera relâché si Abdallah l’est aussi. On obtient que celui-là précède celui-ci. » (3). Jacques Attali toujours : « lundi 24 mars 1986. Réunion chez le Président [Mitterrand] avec Ulrich (représentant Jacques Chirac), Giraud, Raimond, le général Forey et Jean-Louis Bianco. Le Président : “… la DST avait été autorisée à dire aux Algériens (qui servaient d’intermédiaires) que la libération d’Ibrahim Abdallah était envisageable dans le cadre de la loi française. La DST a sans doute dit aux Algériens : on va le libérer tout de suite…” » (4) 

 

Mais les autorités françaises ne respectèrent pas cet engagement. Georges Ibrahim Abdallah fut traduit devant le tribunal le 10 juillet 1986 pour détention d’armes et d’explosifs ; une sentence de quatre années d’incarcération fut prononcée. Il refusa le procès mais n’objecta pas. Les Français manquaient à leur promesse. 

Les autorités françaises étaient alors soumises à une pression directe des États-Unis. Le président américain Reagan lui-même aborda le sujet du procès de Georges Ibrahim Abdallah lors d’une rencontre avec le président français Mitterrand. De nombreuses immixtions américaines s’étaient exercées pour pousser les autorités françaises à ne pas relâcher Georges Ibrahim Abdallah. Les États-Unis s’étaient constitués partie civile dans le procès. Les pressions sionistes ne manquaient pas non plus. 

Attali : « vendredi 27 juin 1986. A l’ambassade de France à La Hayes, petit déjeuner traditionnel entre François Mitterrand et Helmut Kohl… François Mitterrand : ” … Le conseiller pour la Sécurité de Ronald Reagan, John Pointdexter, nous télégraphie pour nous mettre en garde contre une éventuelle libération d ‘Ibrahim Abdallah avant son procès et avant que les autorités américaines n’aient toutes les preuves relatives aux charges contre lui. Son gouvernement, rappelle-t-il, s’est porté partie civile dans ce procès, et le Président américain y voit une occasion de démontrer la capacité et la volonté des sociétés démocratiques de faire pleinement justice contre ceux qui sont accusés de commettre des actes de terrorisme. Pourquoi nous écrit-on cela? Nous ne savons rien de ce dont il retourne. Les Américains sont-ils au courant des tractations engagées à ce sujet par le gouvernement à l’insu de l’Elysée? (5)”»(6). 

 

A ce moment, la France était sous l’effet d’une série d’attentats aveugles que Paris vit entre 1986 et 1987, et qui avaient fait de nombreuses victimes françaises innocentes (13 morts et plus de 300 blessés). Ces attentats étaient revendiqués par le CSPPA (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes) qui exigeait la libération de Georges Ibrahim Abdallah, du Libanais lié aux services secrets iraniens Anis Naccache et de Varoudjian Garbidjian, un militant de l’Armée Secrète Arménienne pour la Libération de l’Arménie (ASALA). En fait, ces attentats étaient commis par un réseau proche de l’Iran, dirigé par le Tunisien Fouad Ali Salah, qui entendait faire payer à la France son soutien à l’Irak dans la guerre contre l’Iran. 

 

Il est apparu par la suite que les services français savaient (sans en avoir identifier précisément les auteurs) de quel côté venaient ces attentats massacres. Mais à ce moment, les autorités françaises négociaient et débattaient avec les commanditaires du CSPPA (négociations secrètes qui d’ailleurs aboutirent et virent la libération des agents iraniens détenus en France). Pour couvrir ces négociations secrètes et rassurer l’opinion publique française (en la désinformant), les services secrets français accusèrent les frères de Georges Ibrahim Abdallah de ces attentats. 

 

Les autorités françaises offrirent des sommes d’argent pour tout renseignement concernant les frères Abdallah. Elles diffusèrent les noms des frères dans le monde entier pour qu’ils soient poursuivis, et firent afficher leurs photos dans tous les postes frontières et dans les lieux publics en France. Les frères Abdallah nièrent immédiatement ces accusations calomnieuses à travers des conférences de presse. Les “informations” sur lesquelles les services secrets français prétendaient s’appuyer provenaient des rapports du Mossad et de ceux de l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Jean-Paul Mazurier, qui était devenu toxicomane et que les services secrets utilisaient comme informateur et comme agent. Cet avocat inventait les preuves sur ordre des services secrets. Le syndicat des avocats le chassera plus tard de ses rangs, lorsque cette affaire fut rendue publique (7). 

 

C’est à ce moment que les services secrets français annoncèrent la découverte d’une arme dans un appartement loué au nom de Georges Ibrahim Abdallah, et prétendirent que cette arme avait été utilisée dans l’attentat contre le colonel Charles Ray et l’a gent Yakov Barsimantov. 

 

Le premier mars 1987, les autorités françaises jugèrent une deuxième fois Georges Ibrahim Abdallah sur base de cette “découverte” miraculeuse. Il fut accusé de conspiration dans des actes terroristes (d’avoir fondé les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises et d’en avoir planifier les opérations). Un verdict de condamnation à perpétuité fut prononcé. Pour ce procès, les autorités françaises avait constitué une tribunal spécial antiterroriste pouvant prononcer ses verdicts sur base des données fournies par les services secrets, sans avoir recours aux preuves juridiques ou aux témoins, contrairement aux codes de procédure. Absolument personne ne s’était présenté en témoignage de l’implication de Georges Abdallah dans tout ce qu’on lui attribuait comme charges. 

 

La condamnation à perpétuité de Georges Abdallah et l’accusation lancée contre ses frères servirent à désinformer le peuple français sous le choc des attentats-massacres du CSPPA, à satisfaire les Américains et les sionistes, et à faire apparaître la France comme un pays pouvant combattre le terrorisme. 

 

En prison, comme en témoignent les textes que nous publions dans cette brochure, Georges Ibrahim Abdallah a continué a défendre la cause des peuples. C’est ainsi qu’il a adhéré à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui a réuni dans une communauté de lutte une centaine de prisonniers révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes, et qu’il a participé aux grèves de la faim de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en Turquie. En août 2002, en solidarité avec les prisonnières palestiniennes détenues à Neve Tirza (Israël) en grève de la faim pour dénoncer les humiliations quotidiennes dont elles font l’objet dans les geôles sionistes, Georges Ibrahim Abdallah et plusieurs dizaines de prisonniers détenus à Moulins (en fait, presque tous les prisonniers de la centrale) ont refusé le repas de l’administration pénitentiaire. Cette initiative lui a valu d’être, en compagnie de deux autres prétendus « meneurs » placé pendant plusieurs mois à l’isolement, à la prison de Fresnes. 

 

Aujourd’hui, Georges Ibrahim Abdallah, qui est âgé de 52 ans, a commencé sa vingtième année de prison. Sa libération ne requiert pas de recours en grâce particulier, elle est possible juste par un simple arrêté administratif du Ministère de la Justice, conformément au code pénal français qui rend cette libération possible après quinze années d’incarcération. 

 

En novembre 2003, la juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau avait autorisé la libération de Georges Ibrahim Abdallah à condition qu’il quitte la France immédiatement. Sur ordre du ministre de la Justice Dominique Perben, le procureur général de Pau avait aussitôt fait appel de cette décision, saisissant de facto la juridiction nationale. La juridiction nationale de libération conditionnelle a rendu son verdict le 15 janvier 2004, en décidant le maintien le prison de Georges Ibrahim Abdallah, décision conforme aux conclusions de l’avocat général et au souhait du ministre… 

 

 

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Notes: 

 

(1). Jacques Attali, Verbatim, tome l. Deuxième partie Chronique des années 1983-1986, Fayard, Paris, 1993, p. 1180 

(2). Il s’agissait de l’attaché militaire de l’ambassade de France à Beyrouth. 

(3). Verbatim, tome l. Deuxième partie Chronique des années 1983-1986, p. 1202 

(4). Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986 - 1988, Fayard, Paris, 1995, p.25 

(5). La France est alors sous le régime de la cohabitation : en raison du décalage des élections parlementaire et présidentielle, le gouvernement est de droite et la présidence (”l’Élysée”) de gauche. Le gouvernement menait en de nombreux points sa propre politique, en veillant à en écarter la Présidence. 

(6). Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986 - 1988, p. 103, 104 et 105. 

(7). Cf le livre de Laurent GALLY : L’Agent noir. Une Taupe dans l’Affaire Abdallah.

septembre 27, 2006

Les expulsions de palestiniens hors de leurs territoires se multiplient de façon alarmante

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 11:17

Les expulsions de Palestiniens par les autorités israéliennes se multiplient de manière alarmante. Israel qui obligeait jusqu’ici un grand nombre de Palestiniens de Jérusalem, de Cisjordanie et de Gaza à vivre chez eux, en qualité de “touristes”, contraints de faire renouveler leur visa tous les 3 mois sous prétexte qu’ils disposent d’une “double nationalité” ou ont séjourné à l’étranger, procède sans qu’aucun gouvernement intervienne, à un scandale encore plus énorme : l’expulsion définitive de ces citoyens palestiniens de leur sol, séparant par là-même les familles de manière inhumaine. Amira Hass tire à nouveau la sonnette d’alarme sur cette “procédure” révoltante. 

 

 

“Lorsque l’officier de l’administration civile du camp militaire de Beit El a prolongé d’un mois le visa touristique de Sam Bahour, un homme d’affaires palestino-américain de Ramallah, et y a inscrit « dernière prolongation », il ne l’a pas fait de sa propre initiative. Lorsque effectivement, l’officier a donné l’ordre d’expulser cet homme de la ville où sa famille vit depuis des générations et où il vit depuis 14 ans avec son épouse et ses deux fils, cet officier n’était qu’un délégué. 

 

Lorsqu’un employé des frontières, au pont Allenby, a empêché, il y a deux semaines, l’épouse jordano-palestinienne d’un jeune médecin de Ramallah d’entrer avec son mari, il appliquait des ordres, tout comme les employés des frontières qui n’ont pas autorisé l’épouse espagnole de R. I., de Ramallah, à revenir avec sa fille de deux ans, ni S.A., un Palestinien natif de Ramallah et qui a la citoyenneté suédoise, de retrouver son épouse, ses enfants et son travail à Bir Zeit. L’employé qui a refusé par deux fois l’entrée à P.Z., un Palestinien américain qui a investi 300 millions de dollars dans les Territoires et qui a une fonction importante dans une société palestinienne d’investissement, cet employé-là obéit lui aussi à de nouvelles règles édictées par le Ministère israélien de l’Intérieur. 

 

Lorsque les porte-parole du Ministère de l’Intérieur répètent qu’il ne s’agit pas de nouvelles règles d’entrée mais d’une « mise à jour des procédures », ils ne font pas les idiots de leur propre initiative. Pas plus que le haut fonctionnaire de l’administration civile qui a expliqué à Zahi Khouri, l’un des hommes d’affaires palestino-américains les plus en vue et qui a jusqu’ici pu éviter le tampon de la « dernière prolongation », qu’il s’agissait d’une « malentendu administratif ». Cette terminologie euphémique n’est pas une trouvaille de ce haut fonctionnaire qui voulait dire que si jusqu’à présent Zahi Khouri et ses semblables avaient reçu un visa touristique tous les trois mois, c’était seulement par un « malentendu ». 

 

« Malentendu administratif » ? Comme celui qui a permis a des milliers de Palestiniens et à leurs conjoints de vivre en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza dans une sorte de statut intermédiaire : ne pas recevoir d’Israël un droit de résidence mais aller et revenir en tant que touristes afin de pouvoir vivre comme Palestiniens dans leur patrie, avec leur famille, durant de longues années - 10, 15 et même 30 ans. Et voilà que tout à coup quelqu’un d’appliqué, au Ministère de l’Intérieur, a découvert le malentendu et dit à tous ces gens : allez-vous en ! 

 

En 2000 déjà, de telles directives de « mise à jour » étaient lancées à l’encontre des Palestiniens et des conjoints de Palestiniens ayant la citoyenneté d’un pays arabe, et non pas occidental. Ils n’étaient plus autorisés à revenir chez eux, dans leurs maisons. Entre 1994 et 2000, durant les années Oslo, des consignes ont été données qui ont ralenti jusqu’au minimum dans les Territoires occupés la procédure de « réunification familiale » attendue par des dizaines de milliers de familles : celles-ci ne vivent pas à Haïfa ou Ashkelon, mais dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. Malgré cela, en 2000, même ce processus minimal de réunification familiale a été gelé, processus qu’Israël est seul autorisé à approuver, et des milliers de familles ont été condamnées à de cruelles séparations : entre des pères et leurs enfants, entre des femmes et leur mari, entre des grands-parents et leurs petits-enfants. 

 

En 1996, les mêmes décideurs politiques - le gouvernement travailliste et le gouvernement Likoud-Shass - ont donné une directive semblable : retirer le droit de résidence à Jérusalem à des Palestiniens qui y étaient nés et qui étudiaient ou travaillaient à l’étranger, ou qui avaient bâti une maison dans un quartier jouxtant Jérusalem parce que la politique de discrimination délibérée et étalée sur des années imposait une limitation à la construction palestinienne à Jérusalem-Est. Dans le même esprit de manipulation démographique, Israël interdit l’entrée des Palestiniens de Gaza en Cisjordanie, et les Gazaouis vivant en Cisjordanie sont considérés comme étant « en séjour illégal » et sont expulsés vers Gaza. 

 

Derrière les fonctionnaires et les porte-parole dont les noms sont connus, et derrière les « procédures » invoquées, se cachent des gens qui donnent les ordres. Qui sont-ils ? Des chefs de gouvernements (du Likoud, Travailliste-Shass et Kadima) ou « seulement » leur ministre de l’intérieur ? Peut-être des directeurs généraux qui savent de quel côté souffle le vent avec des conseillers juridiques pour les seconder ? On ne le sait pas. Et ils ne publient effectivement pas ouvertement leurs décisions, accompagnées de leur signature. Dans 50 ans, les archives de l’Etat ouvriront les documents officiels d’aujourd’hui, et alors on saura. 

 

Ce qui importe aujourd’hui, c’est qu’une seule et même ligne continue relie diverses décisions similaires délivrées séparément comme si elles n’avaient pas de lien entre elles. On attend simplement le moment propice pour les étendre, les rendre plus dures, pour inclure d’autres catégories de personnes expulsées, et tout cela sans rencontrer la moindre résistance : ni de la part d’organisations ou de personnalités politiques israéliennes qui parlent pompeusement de paix, ni de la part des pays occidentaux tout justes capables de venir avec des demandes à l’adresse des gouvernements palestiniens mais qui déclarent ne pouvoir se mêler des décisions souveraines d’Israël. Les décisions souveraines d’un Etat occupant. 

 

Si ces mystérieux décideurs ne se heurtent pas à une forte résistance, ils continueront de forger de nouvelles directives qui nous feront tomber toujours plus bas dans la pente de l’expulsion.” 

 

Amira Hass 

septembre 23, 2006

CAPITALISME : la tentation totalitaire

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:19

Alors que la gauche de la gauche s’agite de façon pathétique afin de faire émerger une introuvable candidature unitaire pour l’élection présidentielle de 2007. Alors que ses candidats à la candidature prétendent représenter des mouvements sociaux qui ne leur ont rien demandé, une autre partie se joue, bien plus inquiétante.

Si certain(e)s manifestent une énergie débordante pour réaliser un score à un chiffre en 2007, nous nous étonnons de ne pas voir semblable mobilisation contre le projet de loi sur la prévention de la délinquance présenté ce jour en conseil des ministres par Sarkozy.

Il y a pourtant de quoi militer en faveur d’une insurrection des consciences face à un texte qui ne constitue pas seulement un projet régressif de plus mais dessine les contours d’un véritable État totalitaire.

Ce texte prévoit le renforcement du pouvoir des maires en terme de contrôle social mais aussi de sanctions à l’égard des populations les plus en difficulté et dont le comportement serait assimilé à de la déviance (collégien(ne)s et lycéen(ne)s faisant l’objet d’averti-ssements, parents dont les enfants se rendent coupables de délits…).

Il met fin au secret professionnel des assistantes sociales et les oblige à collaborer avec les autorités afin que ces dernières puissent pénaliser plus efficacement les pauvres et notamment les sans-papiers.

Ce projet de loi fascisant prévoit aussi la généralisation du fichage, l’incitation (notamment fiscale) pour développer la vidéosurveillance, la création d’un service volontaire citoyen de la police nationale visant à une meilleure collaboration entre les jeunes et la police.

Dans ses aspects les plus répressifs, il entend développer l’enfermement des mineurs, mais aussi la rééducation par le travail, ainsi que le redressement psychologique des parents d’enfants coupables de déviance.

Enfin les militant(e)s ne sont pas oublié(e)s d’un tel dispositif puisqu’il s’agit aussi de criminaliser et sanctionner occupations d’entreprises et sittings.

Avec ce projet de loi, la France devrait aisément se faire une place entre les États-Unis et la Chine en matière de violation des droits humains.

Ce basculement de la France dans la sphère des régimes autoritaires à l’œuvre depuis près de 5 ans (cf. la loi ” fondatrice ” de Jospin dite loi sur la sécurité quotidienne) procède d’une volonté de la bourgeoisie dans toutes ses composantes (fasciste, libérale, sociale-libérale) de répondre aux tensions qu’engendre une politique économique et sociale servant d’abord les intérêts du capital par une pénalisation de la pauvreté et de l’action militante.

Mais cette politique du ” talon de fer ” que stigmatisait Jack London dès 1907 dans un roman du même nom n’est pas une fatalité.
Il est possible de résister à cette politique de la peur par une stratégie articulant solidarité, désobéissance civile, et action de masse. C’est ce qu’ont prouvé les étudiant(e)s et lycéen(ne)s contre le CPE et c’est le pari engagé aujourd’hui par celles et ceux qui de plus en plus nombreux(ses) rejoignent le Réseau éducation sans frontières pour défendre les élèves et familles sans papiers tout en dénonçant une loi scélérate qui s’attaque à l’ensemble des sans-papiers.

Pour nous les mouvements de résistance ne constituent pas une fin en soi, parce qu’ils permettent aux opprimé(e)s de prendre conscience qu’ils/elles forment une véritable force collective et que c’est bien à la rue de gouverner, ils doivent à chaque fois nous pousser à réfléchir et débattre davantage d’autres rapports sociaux possibles et à une alternative autogestionnaire au capitalisme.

Alternative libertaire, le 28 juin 2006

septembre 19, 2006

Artistes engagés…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:39
LES ARTISTES ENGAGÉS
Mis à jour le :13 septembre 2006. Auteur : Le bouledogue rouge.


Restons calmes. Que Doc Gynéco soit con à biberonner du gel-douche ne fait pas l’ombre d’un doute, mais ce n’est pas une raison pour hurler au scandale comme le font les bonnes âmes de gauche. Il faut au contraire se réjouir de sa fixette hormonale sur Sarkozy : après Bigard, Réno, Barbelivien, Clavier, Johnny, Steevy et Arno Klarsfeld, le comité de soutien au Terminator de Cachan est vraiment au grand complet, question QI au fond des chaussettes. Ce qui est étonnant, ce n’est pas que ces gogols en pincent pour le chef de la police, mais que l’homme politique le plus puissant de France se targue en prime time d’être aimé par des mous du bulbe que vous n’oseriez pas emmener chez l’épicier du coin. Être vu en affectueuse compagnie d’un Gynéco ou d’un Klarsfeld… la honte ! Après ça, n’importe qui d’à peu près normal irait se rouler en boule sous un paillasson. Pas Sarkozy. Lui, il se fait un drapeau de l’idiotie qu’il draine. Preuve éclatante, s’il en était besoin, que la fonction présidentielle est taillée pour ce qui se fait de plus bas en matière de dignité humaine. Qu’on lui foute donc la paix, à ce pauvre Gynéco. Lui au moins assume pleinement sa trufferie. Quand Pierre Arditi milite dans les cocktails du PS, quand Jamel Debbouze proclame son « kiff » pour Ségolène Royal ou quand Cabu s’acoquine avec le maire de Paris, personne ne les traite de gros nazes : on est entre gens du bon côté, de bonne coterie. Tout le monde convient que le PS a précarisé, privatisé, expulsé, matraqué avec une efficacité souvent digne de la droite, parfois jalousée par elle, et pourtant, lui afficher son soutien ne coûte pas cher en termes d’image. Avec un peu de chance, tel ou tel encéphalogramme plat y gagnera un petit relief mondain.

Alors, bien sûr, on s’indigne : quoi, un rappeur anti-keufs qui grimpe sur les genoux du ministre de l’Intérieur ? Comme si Gynéco faisait du rap, alors qu’il ne fait que de la télé. Les keufs sont le pendant logique de la caillasse qui lui remplit les poches. Peut-être que l’ex-Ministère Amer a la trouille que des lascars viennent lui piquer son blé, il veut une protection rapprochée, faut se mettre à sa place. Au fond, son choix est cohérent avec la devise de 50 Cent : « S’enrichir ou mourir. » Rappeurs ou pas, les « artistes » farcis d’euros ont besoin d’ordre pour protéger leur tirelire, d’où leur allégeance instinctive au caïd de la place Beauvau. Mais cette évidence n’est pas toujours bien comprise par le marketing. Dans ce ballet de postures et d’impostures qu’est le show-biz, jouer au rebelle charitable paie mieux que de s’avouer radin et réac. Prenez Renaud : après sa gaffe de 2002, lorsqu’il a confié que la seule bonne cause qu’il finançait encore était celle des orphelins de la police, le voilà qui se repositionne sur le créneau canaille : anti-facho, anti-Sarko et même, cerise sur le pompon, anti-bobo. C’est peut-être sincère, allez savoir, mais surtout ça rapporte. Dans un registre un peu moins auto-promotionnel, Joey Starr appellant les jeunes à se rendre aux urnes entretient, lui aussi, le grand cirque médiatique où l’« artiste engagé » porte un nez rouge et des chaussures de clowns. À rebours de ces pitreries, il y a des artistes qui s’engagent vraiment. Non pas en appellant à kiffer machin ou à voter trucmuche, mais en mettant leur savoir-faire au service de ceux qui en ont besoin. Comme La Rumeur, par exemple, qui anime des ateliers d’écriture dans les quartiers, loin des caméras, des gradins et des bien-pensants.

Publié dans CQFD n°37, septembre 2006.

septembre 17, 2006

La punition capitale aux Etats-Unis est l’outil de la répression raciste

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:11

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” Laissez moi donc me présenter. Mon nom est Zolo Agona Azania. Je suis un citoyen de la république de nouvelle Afrique et un prisonnier politique de guerre. Nous avons commencé une guerre 300 ans trop tard. La seule question est de savoir comment la gagner.

” Je suis emprisonné dans les couloirs de la mort des Etats-Unis d’Amérique. Je suis un de ceux/celles qui plaident pour les droits de l’homme. On m’a souvent reproché de m’occuper uniquement de moi. Mon travail est basé sur un plus haut sens de la justice, de la cause morale et la libération de mon peuple bien-aimé dans ce monde ; ce qui inclut la demande de réparation. J’utilise aussi bien les mots que les armes de guerre, pas simplement pour que l’on me prête attention, mais pour éduquer et élever la conscience politique de mon peuple et du monde sur notre lutte pour l’autodétermination et l’indépendence face à l’hégémonie impérialiste des Etats-Unis.

La peine de mort est hypocrite par le principe et raciste par l’application. Les médias américains font souvent référence à la peine de mort comme la branche franche du gouvernement impérialiste car elle propage le statu quo. Ensuite, les nouvelles économiques, qui servent presque entièrement l’intérêt des patrons des grosses multinationales, des capitalistes hasardeux et des journalistes qui expliquent que les commerciaux et les investisseurs veulent que vous pensiez ce qu’ils pensent. L’auto-censure des médias à propos des droits de l’homme aux Etats-Unis est une pratique courante.

Le couloir de la mort est comme un casier à viande offrant des agneaux en sacrifice pour la société. Je ne suis pas un criminel selon toutes les honnêtes définitions du mot. La réelle innocence est hors de propos car le système légal est inquiet des problèmes de procédures plutôt que par l’innocence ou la culpabilité.

Il n’y a pas eu d’identification et un test de résidus de poudre a démontré que je n’avais pas tiré avec une arme à feu. Le juge m’a “détruit” pendant le procès devant un jury entièrement blanc. L’huissier de la cour parla au jury dans la chambre de delibération sur l’ordre du juge et leur a dit qu’ils devaient être prêts à être interrogés individuellement pour établir que leur verdict était la mort. J’ai eu de la chance de me renseigner sur cette concertation hors-jugement et le porte-parole du jury a fait une déclaration par écrit sous serment la confirmant. Le jury était autorisé à consommer de l’alcool pendant le procès. Les africain-e-s étaient systématiquement exclu-e-s de la sélection pour le jury. Le ministère public, entre autres, rejeta la responsabilité du problème sur une erreur d’ordinateur, mais la discrimination raciale est partie intégrante du processus politique et c’est vraiment peu probable que cela soit une coïncidence. Le mécanisme du ministère public utilise sciemment des faux témoignages et dissimule des preuves matérielles qui ne favorisent pas les charges retenues contre moi.

Les États-Unis accusent toujours les autres nations du monde de violations des droits de l’homme pour ne pas attirer l’attention sur leurs mains pleines de sang. Certaines de ces nations sont effrayées de dire ce qu’elles pensent des pauvres et des oppressés du peuple des États-Unis, comme moi, qui expriment des attitudes révolutionnaires, agissent et sont criminalisés. La stratégie de la criminalisation et de l’isolation des prisonnier-e-s révolutionnaires est, en fait, de démentir leur existence, en partie en accord avec les États-Unis, de propager le mensonge que la société américaine a acquis la paix sociale, et, quelque soit le dissentiment, qu’il y a uniquement une structure bourgeoise démocratique. “TOTAL AUTORITAIRE”

Un élément important du “total autoritaire” est l’effort sérieux pour mobiliser et persuader les masses de s’identifier aux chefs d’Etat et à leurs objectifs.

La peine de mort a été requise contre moi car, entre autres, j’ai déclaré ma citoyenneté délibérée et mon allégeance à la république de nouvelle Afrique à la cour. J’ai été capturé en août 1981 pour des expropriations de banques et pour avoir tué un policier blanc à Gary, Indiana. Le 25 mai 1982, j’ai été condamné à la peine de mort. Mon appel a été rejeté en 1984. La cour suprême de l’Indiana par la suite a renversé la peine de mort en 1993, mais autorisa, les poursuites judiciaires pour me recondamner à mort en 1996. Je suis toujours en train de lancer un appel aux dirigeants du gouvernement.

La peine de mort n’est pas appliquée car ce n’est pas ce que veut la majorité des gens dans cette région. la peine de mort est appliquée car c’est ce que veut la ploutocratie et l’oligarchie. Les bourreaux officiels (organisations de droite) cherchent à renforcer le statu quo par la contrainte brutale. Ils ont des autorisations non-déguisées de l’oligarchie d’accomplir des meurtres. Le but de ces opérations n’est pas la prévention du crime, mais plutôt de l’installer au sein des masses.

La hausse du crime ou la crainte d’être une victime du crime est une excuse à la peine de mort bien sur. La pluspart des gens apprennent les crimes par les médias principalement, et non par leurs propres expériences. La crainte, le réel ou l’imagination, provoque l’hystérie et invite à l’attaque. Enfin la punition capitale, comme symbole d’attaque contre le crime, est proposée comme une solution austère.

Les droits de l’homme international ne sont pas reconnus dans l’état d’Indiana ( et ailleurs dans ses états-unis ) car j’ai soulevé le problème fondamental de mon appel et cela a été rejeté par la court suprême d’état. L’utilisation de la peine de mort pour réprimer les mouvements de libération est la sanction de l’état contre le terrorisme. Les révolutionnaires sont des ennemies, une menace pour la ” sécurité ” des élites, et doivent être traités en conséquence. La punition capitale des états-unis est un instrument de la guerre de classe, organisé et désigné pour permettre à une élite, local et multinational, d’opérer sans aucune contrainte des procédures démocratiques des droits de l’homme. Mon cas est un exemple.

QU’EST CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE POUR M’AIDER ?

J’ai réalisé que c’est la famille et les amiEs de mon entourage qui feront la différence aussi longtemps que l’appui légal est concerné. Cela fait beaucoup de compromis avec les médias et vraiment travailler la communauté ; maison par maison ; les gens dans la rue qui parlent de mon cas, aussi longtemps que les lois me traineront dans la boue, à propos de la peine de mort, au sujet de cet empire du système économique parasite, etc. Vous pouvez m’aider en reproduisant et en distribuant ce texte à quiconque que cela interresse, et pour les personnes qui voudrait un peu plus de lumière sur mon cas. Pour plus d’informations vous pouvez contacter :

Zolo’s Campaign c/o CROSSROAD Support Network , 3420 W. 63rd Street , Chicago, Illinois 60629

Voice/Fax : 773-737-8679 e-mail : crsn@aol.com http://www.afrikan.net/crossroad

septembre 16, 2006

RAP CONSCIENT le 9 octobre dans les bacs!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:52

RAP CONSCIENT  est le titre du nouveau projet de LA K-BINE. C’est une compilation qui regroupe 19 titres et qui s’articule autour d’un thème qui comme le nom de la compile l’indique, est ce que le groupe définis comme étant son rap « le rap conscient ». Le groupe prépare actuellement son deuxième album « légitime défense » et pour ne pas revenir avec un simple maxi il a préféré réinvestir les bacs avec un projet plus conséquent.

 

  1- LA K-BINE   « rap conscient »
  2- SAKAGE KRONIK « militantisme »
  3- HARDKORE ET AME feat AKACHA ET LOOMS « 100 rancunes »
  4- LA K-BINE « bienvenue sur terre »
  5- PIZKO MC « le monde dans lequel tu vis »
  6- ABOO ET NEX « l’heure de l’addition »
  7- SAKAGE KRONIK feat SIDI OMAR et WIRA(les zakariens) « l’effet papillon »
  8- ESKICIT « les mêmes thèmes »
  9- SKALPEL(la k-bine) « contre l’empire »
10- DONY S (fuck all) « ds »
11- SHERYO « le seul choix »
12- DAD « droit de regards »
13- DA’PRO feat HAN-AKIN « exposés au drâme »
14- LA K-BINE feat NOJ « faucons contre colombes »
15- XPHASES « garder l’controle »
16- TRINITY « reste debout »
17- TANGO ET KASH « c’est la guerre »
18- TCHAD UNPOE « histoires de France »
19- LA K-BINE « on veut juste…»
 

Le projet sort dans les bacs le 9 OCTOBRE sur le label du groupe LA K-BINE PROD. La distribution sera assurée par
2GOOD . Un clip sera disponible courant septembre et le groupe fera la couverture du magazine UNITE en octobre à l’intérieur duquel vous pourrez retrouver un dossier de 20 pages avec interviews des groupes ,et de certaines associations militantes.
 

Le maxi 5titres « PRELUDE AU RAP CONSCIENT » est toujours disponible gratuitement sur le site du groupe.
 

 Site officiel du groupe

 www.lak-bine.com

septembre 8, 2006

Historique chronologique d’Action Directe

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:50

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1972-1976: les antécédents
A la fin des années 60 c’est la Gauche Prolétarienne (GP), dont le journal est la Cause du Peuple (CDP), qui arrive à rassembler les éléments les plus révolutionnaires de l’après 68. La situation est comprise comme un ” nouveau fascisme “, et l’on va vers la ” guerre civile “. Une ” nouvelle résistance ” se développe à partir du mouvement anti-autoritaire de la jeunesse et des luttes ouvrières.
La GP, dont certains de ses militants sont tués par la police ou les vigiles des usines, organise un groupe armé illégal, ” la Nouvelle Résistance Populaire ” (NRP). Celle-ci tente d’enlever un député, séquestre un responsable de Renault mais s’autodissout au bout de quelques temps, refusant le passage à la lutte armée et espérant beaucoup des mouvements sociaux comme l’autogestion de l’usine de montres LIP ou l’occupation par la population des terrains militaires du Larzac.
Ce n’est néanmoins pas la fin de la lutte armée en France. En mai 1974 se forment les Groupes d’Action Révolutionnaire Internationaliste (GARI). Les GARI entendaient soutenir financièrement, matériellement et militairement la lutte contre le franquisme en Espagne, et notamment l’ex-MIL (Mouvement Ibérique de Libération). Le MIL avait de 1971 à 1973 mené des expropriations, édité des textes révolutionnaires… L’un de ses militants les plus connus est Salavador Puig-Antich, garotté le 2 mars 1974.
Les GARI entendent ” lutter par l’action directe contre la dictature franquiste, contre le capital, contre l’Etat, pour la libération de l’Espagne, de l’Europe et du monde “. Les GARI enlèveront le 3 mai 1974 le directeur de la banque de Bilbao à Paris, méneront 25 attentats et 5 hold-ups à Paris, dans le Midi de la France et en Belgique. Les GARI seront démantelé au-bout de quelques mois.
Apparaissent alors les Brigades Internationales (BI). Les BI forment ” une organisation politico-militaire, anti-impérialiste, d’inspiration maoïste, et composée de militants révolutionnaires français ” (Libération du 30 juin 1976). Créée à la suite du putsch au Chili en 1973, en conséquence de ” l’incapacité des organisations révolutionnaires à proposer une riposte conséquente “, les BI mèneront pendant trois ans des actions très dures et ne seront jamais détrites par la police.
Le 9.12.74 la BI Raul Sendi (nom du fondateur des Tupamaros) exécute le colonel Trabal, attaché militaire uruguayen. Le 8.10.75 la BI Juan Manot (militant basque fusillé le 27.9.75) tente d’exécuter l’attaché militaire espagnol Garcia.
Le 10 mai 1976 la BI Che Guevara exécute l’ambassadeur bolivien à Paris.
Le 2 novembre 1976 la BI Reza Rezay (militant iranien tué le 16 juin 1973) tente d’exécuter l’attaché culturel iranien.
Le 7 juillet 1977 la BI El Ouali Sayed tente d’exécuter l’ambassadeur de Mauritanie.
C’est alors la formation des Noyaux Armés Pour l’Autonomie Populaire (NAPAP). Le 24 mars 1977 c’est l’exécution de Jean-Antoine Tramoni, vigile de chez Renault ayant tué un militant de la GP, Pierre Overney.
Le 27 mars les NAPAP créent un incendie sur l’aire de stationnement des usines Renault-Flins; le 3 avril a lieu un attentat contre la CFT; le 6 juin un attentat et des coups de feu contre Chrysler-France; le 8 octobre attentat contre le domicile du garde des Sceaux, le 14 octobre contre le palais de justice et le ministère de la justice; finalement un attentat contre le hall d’exposition de la société Mercedes.
Qui sont les NAPAP? ” Nous n’avons plus rien à voir avec l’étiquette ‘maoïste’ que la presse nous a collée. S’il est vrai que d’anciens maos appartiennent aux NAPAP, ce n’est pas seulement à partir du bilan de la liquidation de la gauche prolétarienne… Il est clair que nous ne sommes ni le parti combattant de quoi que ce soit, encore moins une nouvelle ‘bande à Baader’.
Nous avons tiré le bilan des pratiques politico-militaires étrangères qui mènent des combattants ’spécialistes’ à une lutte solidaire et suicidaire face à l’appareil d’Etat moderne. Notre pratique s’inscrit dans l’édification de l’autonomie ouvrière organisée au sein du mouvement populaire. Notre but n’est pas d’appeler à la formation de A, 10, 100 NAPAP régis par une direction centrale style état-major de la violence populaire potentielle. Nous abordons une autre étape qui consiste à nous fondre dans la dynamique du mouvement et non pas à chercher à en prendre la tête d’une façon officielle ou magouillarde “.

1977-78: la préparation
En France c’est la formation de l’autonomie offensive, c’est-à-dire du mouvement autonome, à partir de groupes qui se sont notamment affrontés à la police à Malville lors de la grande manifestation anti-nucléaire. ” Malville a recomposé brutalement tous ceux qui étaient partis à la dérive depuis 1972 ” (revue autonome ” Camarades ” n°6).
Le mouvement autonome ne rejette pas la lutte armée, comme le montrent les slogans (” lutte armée et autonomie ouvrière “, ” autonomie et offensive “, ” autonomie offensive, lutte armée, pour le communisme! “), car ” l’émergence de la violence est un fait du mouvement ” (” Camarades ” 4-5).
Mais, et à ce titre, la violence ne peut pas être simplement le fruit d’une organisation, elle dépend du mouvement. ” Le Mouvement est prêt et capable, sans attendre la permission des gôchistes, de défendre ses besoins en assumant massivement un haut niveau d’affrontement avec l’Etat… de façon que dans son ensemble il puisse se reconnaître dans chaque action violente menée par de petits groupes ” (” Camarades ” n°6).
Les militants d’Action Directe, qui n’existe pas encore en tant que tel, mènent des opérations de sabotage et d’actions illégales. A ainsi lieu une nuit bleu contre la construction de la centrale de Malville (23 attentats revendiqués par CARLOS - coordination autonome radicalement en lutte ouverte contre la société). Une nuit bleu a lieu contre l’extradition de l’avocat des prisonnierEs de la RAF Klaus Croissant, des actions à l’annonce de la mort par ” suicide ” des prisonnierEs de la RAF; à Toulouse la CACT (coordination autonome contre le travail) attaque des ANPE et des agences d’intérim.
En été 1978 c’est l’arrestation de militantEs des MATRA (Mouvements armés terroristes révolutionnaires anarchistes), accuséEs de 35 attentats contre des ANPE, des bâtiments EDF, des agences d’intérim, des gendarmeries, le palais de justice, etc.

1979: les débuts
1er mai: l’organisation ” Action Directe ” apparaît en revendiquant le mitraillage du bâtiment du CNPF (conseil national du patronat français) à Paris.
15 septembre: attentats contre le ministère du travail et le ministère de la santé.
16 septembre: destruction du siège de la SONACOTRA (société mixte de gestion des foyers de travailleurs immigrés) après les expulsions massives et policières de foyers suivant une grève des loyers de plusieurs mois. Mitraillage des locaux du secrétariat aux travailleurs immigrés (dans le bâtiment même du ministère du travail)
27 septembre: attentat contre les locaux du patronat chargé de la gestion de l’emploi pour la région parisienne.

1980: la propagande armée
3 et 5 février: attentats contre la direction de l’inspection du travail
10 février: attentat contre l’UCPI, société immobilière impliquée dans des expropriations de logements dans les quartiers populaires de Paris.
12 mars: attentat contre une autre société immobilière impliquée.
14 mars: attentat contre les locaux de la section de la D.S.T. (direction de la surveillance du territoire) chargée de la surveillance des organisations politiques et syndicales des étrangers. Attentat contre le siège de l’Organisation Internationale de Coopération des Polices.
16 mars: un commando pénètre dans le Ministère de la Coopération, le Ministre Galley échappe de peu aux tirs.
27-28 mars: 32 militantEs autonomes proches ou militants d’Action Directe sont arrêtéEs; celle-ci mène des actions en réponse contre le Fort de Maison-Alfort (caserne des unités du GIGN) et contre un commissariat de Toulouse.
15 avril: attentat contre le ministère des transports, tirs de roquettes contre le même ministère et la direction de la sécurité routière.
4 juillet: pillage par un groupe armé de la mairie du XIVème arrondissement de Paris.
28 août: affrontement armée à Paris lors d’un attaque contre une banque entre policiers et membres d’AD.
13 septembre: arrestation d’une douzaine de militantEs après une fusillade.
17 septembre: mitraillage du poste de garde de l’Ecole de Guerre.

1981: fin de la 1ère partie
Action Directe suspend ses action pour la campagne présidentielle.
15 avril: fusillade lors d’une attaque contre une banque de la place des Ternes à Paris; un policier est tué.
Après l’élection de Mitterrand deux grèves de la faim en 6 mois et un grand soutien politique à l’extérieur (autour du journal ” Rebelles “) permet la libération de tous/toutes les prisonnierEs politiques communistes et anarchistes.
Scission dans Action Directe en 4 tendances, dont deux (dites ” mouvementistes “) cessent la lutte armée et une passe dans l’antisémitisme militant (c’est la soi-disante ” branche lyonnaise “).
Action Directe participe en novembre et en décembre à l’occupation de nombreux ateliers clandestins dans le Sentier et d’immeubles à Barbès.
22 décembre: Laouri ” Farid ” Benchelal, militant d’AD, est tabassé à mort au commissariat d’Helsinki quelques heures après son arrestation.
24/25 décembre: 7 attentats contre des magasins de luxe, dont Rolls-Royce à Paris et en province.

1982: la reprise...
13 février: AD exécute Gabriel Chahine, réfugié libanais qui a indiqué à la police les planques de militantEs.
19 février: attentat contre le local des organisations fascistes turques à Paris.
30 mars: mitraillage de l’antenne du Ministère de la Défense israélien à Paris par un commando composé de membres d’AD et de révolutionnaires turcs.
Avril: publication du texte ” Pour un projet communiste “. On peut en gros définir la ligne d’AD comme ” communiste libertaire “, ou plus exactement d’anarchiste marxisant. Aucune référence à Lénine ou Mao, AD se veut anarchiste mais veut une ” société communiste “. Le mois est marqué par des arrestations, des rafles dans les squatts de Barbès, le siège de l’organisation est détruit quelques heures après le passage de la police.
Juin: contre le sommet du G7 à Versailles, AD organise notamment un grand attentat contre le siège européen du F.M.I. et de la Banque mondiale (Unité Combattante Benchellal). Parution du texte ” Sur l’impérialisme “., où les USA et l’URSS sont mis dos à dos.
Août: Massacres par les phalanges libanaises sous l’oeil de l’armée israélienne des réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila . AD (UC Marcel Rayman, composé de personnes d’origine juive) mène des actions armées contre des sociétés israéliennes et US, notamment contre la Chase Manhattan Bank, et se réclame pour la première fois du ” front anti-impérialiste “.
19 août: l’Etat dissout Action Directe, dont tout sympathisant peut être accusé de ” reconstitution de ligue dissoute “. Attentat contre le journal Minute.

1983: …et la course en avant
31 mai: fusillade rue Trudaine à Paris entre un commando d’AD et la police. 2 policiers sont tués et un autre grièvement blessé. Grand émoi dans la police, qui manifeste sous les fenêtres du ministère de la justice, dont certains en uniformes.
30 juillet: tentative d’expropriation de la bijouterie Aldebert, place de
la Madeleine.
26 septembre: attentat contre
la Marine Nationale.
29 septembre: attentat contre le Cercle militaire inter-allié.
14 octobre: fusillade dans le 17ème arrondissement de Paris, Ciro Rizzato, militant italien des COLP (communistes organisés pour la libération prolétarienne) est tué, deux policiers blessés. Des procès ont eu lieu contre des Italiens et des Français quant à cette fusillade.
Automne: apparition du mensuel ” L’Internationale “, qui diffuse exclusivement les textes quant à la lutte armée en Europe de l’Ouest et aux USA (ou encore, plus rarement, dans le 1/3 monde).

1984: vers le Front
29 janvier: attentat contre Panhard.
Février: arrestation d’une dizaine de militantEs en France et en Italie.
13 mars: des militantEs d’AD échappent à un piège tendu par la police à Bruxelles en Belgique. Arrestation quelques jours plus tard de nombreux militantEs.
Printemps: AD et des militantEs révolutionnaires de Belgique exproprient des banques, pillent l’armurerie de la caserne de Vielsam, récupère près d’une tonne d’explosif dans les casernes d’Ecaussines.
11 juillet: AD débute l’offensive ” unité des révolutionnaires en Europe de l’Ouest ” avec un attentat contre l’Institut atlantique. ” De la capacité à s’organiser des éléments avancés du prolétariat des métropoles dépend la réalisation ou l’échec des projets de l’impérialisme: surexploitation, guerre, anéantissement… “.
12 juillet: attentat contre l’institut des affaires atlantiques (UC Ciro Rizzato).
13 juillet: attentat contre les services informatiques du bureau de recherche et de programmation du ministère de la défense et les locaux du SIAR (surveillance industrielle de l’armement) (UC Benchellal).
14 juillet: attentat contre les annexes du ministère de l’industrie. ” En s’en prenant à l’un des piliers de l’OTAN et en attaquant frontalement l’impérialisme français, l’organisation Action Directe démontre une fois de plus la capacité de la classe ouvrière à frapper l’impérialisme au moment opportun et sa volonté de désarticuler la phase de transfert sur le terrain militaire du projet politique de restructuration globale de la production par la guerre impérialiste.
En portant l’attaque au ministère de l’industrie, l’organisation Action Directe manifeste sa détermination à s’opposer aux licenciements de masse dans l’automobile et la sidérurgie, à l’exploitation toujours plus grande de millions de prolétaires ” (Régis Schleicher, militant d’AD alors arrêté, déclaration de juillet 1984).
2 août: attentat contre le siège de l’ESA (european space agency).
23 août: une voiture piégée est garée sous les fenêtres de l’hémicycle de l’Assemblée de l’Union de l’Europe Occidentale.
28 août: attentat contre le siège du PS et contre le ministère de la défense.
Septembre: début d’une grève de la faim de 38 jours des prisonnierEs politiques d’AD contre l’isolement carcéral et pour le regroupement. D’autres prisonnierEs politiques et des prisonnierEs sociaux les rejoignent.
20/21 Octobre: attentats contre les entreprises d’armement Hispano-Suza et Dassault.
18 décembre: les explosifs de l’action de la RAF contre l’Ecole d’officier de l’OTAN d’Oberamärgau dans le Sud de l’Allemagne proviennent du stock exproprié à Ecaussine.
Décembre: le collectif de rédaction de l’Internationale est arrêté. Condamnés à de lourdes peines pour ” association de malfaiteurs “, certains sont relaxés en appel après 4 ans de préventive! De fait, ” l’Internationale ” est court-circuité sans être confronté à une répression visant directement la presse.
31 décembre: des militantEs d’AD échappent aux arrestations; en R.F.A. à Bonn attentat contre la mission technique de l’armement de l’ambassade française.

1985: le Front
15 janvier: déclaration commune RAF-AD (publié dans Front Social n°5 - voir l’historique de la RAF). La RAF et AD décident de mener la lutte dans un seul front contre les projets impérialistes.
25 janvier: le général Audran, responsable des affaires internationales du ministère de la défense (rapport avec l’OTAN, vente d’armes, etc.) est exécuté par le commando Elisabeth Van Dyck d’Action Directe (Van Dyck est une membre de la RAF assassinée lors de son arrestation).
13 avril: attentat contre la banque Leumi et l’ONI, le 14 contre Minute (UC Sara Meidli).
24 avril: un révolutionnaire turc est arrêté à la frontière franco-belge avec deux Kg de dynamites provenant d’Ecausssines. Il était fiché comme proche d’AD et avait vécu dans les squatts de Barbès.
27 avril: attentat contre le siège européen du F.M.I., le 30 contre les entreprises d’armement TRT et SAT (UC Benchellal).
26 juin: l’attentat contre le Général Blandin, contrôleur général des armées, qui échoue, est revendiqué par le Commando Antonio Lo Muscio (militant italien des Noyaux Armés Prolétariens tué lors de son arrestation).
Juillet-Août: découvertes de caches et de planques d’Action Directe et du FRAP, front révolutionnaire armé prolétarien .
8 août: un commando commun RAF-AD (nommé Georges Jackson du nom d’un militant Black Panther assassiné) attaque la base aérienne US de Francfort (l’air base), 3 soldats US sont tués.
5 septembre: attentat contre ATIC, Péchiney, Renault, Spie-Batignolles (tour Winthertur).
Octobre: attentats contre Radio-France, Antenne 2, la Haute Autorité de l’audiovisuel.

1986: la continuation du Front
Février: interview au journal anti-impérialiste clandestin allemand ” zusammen kämpfen ” (lutter ensemble).
15 avril: le commando Christos Kassimis revendique l’attentat contre le vice-président du CNPF, Guy Brana, notamment PDG de la branche armement de la multinationale Thomson.
16 mai: le commando Kepa Crespo-Gallende pénètre à l’intérieur du siège d’Interpol, mitraille les différents bureaux et dépose plusieurs dizaines de Kg d’explosifs.
21 juillet: l’unité combattante Ciro Rizzato revendique l’attentat contre le siège de l’OCDE.
9 septembre: l’Etat français adopte les lois d’exception concernant le terrorisme: peine de 30 ans, section spéciale du Parquet, constitution d’un jury spécial professionnel, prolongement de la garde à vue…
17 novembre; le commando Pierre Overney (d’un militant mao tué par un vigile aux usines Renault) exécute Georges Besse, PDG de Renault.

1987: l’échec militaire
21 février: arrestation de Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani.

septembre 2, 2006

liberez les revolutionnaires d’ACTION DIRECTE!!!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:10


 

Nathalie Ménigon a fait 2 voire 3 A.V.C. (Accidents Vasculaires Céré-braux) probablement d’origine isché-mique ou pire encore d’origine hémorragique qui l’ont rendue hémiplé-gique. 

Progressivement ses traitements médicamenteux - vasodilatateurs nécessaires à la dilatation des vais-seaux permettant ainsi une meilleure circulation du sang et anticoagulants empêchant la coagulation et donc la reformation d’un thrombus (caillot) - ainsi que sa kinésithérapie - indispensable pour éviter la rétraction des masses musculaires ne répondant plus que partiellement à la commande cérébrale - lui ont été supprimés car jugés non-indispensables (sic !). 

 

Mais là ne suffisait pas ! C’est également à sa surveillance médicale que l’administration pénitentiaire s’est attaquée. Quid des examens biolo-giques, des consultations spécialisées de neurologie et de cardiologie, des écho-dopplers carotidiens et autres

examens scanographiques cérébraux de contrôle ? Supprimés également ou alors réduits à la portion congrue. 

 

Nathalie Ménigon a sur la tête une épée de Damoclès - en effet une nouvelle attaque cérébrale pourrait lui être fatale, définitivement fatale mais l’administration pénitentiaire s’en fout, le ministère de la santé s’en fout, tout le monde s’en fout… car, c’est vrai, un prisonnier politique n’a aucun droit et surtout pas celui de pouvoir se soigner. 

 

Dormez en paix braves Français. Dans votre beau pays - patrie des Droits de l’Homme - il existe des cliniques où l’on soigne vos petits bobos d’ypo-condriaques bien-portants et même des cliniques où l’on soigne vos animaux…… 

 

Mais méditez bien avant de sombrer dans les bras de Morphée braves Français car il y a aussi dans votre beau pays des endroits où on laisse crever des êtres humains. Ces endroits s’appellent des prisons ! 

septembre 1, 2006

www.bboykonsian.com : un bon site…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:11

Webzine traitant de hip-hop et de reggae principalement français. On y retrouve plusieurs sections comme : agenda, gros plan, sons, vidéos live. Updates réguliers avec de nombreuses vidéos live.

 

www.bboykonsian.com

Un shop est disponible avec des cd et des vinyles à des prix “underground”

 bonus: http://www.myspace.com/bboykonsian

 

SENDIC presente!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:00

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