RAP CONSCIENT

décembre 31, 2006

Ce qu’est l’impérialisme…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:51

“ Il faut tenir compte du fait que l’impérialisme est un système mondial, stade suprême du capitalisme, et qu’il faut le battre dans un grand affrontement mondial. Le but stratégique de cette lutte doit être la destruction de l’impérialisme ” (CHE GUEVARA, “ créer deux, trois…de nombreux Vietnam, voilà le mot d’ordre ”).

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La mort lente d’Andreas Baader

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:44

Par Jean-Paul SARTRE  Le 7 décembre 1974 

 

 Au début, on s’est serré Ia main. II s’est assis en face de moi, et puis, au bout de trois minutes, la première phrase qu’il prononça, un peu en guise de salut, fut : «Je croyais avoir affaire à un ami et on m’a envoyé un juge… »  Vraisemblablement ça venait de la communication à la TV allemande que j’avais faite Ia veille. Je pense qu’il espérait aussi que je viendrais le défendre sur la base de I’action qu’il poursuivait ainsi que ses camarades. II a vu que je n’étais pas d’accord avec eux. Je suis venu par sympathie d’un homme de gauche pour n’importe quelle formation de gauche en danger ; ce qui est une attitude qui, je crois, devrait être générale. Je suis venu pour qu’il me donne son point de vue sur des Iuttes qu’ils ont menées, ce qu’il a fait d’ailleurs. Et je ne suis pas venu pour dire que je suis d’accord avec lui, mais simplement pour savoir quelles étaient ses opinions qui peuvent être reprises ailleurs si on estime qu’elles sont vraies, et en plus pour parler de sa situation dans la prison comme prisonnier. 

Nous avons ensuite évoqué sa vie en prison. Je lui ai demandé pourquoi il faisait Ia grève de la faim. Il m’a répondu qu’il Ia faisait pour protester contre les conditions de vie carcérale. Comme l’on sait à présent, il y a un certain nombre de cellules dans la prison où je me suis rendu, mais il en existe dans d’autres prisons allemandes. EIles sont séparées des autres cellules : elles sont peintes en blanc et l’électricité fonctionne jusqu’à 11 heures du soir, et quelquefois vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et il y a quelque chose qui lui manque, c’est le bruit. Des appareils à l’intérieur de la cellule sélectionnent les bruits, les affaiblissent et les rendent parfaitement inaudibles dans la cellule même.  On sait que le bruit est indispensable à un corps et à une conscience humaine. Il faut qu’il y ait une atmosphère qui entoure les gens. Le bruit, que nous appelons d’ailleurs le silence, mais qui porte jusqu’à nous, par exemple le bruit du tramway qui passe, celui du passant dans Ia rue, des avertisseurs, sont liés à Ia conduite humaine, ils marquent la présence humaine. Cette absence de communication avec autrui par le bruit crée des troubles très profonds. Troubles circulatoires du corps et des troubles de la conscience. Ces derniers détruisent la pensée en la rendant de plus en plus difficile. Petit à petit, ils provoquent des absences, puis le délire, et évidemment la folie. 

Bien qu’il n’y ait plus de «tortureur», il y a des gens qui pressent certaines manettes à un autre étage. Cette torture provoque la déficience du prisonnier, elle le conduit à l’abêtissement ou à la mort. Baader, qui est victime de cette torture, parle très convenablement, mais de temps en temps, il s’arrête, comme s’il n’avait plus ses idées, il se prend la tête dans les mains au milieu d’une phrase et puis reprend deux minutes plus tard. Il a un corps amaigri par sa grève de la faim, il est nourri de force par les médecins de la prison, mais il est très maigre, il a perdu quinze à vingt kilos, il flotte dans ses vêtements devenus trop larges. Il n’y a plus de rapport entre le Baader que ççj’ai vu et l’homme en pleine santé. 

Ces procédés réservés aux seuls prisonniers politiques, en tout cas ceux de la «bande à Baader», sont des procédés contraires aux droits de l’Homme. Au regard des droits de l’Homme, un prisonnier doit être traité comme un homme. Certes, il est enfermé, mais il ne doit être l’objet d’aucun sévice, de rien ayant pour objet d’entraîner la mort ou la dégradation de la personne humaine. Ce système est justement contre la personne humaine et la détruit. Baader résiste fort bien encore. Il est affaibli, il est sûrement malade, mais il garde sa conscience. D’autres sont dans le coma. On craint pour la vie de cinq détenus, d’ici quelques semaines, quelques mois, dans quelques jours peut-être. Il est urgent qu’un mouvement se constitue pour réclamer que les prisonniers soient traités selon les droits de l’homme, qu’ils ne subissent aucun sévice particulier qui puisse les empêcher de répondre correctement aux questions qu’on leur posera le jour du procès ou même, comme il est arrivé déjà une fois, de les tuer. Il existe déjà un comité de défense des prisonniers allemands en France, ce comité travaille en liaison avec la Hollande et avec l’Angleterre. Mais il importe de créer un comité de ce type en Allemagne, avec des intellectuels, des médecins, des gens de toutes sortes qui réclament que le prisonnier de droit commun ou le prisonnier politique soient traités de la même façon. 

décembre 24, 2006

La voie d’Oaxaca

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 11:01
Par Mumia Abu-Jamal

Il y a quelques semaines, un long et poussiéreux cortège constitué de milliers personnes ondula de la ville méridionale d’Oaxaca vers la capitale Mexico, parcourant une distance de 800 kilomètres, pour soutenir la démocratie et exiger la démission du gouverneur qui s’est emparé du pouvoir grâce à une élection profondément corrompue.

Les marcheurs, une multitude bariolée de professeurs, étudiants, paysans, commerçants et autres, avancèrent sur ce chemin tortueux, à travers les montagnes et les vallées, affrontant des pluies battantes, une chaleur torride et un froid glacial, marchant ainsi pendant 19 jours pour apporter leurs doléances au siège du gouvernement.

Le groupe, autoproclamé Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca (ou APPO, acronyme espagnol pour Asamblea Popular de los Pueblos de Oaxaca), a secoué tout le Mexique de par son obstination inflexible à revendiquer que les élections soient vraiment justes et exemptes de corruption, et que la volonté du Peuple soit respectée.

J’ai lu ce qui se passait à Oaxaca pendant plusieurs semaines, et à chaque fois que je lisais quelque chose là-dessus, je pensais aux Américains, qui ont tranquillement accepté les élections corrompues de 2000, et de 2004, comme des agneaux qu’on aurait mené à l’abattoir.

Car les élections volées de 2000 en Floride, puis de 2004 dans l’Ohio, ont causé des dommages sans précédent à la notion même de démocratie, brisant la foi de millions de personnes dans le processus électoral.

Le peuple d’Oaxaca, bravant non seulement les éléments naturels mais aussi politiques, jusqu’au terrorisme des instruments de l’Etat (violence de la police et de l’armée), a prouvé par sa marche et ses protestations que la vraie démocratie revêt une importance immense pour le peuple.

L’APPO, qui a insufflé la résistance dans tout Mexico et dans d’autres parties du pays, a engendré une crise politique de la nation en revendiquant avec ferveur la destitution du gouverneur d’Oaxaca, Ulises Ruiz, et la restauration de la démocratie.

La crise résulte du fait que plusieurs des partis politiques du pays font tout leur possible pour faire taire, dévier ou intimider le peuple ; car s’il sort victorieux (ils le craignent), il y aura deux, trois, une douzaine d’Oaxaca à travers tout le pays.

Oaxaca, bien qu’étant l’Etat le plus pauvre du Mexique et l’un de ceux ayant la plus grande proportion de population indigène, inspire des gens bien au-delà des limites du Sud mexicain.

La résistance d’Oaxaca est née de la répression, quand le gouverneur Ruiz ordonna à la police de donner l’assaut contre le piquet de grève du syndicat des professeurs d’Oaxaca en juin. Les professeurs battirent en retraite et, au bout de quelques jours, plus de 300 000 personnes participèrent à une marche pour soutenir le syndicat. De ce soutien large et massif naquit l’APPO, l’Assemblée Populaire. La crise continue que traverse le Mexique pourrait pousser les forces sociales à se joindre aux expériences radicales de l’APPO, ou pourrait laisser la porte ouverte à la terreur menaçante des « instruments de l’Etat . » Pour être clair, ce qui a commencé dans la répression pourrait bien se terminer dans encore plus de répression ; mais cela ne se produira pas, quand bien même cela ne signifierait pas pour autant la fin.

Car les forces issues de l’APPO ne sont encore qu’un frémissement, prêt à jaillir dans un autre Etat, où les travailleurs et les pauvres luttent pour résister aux forces féroces de la globalisation.

Quand les pauvres sont maltraités, quand les travailleurs sont mal payés, les conditions de la résistance existent d’ores et déjà.

Et tandis que la tentation de l’Etat d’utiliser ses instruments « brutaux » grandit, il est très probable que l’étincelle de la résistance se maintienne et s’attise.

Oaxaca ouvre la voie, et les exemples de résistance populaire indigène au Mexique, comme l’APPO et les zapatistes, ainsi que diverses luttes dans toute l’Amérique latine, l’ouvrent aussi.

Le peuple d’Oaxaca doit être soutenu, pas seulement par les paroles mais aussi par l’organisation de mobilisations similaires contre des élections irrégulières et corrompues, par tous les peuples du monde.

Et cela devrait commencer aux Etats-Unis.

Depuis le couloir de la mort,

Mumia Abu-Jamal.

décembre 23, 2006

Camilo Torres, le prêtre guérillero

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 5:11

COLOMBIE - Ordonné prêtre en 1954, Camilo Torres a toujours voulu résoudre l’équation « fils de Dieu et membre de la société ». Inflexible dans ses combats sociaux en faveur des pauvres et des opprimés, il a toujours refusé le jeu d’un clergé cramponné à ses privilèges et celui, douteux, des partis politiques. Cette intransigeance l’a finalement conduit à prendre le maquis et à lutter avec les armes.

par Thibaut Kaeser
20 décembre 2006
 

« Camilo Torres vit dans la théologie de la libération. Liberación o muerte !  » Tracée sur le mur d’un immeuble de l’avenue des Tilleuls (quartier de Saint-Jean, Genève), cette inscription rappelle au passant des souvenirs historiques ou, ce qui est plus probable, l’interpelle sur sa signification. Ce graffiti écrit au cours de l’hiver 2006 n’est en tout cas pas innocent, car voici quarante ans (15 février 1966), Camilo Torres Restrepo mourait à San Vincente de Chucuri, en Colombie… Né à Bogota le 3 février 1929 dans un milieu aisé, Camilo est issu d’un mariage recomposé. De 1931 à 1934, il habite à Barcelone et à Bruxelles - la Belgique fut essentielle dans sa formation intellectuelle. Ses parents séparés, il vit avec sa mère, une femme de tempérament, et suit le collège allemand de Bogota puis le lycée Cervantès, deux institutions de renom. Son adolescence est insouciante malgré son intérêt pour la religion au cours de retraites organisées par les Jésuites. Il fréquente les enfants de la haute société et même la fille d’un ancien président. Mais, peu à peu, le jeune étudiant s’interroge sur son environnement doré et sur le sens de sa vie.

En 1947, il quitte l’université après un semestre de droit. Il se lance dans le journalisme mais finit par entrer au séminaire. Avril 1948 : l’assassinat du leader libéral Jorge Eliecer Gaitán enflamme Bogota. Les campagnes, exaspérées par la situation politico-sociale, suivent le Bogotazo. L’armée du gouvernement conservateur affronte les bandoleros libéraux. Dans un pays déjà marqué par l’instabilité et la violence (voir la guerre des Mille jours, 1899-1902), cette guerre civile impitoyable (la Violencia) se termine au prix de 300 000 morts en 1953.

Alors que la Colombie signe un Pacte national boiteux entre libéraux et conservateurs, Torres est ordonné prêtre en 1954. Puis, il étudie à l’Université catholique de Louvain (Belgique), où des générations d’étudiants protestataires latino-américains se formeront. Au sein d’une université fameuse pour abriter les divers courants libéraux catholiques romains, il connaît l’émulsion. Pétri de sociologie, sa matière préférée, et frotté de syndicalisme chrétien, il fonde avec des étudiants colombiens un groupe de réflexion et aiguise son regard critique.

Sa mémoire de licence en poche en 1959 (publié en 1987 sous le titre explicite de « La prolétarisation de Bogota  »), Torres est nommé chapelain de l’Université nationale. Créatif, il engage de nombreux projets de recherche, notamment en matière de sociologie urbaine, dont il est précurseur en Colombie, et fonde la faculté de sociologie avec Orlando Fals Borda en 1960. Au gré d’investigations dans les quartiers miséreux de Bogota, il sent l’urgence du changement tandis que la révolution cubaine bouleverse la donne politique en Amérique latine et que le Concile Vatican II lance l’aggiornamento de l’Eglise catholique romaine.

En effet, le Concile Vatican II (1962-65), commencé sous les auspices du bon pape Jean XXIII et terminé avec l’intellectuel Paul VI, ouvre le Vatican sur le monde moderne en marquant une inflexion sur sa gauche. Les encycliques sur la paix, l’injustice, la pauvreté et le partage s’enchaînent durant toute la décennie (notamment « Pacem in terris », « Mater et Magistra » et « Populorum progressio »). Cette ouverture historique permet aux catholiques éclairés, réformateurs ou progressistes de se faire entendre.

Dans ce contexte ecclésial favorable, l’engagement de Camilo Torres trouve un élan supplémentaire. Mais le haut clergé colombien, très conservateur, ne voit pas d’un bon oeil ce prêtre trop écouté des étudiants universitaires. Son sens critique dérange. Sa dénonciation des inégalités incommode. Après moult polémiques, le cardinal Luis Concha Córdoba obtient sa destitution de son poste de chapelain. Muté dans la petite paroisse de Veracruz, Torres continue cependant son intense activité en milieu paysan. En 1963, il préside le premier congrès de sociologie de Colombie et parle de « la violence et des changements socioculturels dans les régions rurales colombiennes  ». Il met le doigt là où ça fait mal, veut résoudre l’équation « fils de Dieu et membre de la société  », comme il disait, et appelle à une révolution pacifique des structures économico-sociales. Celui qui se définit comme un « sociologue, prêtre et colombien » est de moins en moins en odeur de sainteté auprès de l’oligarchie, des politiques traditionnels et, surtout, de ses supérieurs.

En 1964, ce contestataire retourne cependant à l’université comme professeur associé à la faculté de sociologie et à l’Ecole supérieure d’administration publique. Occupant de nombreuses fonctions, ce travailleur infatigable met sur pied une coopérative de développement rural et incorpore le très modeste Institut colombien pour la réforme agraire. Mais ses positions exaspèrent. Il doit quitter son poste de Veracruz. Jugé radical, il est constamment l’objet de pressions d’une cléricature engoncée dans ses privilèges. L’Eglise n’est d’ailleurs pas seule à le honnir : de retour d’un congrès au Pérou, il est provisoirement détenu par la police à l’aéroport…

Le 27 juillet 1965, Camilo Torres célèbre sa dernière messe. Sans quitter la prêtrise, il retourne à l’état laïc. N’écoutant même pas Rome, qui réclame le dialogue, l’Eglise colombienne se débarrasse avec soulagement d’un gêneur - mais un révolté émerge de son sein. Torres prend langue avec la guérilla émergente de l’ELN (Armée de libération nationale, sympathisante castriste). Parallèlement, cet activiste désormais populaire donne des conférences fiévreuses, dirige des manifestations antigouvernementales d’ampleur nationale, et met sur pied la plate-forme du Front uni (un mouvement de divers groupes progressistes dont le but est de solutionner les problèmes nationaux). Mais l’agitation sociale est étouffée et des paysans indociles bombardés ; de petites républiques indépendantes récusent le pouvoir établi (expérience de Marquetalia) ; la campagne présidentielle de 1966 est électrique… La Colombie, fébrile.

Camilo Torres signe alors éditoriaux et articles dans le journal du Frente Unido. Inscrit dans le sillage du renouveau du Vatican, il pousse l’ouverture annoncée dans ses retranchements et choisit une criante option révolutionnaire dans la défense des pauvres et des opprimés. Refusant le jeu inefficient et douteux des deux grands partis politiques libéral et conservateur, il prône l’abstention électorale. Mais ses positions le renvoient encore dans une impasse, aussi rapidement que sa fulgurante trajectoire dans le ciel troublé de la Colombie des années soixante.

Durant les six derniers mois de 1965, il écrit de longs messages qui sonnent comme des épîtres adressées aux secteurs les plus variés de la société colombienne. A ses coreligionnaires, il écrit : « La révolution n’est pas seulement permise mais obligatoire pour les chrétiens qui voient en elle l’unique manière efficace et large de réaliser l’amour pour tous.  » Aux communistes, ce partisan du non-alignement tend la main. Il objurgue l’armée de ne pas être aux ordres de la bourgeoisie, mais de servir le peuple. Il appelle paysans, syndicalistes et étudiants à s’unir dans un vaste projet révolutionnaire et pluriel dans lequel il veut inclure les femmes, dont il parle avec tendresse.

Mais ses contacts sont connus de l’armée. Etiqueté subversif, il sait que les tribunaux peuvent le poursuivre - ou qu’il peut simplement être abattu… Marginalisé par sa hiérarchie, irritant les partis dominants, il estime que le devoir d’un chrétien passe désormais par les armes. Il franchit le Rubicon fin 1965 et gagne le maquis de l’Armée de libération nationale (ELN). Ses dernières recommandations sont : « Pas un pas en arrière ! La Libération ou la mort !  ». Camilo Torres meurt lors de son premier accrochage avec l’armée.

Important et populaire de son vivant en Colombie, sa renommée dépasse alors les frontières de son pays, qui s’enfonce dans la tourmente. Sa mère résuma bien sa fortune héroïque : « Camilo est né quand ils l’ont tué.  » La légende du prêtre rouge, guérillero révolutionnaire et chrétien, à vrai dire plus homme d’action que théologien, se répand avec la nouvelle de son martyr, même s’il sera souvent éclipsé par Ernesto Guevara, son contemporain, bientôt mort en 1967. La photo de Camilo a en effet souvent orné les murs de chambres d’étudiants latino-américains au côté de celle du « Che »

 

******

 

Entre oppression et libération

Surgie en Amérique latine avec les Conquistadors, l’Eglise catholique romaine fut d’abord associée à l’envahisseur espagnol. Mais ce pilier de l’ordre royal s’est aussi répandu grâce à la prédication franciscaine, dominicaine et jésuite. En effet, la colonisation de l’imaginaire des indiens interroge les missionnaires sur l’idolâtrie qu’ils veulent extirper, alors que des éléments de spiritualité païenne innervent le christianisme, notamment par le biais des saints (la Vierge de Guadalupe, par exemple). De plus, une partie des clercs dénoncent les excès et la violence de la présence ibérique, plus rarement sa validité, car le distinguo demeure entre colonisation (mise en valeur territoriale et évangélisation pacifique) et colonialisme (exploitation des ressources et asservissement des autochtones).
Ainsi, le Sévillan Las Casas (1474-1566) défend avec ardeur ses ouailles mayas. Plus polémiste qu’objectif, le fameux évêque du Chiapas lutte contre la théorie de l’esclavage naturel et les spéculations sur l’existence de l’âme des indiens lors de la Controverse de Valladolid (1550-51). D’autres prêtres frottés aux réalités écrivent des oeuvres remarquables, voire géniales. Au XVIe siècle, Sahagún et Durán, notamment, lancent sur le monde aztèque des recherches linguistiques et ethnologiques avant la lettre en s’interrogeant sur le fascinant métissage - biologique et culturel - à l’oeuvre. Si certains écrits diffusent l’image du bon sauvage, d’autres sont de passionnants reflets d’un quotidien colonial bariolé d’influences indigènes. La défense des miséreux et des nouveaux chrétiens connaît une expérience admirable. De 1604 à 1764, les Jésuites chapeautent les réductions du Paraguay, où les Indiens guaranis sont protégés des exactions espagnoles et des esclavagistes portugais. Prodigieusement développée socialement et économiquement, cette sorte de république autonome semi-théocratique (Paracuaria) est néanmoins détruite par la jalousie des couronnes ibériques et du Vatican… Avec les indépendances, des prêtres participent, voire mènent l’émancipation (Hidalgo lance la lutte mexicaine avec « le cri de Dolores »). Puis, les clergés nationaux s’affirment en participant à la vie des jeunes républiques avec la tendance de s’allier aux oligarchies - une tare ancienne… Une situation qui perdure au XXe siècle, par anticommunisme autant que par conservatisme.
La traditionnelle distinction entre haut et bas clergé va cependant détoner. L’effet Vatican II et la Conférence des évêques latino-américains de Medellin (1968) permettent l’éclosion de théologies spécifiques, connues sous le terme générique de « théologie de la libération » (Gutierrez, les frères Boff, Helder Camara, Cardenal, Segundo, etc.).
Riches et variées, ces expressions religieuses de gauche sont en prise avec la réalité sociale dont elles émanent. Présentes dans la société civile et la politique, elles proclament « l’option prioritaire pour les pauvres » et les humbles, ce qui ne manque pas d’agacer des clergés locaux conservateurs qui crient au marxisme. Le Vatican les critique aussi (polémiques des années 1980). L’Eglise se divise et hésite dans son attitude face aux régimes autoritaires et aux dictatures, tandis que le sang de martyrs contemporains coule, qu’il s’agisse du modéré Mgr Romero au Salavdor ou de certains prêtres maquisards…
Aujourd’hui moins active mais présente dans la contestation antilibérale et le développement durable, cette théologie protéiforme rappelle ses devoirs à une Eglise qui se veut conciliante.

décembre 18, 2006

FORUM OFFICIEL DE RAP CONSCIENT

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 3:26

le forum officiel est en ligne

merci monsieur PP

http://forum.rap-conscient.com

 

 

décembre 15, 2006

Communique de JM Rouillan et GI Abdallah en grève de la faim.

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 11:26

Depuis nos condamnations par les tribunaux d’exception français, l’état nous maintient dans des établissements de sécurité.
 

23 années pour Georges Ibrahim Abdallah et 20 ans pour Jean-Marc Rouillan. Et au cours de ces années, nous avons connu les quartiers d’isolement total comme la fausse normalisation des régimes de haute sécurité.
 

Notre expérience politique dans les prisons nous amène à une conclusion  : cette détention criminelle n’a qu’un seul but, individualiser le militant révolutionnaire, l’amener à renier son passé combattant ou le détruire physiquement et psychologiquement.
 

Le traitement se perpétue aussi longtemps que le prisonnier refuse de se soumettre au rôle que les gouvernants cherchent à lui faire jouer : un pantin au service de la contre propagande ! Il en est ainsi depuis l’utilisation des cellules de privation sensorielle contre les premiers prisonniers de la RAF au début des années 70 et graduellement ce traitement de chantage et de pacification a été utilisé par tous les régimes réactionnaires européens. QHS et QI ici, FIES en Espagne, prisons de type F en Turquie…et partout nous avons lutté dans ce combat inégal.
 

Depuis 7 ans, d’un sacrifice gigantesque, nos camarades en Turquie relèvent le drapeau de la résistance carcérale. Déjà 121 d’entre eux l’ont payé de leur vie.
 

DU 15 AU 18 DECEMBRE NOUS SERONS EN GREVE DE LA FAIM EN SOLIDARITE AVEC LA RESISTANCE DANS LES PRISONS TURQUES
 

Par cet acte symbolique nous voulons apporter notre témoignage de fraternité et de solidarité.
 

Et, par la même occasion, nous saluons toutes les délégations venues, en Grèce, au Vème Symposium international contre l’isolement.
 

Dans cet hommage, nous tenons également à rappeler le souvenir des camarades morts dans la même lutte contre l’anéantissement carcéral comme : Holger Meins, Bobby Sands, Patsy Ohara, Kepa Crespo Dallende… et tous les autres, rappeler le souvenir des combattants des différentspays, de différentes guerrillas morts en luttant ou détruits par ce traitement barbare.
 

UNITE INTERNATIONALE DES REVOLUTIONNAIRES EN EUROPE ET AU MOYEN-ORIENT
 

UNITE DANS ET EN DEHORS DES PRISONS POUR ELARGIR LA LUTTE CONTRE L’ISOLEMENT CARCERAL
 

HONNEUR AUX CAMARADES PEHIC, GÜLCAN, et SEVGI
 

A BAS L’IMPERIALISME ET SES LAQUAIS TORTIONNAIRES ENSEMBLE NOUS VAINCRONS !
 

Georges Ibrahim Abdallah
 

Jean-Marc Rouillan
 

Centrale de Lannemezan le 15-12-2006

décembre 14, 2006

soutenez les militants du NPCI // concert mardi 19!!!!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 11:18

Mardi 19 décembre concert de soutiens aux militants du NPCI menacés d’extradition

A partir de 16h00 a la FAC de St Denis

LA K-BINE//PIZKO MC

décembre 13, 2006

Appel pour la libération des prisonniers d’Action directe

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:22

Bientot 20 ans que nos camarades militants et militante d’Action
directe sont derriere les barreaux.

Ce sinistre anniversaire doit etre l’occasion d’amplifier la
mobilisation pour leur liberation. Nous devons unir les actions de toutes celles et ceux qui partout en France et dans le monde disent ca suffit !

Ces derniers mois les contacts se sont multiplies entre les collectifs du sud de la France, de Paris, du Nord, de Belgique et d’Allemagne pour construire une
large campagne unitaire qui par l’ampleur de la mobilisation se doit d’etre decisive.

La premiere etape est de mettre sur pied le plus large reseau militant  possible
afin de relayer efficacement nos mobilisations a venir. Nous sommes plus de 700
sur la liste de diffusion Nlpf ! Ensemble nous constituons un veritable media,
chacun et chacune d’entre nous peut en accroitre l’audience a travers l’ensemble de ses contacts personnels ou collectifs.

Nous vous proposons donc quatre actions simples :

- Diffuser autour de vous, aupres de vos relations, dans vos
organisations politiques et syndicales (et leur presse !), sur les sites et les blogs que vous frequentez ou administrez, les adresses des deux sites relayant la campagne :
http://nlpf.samizdat.net et http://wwwaction.directe.net
(actuellement en cours de reconstruction, mais il sera reactive tres prochainement)

- Diffuser le « clip » d’info pour AD », disponible sur le site NLPF.

http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article156

Ce clip est realise par les collectifs du sud avec la voix de Charlie Bauer. Les cinemas Utopia ont deja accepte de le diffuser. Contactez les lieus « culturels » ou militants que vous connaissez. Theatres, salles de concert, MJC, cafes pour qu’ils le diffusent. Contactez egalement les
groupes de musique, le DJ, les sound systems, les compagnies de theatre, les teles  et les
radios. En bref contactez toutes celles et ceux susceptibles d’en faire une diffusion publique.

- Inciter tous vos contacts, tous vos camarades, vos correspondants a s’inscrire
sur la liste de diffusion de NLPF, soit en cliquant sur la rubrique
«newsletter» sur notre site, soit directement a

http://listes.samizdat.net/sympa/subrequest/nlpf-infos

décembre 10, 2006

Clip pour la libération des prisonniers d’Action directe dit par Charlie Bauer

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 2:42

clickez sur le lien ACTION DIRECTE

 

décembre 6, 2006

Assemblée-débat contre l’extradition de l’étudiant de Paris 8 Angelo D’Arcangeli et de ses camarades (Giuseppe Maj et Giuseppe Czeppel).

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 11:16
Vendredi 8 decembre à 19h00 aura lieu au CICP (21ter rue Voltaire, metro rue des Boulets, Paris) une assemblée pour dénoncer les tentatives des autoritées francaises et italiennes d’extrader Angelo et ses deux camarades. 
Cette assemblée sera l’occasion de discutions pour clarifier cette affaire et renforcer la campagne de solidarité vis-à-vis de cette violation des droits politiques, qui met en cause les libertés de tous.
La discution portera de manière plus générale sur les multiples cas de violation des droits politiques en Europe mais aussi du renforcement des mesures repressives contre les mouvements sociaux.

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