RAP CONSCIENT

avril 30, 2007

rassemblement le 1er mai

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:59

1er MAI, JOURNEE INTERNATIONALE DE LUTTE DES TRAVAILLEURS

EXIGEONS LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES REVOLUTIONNAIRES !

Nous vous donnons rendez-vous boulevard Voltaire, devant l’église
Saint-Ambroise
(métro Saint-Ambroise, L9) à partir de 13 h.

Le Collectif « Ne laissons pas faire ! », le Collectif pour la
libération de Georges Ibrahim Abdallah » et le comité « Liberez-les ! » vous
appellent à participer avec eux à la manifestation de ce 1er Mai 2007 à Paris afin
d’accentuer l’action pour la libération de nos camarades.

Cette mobilisation revêt cette année une importance toute particulière
car elle s’inscrit dans le cadre de la campagne “20 ans d’incarcération, 20 ans
de résistance” des militant-e-s d’Action Directe, entre les deux tours de
l’élection présidentielle et à la veille de la décision pour la demande
de libération conditionnelle de Nathalie Ménigon.

Collectif Nlpf!
nlpf@samizdat.net

avril 25, 2007

CALAVERA

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 6:48

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CALAVERA : mc basé sur Saint-Etienne (42). Membre du collectif MARY READ avec Mina et Nergal. Beau gosse qui adore boire ton rhum te sucer le cerveau à la paille et éleveur de chats enragés. Maitre en matière de cuisine japonnaises et relou de contoir dont le little soba et l’entrepots qui sont deux de ses lieux respectifs ou il passe la moitié de sa semaine avec ses compagnons qui sentent mauvais et qui font une association de Punk Rockers du nom de La France Pue. Il ne respectent ni l’état ni les flics et il kiffe les clips de Booba et il a un 45 tours original de TRUST. Il se rase que rarement et a des affinités avec le mouvement des jeunes skinheads antifas parisiens et a toute la collec des disques de la Brigada. Un bon gars avec une bonne attitude DIY et qui sait donner la rage et de l’émotion dans ses textes. A ne rater en live sous aucun prétexte mais cache ta weed sinon il te la fumera toute.

Tracklist « A travers spleen et mascarades »

Aucun Bandage
Sorti-e-s de l’ombre
Epaule cassée
Résonance de fin de monde (feat Trauma)
Comment ils font ?
Vision atone
On joue aux missiles (feat Piloophaz)
Introspection
Spleen
Forteresse
2004, dehors il pleut
J’observe
La route, la fin, la mort, la haine, la vie, l’envie
Nous sommes
A travers spleen et mascarades

1er Mai / Solidarité

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 4:49

1er MAI, JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE DES TRAVAILLEURS

TOUS À PARIS POUR EXIGER LA LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES RÉVOLUTIONNAIRES, ANTI-IMPÉRIALISTES… !

Le collectif « Ne laissons pas faire », le collectif pour la « Libération de Georges Ibrahim Abdallah » et le comité « Libérez-les ! » vous proposent de manifester à Paris ce 1er Mai 2007 afin d’accentuer la mobilisation pour la libération de nos camarades.

Cette invitation revêt cette année une importance toute particulière car elle s’inscrit dans le cadre de la campagne « des 20 ans d’incarcération » des militant-e-s d’Action Directe, en pleine campagne de l’élection présidentielle.

Les initiatives se sont multipliées depuis la fin février :
Rassemblements devant les prisons le 24 février.
Rassemblement jeudi 1er mars devant la direction de l’Administration pénitentiaire (comme chaque premier jeudi du mois et les 4es samedis devant la prison de Bapaume)
Conférences de presse à la Bourse du Travail de Paris, à Lille et à Arras.
Nombreux concerts de soutien, tant en province qu’à Paris.
Plusieurs meetings régionaux et un à Paris.
Une cinquantaine de projections des films Ni vieux ni traîtres et Joëlle Aubron : retour sur mon passé militant
Diffusion massive de tracts lors des meetings politiques.
Dépôt d’une pétition ayant recueilli plus de 6 500 signatures à la chancellerie, où nous étions accompagnés par des représentants de l’ensemble des forces politiques et associations « de gauche » à l’exception du Parti socialiste.

Lundi 2 avril, s’est tenue l’audience d’une nouvelle demande de libération conditionnelle pour Nathalie Ménigon. Pendant une heure trente de « visioconférence » le président a instruit exclusivement à charge, allant jusqu’à douter de la capacité de Nathalie à travailler en rai-son de son handicap. Un souci pour son état de santé que n’avaient pas eu les magistrats lors de ses demandes de suspension de peine pour raison médicale ! Passons les arguties juridiques, elles n’étaient là que pour le décor et furent balayées par Nathalie Ménigon et son avocat. Il est évident que la décision de libération, pour quelque raison que ce soit, d’un ou une militante d’Action directe ne sera pas prise à un niveau juridique mais politique. La décision pour Nathalie sera rendue le 25 avril 2007… avant le deuxième tour de l’élection présidentielle.

Quelle que soit l’issue des élections présidentielles, il faudra encore accentuer la mobilisation pour la libération de nos camarades. Le durcissement de la législation dite « antiterroriste », les discours ultra-sécuritaires des principaux candidat-e-s, une extrême droite en embus-cade, sont autant de raisons de nous mobiliser. Les prisonniers politiques, otages de la bourgeoisie, seraient parmi les premiers à faire les frais d’un nouveau « coup à droite » du pouvoir issu des urnes.

Le 1er Mai, la manifestation parisienne sera l’expression de la mobilisation des travailleurs à travers les multiples conflits sociaux qui ont émaillé cette campagne. En première ligne, ceux de PSA-Aulnay, en grève depuis le 28 février. Il sera aussi l’occasion de faire converger tous ceux qui luttent aujourd’hui contre la politique raciste de Sarkozy et sa clique : (collectifs de sans papiers, Réseau éducation sans fron-tières, etc.)

Mais au-delà des aspects spécifiques à l’actualité française, c’est dans le cadre d’une répression tous azimuts qui frappe ceux qui relèvent la tête, combattent le capitalisme en France, en Europe et dans le monde, que se situent les enjeux de cette mobilisation.

La mobilisation doit être forte pour la libération immédiate de Nathalie Ménigon et de ses camarades, de Georges Ibrahim Abdallah et de tous les prisonniers politiques révolutionnaires, elle doit être visible dans cette manifestation ! A travers celle-ci, c’est l’ensemble des camarades qui croupissent dans les geôles impérialistes que nous défendons.

Les libérations de la camarade Brigitte Mohnhaupt, militante de la RAF, ainsi que celle de Filipe Bidard, militant d’IK, ouvrent un espoir pour tous nos camarades emprisonnés, militants basques et corses dans l’État français, du PCE (r), des GRAPO et de l’ETA en Espagne, sans oublier les Tamouls et les Kurdes, et les nombreux camarades turcs emprisonnés dans leur pays et divers États européens (plus de 10 d’entres eux sont dans les prisons françaises).

Ce sera également l’occasion de dénoncer le blitz « antiterroriste » organisé en Italie le 12 février dernier, six jours avant la manifestation de Vicenza contre l’extension de la base américaine de Dal Molin. De multiples perquisitions et arrestations de camarades, syndicalistes, mi-litants des centres sociaux et communistes révolutionnaires ont été effectuées dans tout le pays avec la complicité de la « gauche » institu-tionnelle. Plusieurs camarades sont toujours incarcérés et placés à l’isolement.

Sans oublier : la justice expéditive et partiale, contre les jeunes des quartiers populaires et ouvriers ; les camarades du (n)PCI pourchassés par la justice française ; les étudiants et les militants syndicaux, victimes de la répression arbitraire à cause de leur engagement dans un syn-dicalisme de combat.

Les valeurs communes que nous défendons toutes et tous, quel que soit le pays où nous sommes, sont l’INTERNATIONALISME et la SOLIDARITÉ de CLASSE !

LIBÉRONS LES MILITANTS D’ACTION DIRECTE !

LIBÉRONS GEORGES IBRAHIM ABDALLAH ! …et tous les autres !

LA SOLIDARITÉ EST UNE ARME !

libérez George !!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 4:43

Georges Ibrahim Abdallah hospitalisé depuis 3 semaines dans des conditions dignes des quartiers d’isolement. [23 avril 2007]
Georges Ibrahim Abdallah, prisonnier politique emprisonné en France depuis 1984, a été hospitalisé d’urgence le 3 avril 2007 pour des problèmes pulmonaires. Il est depuis détenu/hospitalisé à l’unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de Toulouse.

L’état de santé de Georges Ibrahim Abdallah a nécessité plusieurs drainages et une opération avec anesthésie totale. Selon l’administration pénitentiaire, ses jours ne semblent pas en danger. Cependant les médecins multiplient les examens.

Et le personnel pénitentiaire multiplie le harcèlement…

Quelques exemples : Une des rares personnes ayant le droit de visiter Georges Abdallah a demandé en début de semaine un parloir avec lui pour le samedi. Il lui a été répondu que ce n’était pas la peine puisque Georges devait sortir le vendredi. Cette information délibérément délivrée, était totalement fausse.
Une autre se déplaçant de Paris n’a pu avoir confirmation d’un parloir que le vendredi soir pour le samedi en début après-midi. Ces parloirs accordés au compte-goutte ne durent qu’une demi-heure. Qu’importe s’il faut traverser la France pour visiter le patient. Et impossible d’obtenir une prolongation, ne serait-ce que d’une demi-heure, malgré la promesse faite au téléphone.

Impossible de faire passer à Georges des livres, des timbres, des cartes postales, une carte téléphonique, du papier, un crayon. Tout cela doit être acheté par le détenu… à l’administration pénitentiaire… mais comme il n’est pas possible non plus de lui déposer de l’argent, il ne peut ni écrire, ni téléphoner et les visites lui sont quasi interdites.

Cet isolement qui n’ose dire son nom est insupportable !

Sa famille habitant au Liban a cherché à avoir de ses nouvelles en téléphonant et en faxant à l’hôpital. Aucune réponse e lui a été faite ! Et nous pourrions multiplier ces exemples avec des faits plus graves.

Vingt trois ans après son arrestation, Georges Ibrahim Abdallah, même hospitalisé, continue à subir le harcèlement de l’État français.

Rappelons quelques faits :

Les autorités françaises arrêtent Georges Ibrahim Abdallah le 24 octobre 1984. Son incarcération est motivée par la détention de vrais-faux papiers d’identité. Il est condamné à quatre années d’emprisonnement le 10 juillet 1986, pour étention d’armes et d’explosifs.
Quelques jours avant sa libération, la DST annonce la « découverte » d’une arme dans un appartement loué en son nom, prétendant que celle-ci avait été utilisée dans l’attentat contre le colonel Charles Ray agent de la CIA, et l’agent du MOSSAD Yakov Barsimantov. Le 1er mars 1987, les autorités françaises jugent une seconde fois Georges Ibrahim Abdallah sur la base de cette saisie miraculeuse. Le procureur général requiert une peine de dix ans d’emprisonnement. Un verdict de condamnation à perpétuité est prononcé.

En 1987 dans un livre confession, Jean-Paul Mazurier, avocat de Georges Ibrahim Abdallah reconnait avoir été aux ordres des services secrets français et rétribué par ceux-ci!!!

En novembre 2003, la juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau autorise sa libération. Sur ordre du ministre de la Justice le procureur général de Pau fait appel et Georges Abdallah reste emprisonné.

Depuis chaque nouvelle demande est systématiquement refusée.

Georges Ibrahim Abdallah est libérable depuis 1999. Une nouvelle demande de libération conditionnelle est en cours. Son dossier est recevable, puisqu’un juge en 2003 avait déjà accepté sa mise en liberté. S’il est libéré, Georges Abdallah accepte de retourner vivre au Liban. Il ne représente donc pas un risque de trouble à l’ordre public en France. Son hospitalisation montre également que son état de santé n’est pas compatible avec un maintien en détention.

Un nouveau rejet ne serait qu’une preuve supplémentaire du harcèlement dont fait preuve l’État français à l’encontre de Georges Ibrahim Abdallah.

Son maintien en détention doit tous nous interpeller.

Georges Ibrahim Abdallah doit être libéré sans délais.

Paris le 23 avril

avril 16, 2007

A lire…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:41

ann-Marc Rouillan
*DE MEMOIRE - Tome 1*
Les jours du debut: un automne 1970 a Toulouse

Certains jours de bagarre, apparaissaient sur le campus de petites vieilles, un vol noir pareil a des etourneaux, toutes en deuil, avec de minuscules chapeaux de pailles et, sur les genoux, un sac a main de cuir verni. Cette fois-la, nous les decouvrimes pres des anciennes arches du patio. Elles etaient cinq, assises sur un muret, serrees les unes contre les autres, cachant leur bouche et leur nez sous des mouchoirs au lisere de violette pour se proteger des gaz lacrymogenes.
“Mesdames, ne restez pas la, vous voyez bien que c’est dangereux…” leur conseilla le bon La Carpe, appuye negligemment sur un manche de pioche.< br> “Merci mon petit, tu es bien agreable, mais tout ce tracas, vois-tu, ça nous occupe…”
Nous partimes en souriant du “ça nous occupe”, persuades d’avoir croise les fameuses “memes qui aiment la castagne” chantees par Nougaro.

Dans ce premier volet “De mémoire”, Jann-Marc Rouillan revient sur la fin de son adolescence, a Toulouse, en 1970. Les premiers amis, premieres amours, premiers camarades, puis les premieres armes ; mais aussi l’occasion de decrire une ville, une epoque, des mœurs et des ideaux qui furent determinants pour celui qui prendra bientot le maquis contre la dictature franquiste.

Jann-Marc Rouillan est incarcere depuis le 26 fevrier 1987 pour ses activites au sein du groupe Action directe. Il est notamment l’auteur de *Je hais les matins* (Denoel, 2001) , *Lettre à Jules* (Agone, 2004), *La Part des loups* (Agone, 2005) et *Le Capital humain* (L’Arganier, 2007).

Collection “Memoires sociale”
Format 12*21 cm
208 pages, 14 euros

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Dans le premier volume de son autobiographie, l’activiste Jann-Marc Rouillan revient sur l’origine de son engagement politique: Toulouse dans les années 1970 et l’antifranquisme.

Frédéric Deshusses

L’automne 1970 fut pour Jann-Marc Rouillan une période d’activisme frénétique au sein du groupe autonome Vive la Commune et le moment de son entrée dans un mouvement de résistance armée au franquisme. Membre du groupe Action directe, aujourd’hui incarcéré, Rouillan raconte ces «jours du début» dans la première partie de ses mémoires qui paraît en ce moment chez l’éditeur marseillais Agone.

Les souvenirs de la guerre d’Espagne et de la résistance française au régime de Pétain baignent le récit de cette année 1970. Ils trouvent un double prolongement dans le présent toulousain du jeune Rouillan. D’une part, le combat contre le fascisme continue en Espagne et René Bousquet, haut-fonctionnaire de Vichy et organisateur de la rafle du Vel’ d’Hiv, plastronne à la direction de La Dépêche du midi. D’autre part, au hasard de rencontres dans cette «capitale de l’Espagne républicaine» qu’est Toulouse, la mémoire militante s’incarne: «Nous allions de plus en plus chez les vieux, écrit Rouillan, en particulier chez Théophile [...] qui nous racontait le 19 juillet 1936, les batailles d’Aragon et les camps allemands». Ces rencontres et l’histoire qu’elles charrient sont déterminantes parce qu’elles conduisent Rouillan à un point où prendre les armes est non seulement envisageable idéologiquement, mais surtout réalisable concrètement. C’est en effet un groupe d’exilés espagnols qui forme Rouillan et son camarade Enric Olle aux techniques de la clandestinité – vol de voitures, armes, fabrication de faux papiers – puis les met en contact avec un réseau antifranquiste. Commence alors l’aventure du Mouvement ibérique de libération (MIL), un groupe de résistance armée antifasciste et anticapitaliste. C’est sur les débuts de ce mouvement que se clôt ce premier tome.

Le prélude à cet engagement c’est, pour Rouillan et Olle, le groupe Vive la Commune qu’ils fondent avec Henry Martin autour du pavillon dans lequel ils cohabitent. En marge des organisations, tenu à distance par les services d’ordre dans les manifestations, Vive la Commune pratique l’action directe: émeutes, jets de cocktail Molotov, attaque des bureaux de l’association des étudiants en droit… Et à Toulouse en 1970, les occasions ne manquent pas, comme lors de cette journée d’émeute à l’université qui marque, selon Rouillan, l’apogée et le terme de l’existence du groupe autonome.

La publication de ce volume vient tirer le l’oubli la part française d’une histoire européenne: celle de la violence révolutionnaire à la fin des Trente Glorieuses. Si le retour en Italie d’Oreste Scalzone ou la libération de Brigitte Mohnhaupt donnent lieu à des épanchements médiatiques, force est de constater que les militants d’Action directe, toujours incarcérés, restent relativement épargnés par ces sursauts de mémoire. Non qu’on leur souhaite d’avoir, comme Cesare Battisti, le soutien de Bernard-Henri Lévy, mais il ne paraît pas inutile de se souvenir dans quelles circonstances des groupes ont fait le choix des armes. Loin des chromos qui font de Mai 1968 une agitation étudiante rigolade et vaguement libertaire, l’ouvrage de Rouillan éclaire l’articulation de l’élan de révolte de Mai avec la tradition de résistance armée au fascisme.

Auteur de plusieurs autres textes et de chroniques carcérales pour le journal CQFD, Rouillan veut «écrire autre chose» que «les biographies que [s]es contemporains consacrent à leur tourisme révolutionnaire post soixante-huitard» et qui «l’emmerdent tant». Il est clair que le militant ne vient pas présenter ses excuses, en cela déjà il se distingue. Surtout, avec ces souvenirs de 1970, il montre une fraction de l’extrême-gauche qui est ignorée des historiens et des biographes. Vive la Commune n’est en effet pas une organisation bien structurée produisant textes et luttes de pouvoir internes. Ce que raconte Rouillan, c’est une manière de vivre contre l’ordre social, l’activisme n’étant alors en rien séparé du reste de la vie. Il est ainsi significatif que le noyau du groupe partage le gîte et le couvert dans ce pavillon commun.

Une large part des récit publiés sur les années 1970 proviennent au contraire de militants actifs dans des organisations très structurées – qu’on pense à Tigres en papier où Olivier Rolin retrace son passage au sein de la Gauche prolétarienne. La mémoire du milieu autonome est une mémoire fragile, d’une part parce que ces groupes éphémères et locaux se souciaient peu de laisser des traces et d’autre part parce que ceux qui composaient ce milieu n’ont pas accédé à des positions de pouvoir légitimant leur témoignage public. Ce récit des «jours du début» – qui profite de notes explicatives et d’un très utile glossaire – contribue à sauver un peu de cette mémoire.

Jann-Marc Rouillan, De mémoire 1: Les jours du début, un automne 1970 à Toulouse, Agone, 2007, 208p.

avril 12, 2007

PEINE DE MORT EN PRISON = CRIME D’ÉTAT ! LIBÉREZ GEORGES ABDALLAH !

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:40

Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais emprisonné en
France depuis 1984, a été hospitalisé d’urgence en soins intensifs mardi 3
avril. Son avocat, ayant appris la gravité de sa maladie (un pneumothorax), a
décidé d’aller rapidement le voir à l’hôpital. Il lui faudra batailler avec
l’administration pour obtenir l’autorisation de rencontrer son client.
Georges Abdallah n’a pas de famille en France qui puisse lui rendre visite.

Georges Abdallah a fini de purger la période de sûreté assortie à sa
peine et est donc légalement libérable depuis 1999. En novembre 2003, la
juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau autorisait sa libération.
Sur ordre du ministre de la Justice de l’époque, Dominique Perben, le
procureur général faisait appel de cette décision. La juridiction nationale de
libération conditionnelle rendait son verdict le 15 janvier 2004, décidant le
maintien en prison de Georges Ibrahim Abdallah. Depuis, chaque demande de
libération est systématiquement rejetée. Il est manifeste que les décisions prises par
la justice française dans ce dossier sont de nature exclusivement
politique A l’approche du quart de siècle d’emprisonnement de Georges Ibrahim
Abdallah, qu’est-ce qui peut justifier son maintien en détention ? Rien… si ce
n’est la volonté de plaire aux sionistes et aux impérialistes étatsuniens.

« Peine de mort en prison : crime d’État ! ». Ce slogan, répété
inlassablement le premier jeudi de chaque mois devant la direction de l’Administration
pénitentiaire à Paris, lors des rassemblements demandant la libération
des militants d’Action directe, n’est que le constat d’une sinistre
réalité.

Joëlle Aubron est ainsi décédée le 1er mars 2006, après plus de 17 ans
d’incarcération, d’un cancer trop tardivement soigné. Lors de sa
détention, elle a subi une hospitalisation quasi clandestine sans que sa famille
ne soit informée, attachée par des menottes au lit d’hôpital. Alors que le
pronostic vital était probablement déjà engagé, une première demande de
suspension de peine au titre de la loi Kouchner lui fut refusée. Il fallut une forte
mobilisation extérieure (avec notamment l’occupation du siège de
l’Ordre des médecins) et malheureusement un état de santé se détériorant, pour
qu’enfin la suspension de peine lui soit accordée. Quelques semaines avant son
décès, Pascal Clément, ministre de la justice osait déclarer : « Quand
j’entends que d’anciens terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés,
alors qu’ils étaient, disait-on, à l’article de la mort…, cela m’est
insupportable.» A propos de l’application de la loi Kouchner, il ajoutait : « Pour
moi, cela concerne avant tout les personnes dont l’espérance de vie ne dépasse
pas quelques semaines. »

La mort de Joëlle Aubron a-t-elle assouvi le désir de vengeance de ces
commis de l’État ? Non !

Nathalie Ménigon, emprisonnée depuis plus de vingt ans, a été victime
de plusieurs accidents vasculaires cérébraux. Deux, trois ? Nul ne sait.
La « médecine » carcérale n’a jamais su se prononcer. Pour Joëlle Aubron,
c’est un médecin légiste qui avait été nommé expert pour statuer sur la gravité
de son cancer ! Quoi qu’il en soit, pour la justice Nathalie Ménigon est trop
handicapée pour travailler et donc pour bénéficier d’une libération
conditionnelle et pas assez handicapée pour bénéficier d’une suspension
de peine.

Pour l’État, prison à perpétuité signifie prison jusqu’à ce que mort
s’ensuive.

L’acharnement de l’État contre les prisonniers révolutionnaires est
insupportable, comme est insupportable son indifférence criminelle pour
les prisonniers malades, comme est insupportable la violence de sa
vengeance à l’encontre des longues peines.

Les dictatures fascistes répriment violemment à visage découvert. Les
démocraties bourgeoises, elles, se camouflent derrière un soi-disant
respect des droits de l’homme. Mais leur toute-puissance au service de leur
haine est sans retenue contre ceux qui s’attaquent à leur ordre. Action directe
justifiait ses actions en affirmant qu’il ne fallait pas laisser le
monopole de la violence à l’État. Aujourd’hui l’État vainqueur, pour un temps, se
venge à perpétuité contre les prisonniers révolutionnaires.

Ne laissons pas faire ! Sans relâche, nous devons dénoncer ce crime
d’État qu’est la nouvelle peine de mort lente en prison pour les condamnés à
perpétuité et agir pour que cesse cette infamie.

Paris, le 11 avril 2007
Collectif « Ne laissons pas faire ! » (nlpf@samizdat.net)
Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
(liberonsgeorges@no-log.org)

avril 7, 2007

Cinq militants d’extrême gauche menacés d’extradition

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 1:09

Mis en examen pour « association de malfaiteurs », trois Italiens et deux Espagnols recomparaissent aujourd’hui.

Le 17 janvier, l’audience s’est terminée en bataille rangée. La présidente du tribunal, qui espérait commencer le procès en dépit de l’absence des avocats, a fini par jeter l’éponge et a appelé la gendarmerie en renfort. Angelo D’Arcangeli, jeune leader maoïste italien, a été sorti manu militari, suivi par une quarantaine de sympathisants. Poursuivis pour « association de malfaiteurs » et « détention et fabrication de faux papiers », cinq militants ­ trois Italiens et deux Espagnols ­ recomparaissent aujourd’hui, tous préoccupés par des menaces respectives d’extradition. Pour l’heure, seul José Antonio Ramon Teijelo, placé sous écrou extraditionnel, est réellement visé par un mandat d’arrêt européen. Il aura 60 ans, jeudi. « Les Espagnols prétendent que mon client aurait été le chef du Grapo [Groupe de résistance antifasciste du premier octobre] entre 1998 et 2002, et qu’il aurait participé à un attentat contre une radio barcelonaise, rapporte son avocat, Me Ambroise Colombani. Or il a été contre la lutte armée, et même viré du parti dont se réclame le Grapo en 1998. » Le 17 janvier, la présidente a rajouté que l’Espagnol était soupçonné de l’enlèvement et de l’assassinat d’un industriel espagnol. Surprise de l’avocat : ces charges ne sont pas mentionnées sur le mandat européen.

Clandestinité. « Ça va faire un an et demi qu’il est détenu pour une affaire de faux papiers, commente Me Colombani. Il faut bien trouver une justification. On a voulu en faire une espèce d’internationale. » L’affaire avait débuté par un tuyau des renseignements généraux, en juin 2003. Filochés et photographiés à Paris, deux premiers Italiens, Giuseppe Maj et Giuseppe Czeppel, sont arrêtés avec de faux papiers et du matériel pour en fabriquer. Relâchés après six mois de détention, ils replongent dans la clandestinité, et sont repris en mai 2005. En octobre, Ramon Teijelo, qui leur prodiguait des conseils logistiques, et sa compagne Manuela, qui avait loué leur planque, sont arrêtés à leur tour. Tous sont mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ».

Gros poisson. Le juge Jean-Louis Bruguière croit tenir un gros poisson en la personne de Giuseppe Maj, 67 ans, leader du Nouveau parti communiste italien (NPCI), déjà poursuivi à six reprises pour « association subversive » depuis la fin des années de plomb, mais jamais condamné. Maj se déclare « étranger à toute activité terroriste ». Il n’a choisi « la clandestinité » qu’à cause de la « persécution des autorités italiennes ». Celles-ci envoient d’ailleurs à Bruguière des commissions rogatoires qui font état d’investigations sur les attentats commis par les Nouvelles brigades rouges, les meurtres de Massimo D’Antona en 1999 et de Marco Biaggi en 2002. Mais rien ne rattache le NPCI aux brigadistes dont il a d’ailleurs condamné la « dérive militariste ». N’empêche, « un groupe franco-italien sur les menaces graves » réunit, en 2004, le juge Bruguière et des magistrats italiens pour mieux cibler le groupe Maj. Sans succès.

En octobre 2006, le juge antiterroriste, Gilbert Thiel, délivre finalement un « non-lieu » pour l’activité terroriste. Mais le dossier français a été intégralement transmis à Bologne. « Les Italiens attendent en coulisses la fin du procès, pour demander l’extradition », assure Me Isabelle Coutant Peyre. Le procès doit durer trois jours.

Concert le 20 avril à Bordeaux (la k-bine/kiddam/atk…)

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 1:00

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RESISTONS ENSEMBLES

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:58

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