RAP CONSCIENT

octobre 29, 2007

Concert pour la PALESTINE

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:25

ssi-hip-hop-2007.jpg

Dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale (du 17 au
25 novembre)

PALESTINE
CONCERT HIP HOP

SOIREE DE SOLIDARITE AVEC LE CENTRE AL-FENEIQ (PALESTINE)
AU CICP, 21TER RUE VOLTAIRE, PARIS 11e
(Métro: Rue des Boulets ou Nation)

Le Dimanche 25 novembre 2007 - à partir de 17h

AVEC :
- PHELBS - PENSÉE URBAINE
- LA K-BINE
+ DJ Oriental & Initiation Dabké

+ Projection de films sur la Palestine (issus d’un projet de
l’association www.regardeavue.com )et rencontre avec une délégation de
jeunes palestiniens du camp de réfugiés de Deihsheh.

Pour plus d’info:
0143 72 15 73 - info@cicp21ter.org - www.cicp21ter.org

octobre 28, 2007

A lire (pris dans le blog “l’internationale”) “L’assassinat de Georges Jackson”

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 7:11

Ce texte est est la préface de la brochure l’Intolérable No 3 (Gallimard), brochure du Groupe Information Prison (G.I.P).

On parle aujourd’hui encore de Mumia, parce que Mumia, militant des Black Panthers, continue un combat de chaque instant contre sa mort annoncée et voulue par l’Etat américain. On parle aujourd’hui de deux jeunes brûlés en Francedans un transfo parce que les jeunes se sont révoltés à la suite de leur mort. On parle encore de Malik Oussékine ou de cet homme jeté dans la Seine parce que nous voulons les garder en mémoire. Et l’on parle encore de ceux qui meurent, sont emprisonnés, vivent dans la pauvreté parce qu’ils sont des ghettos et de ceux qui luttent et résistent, de ceux qui les soutiennent, parce ce que le capitalisme n’en finit pas de diviser, d’opprimer, d’exploiter et de tuer ceux qu’il perçoit comme ses “minorités”.

George Jackon, aura, dans les années 60 et 70, été de cet air rouge qui forma nos consciences de militants. Le livre de ses lettres, “Les frères de Soledad”, aura irrigué nos pensées, la pensée révolutionnaire. De Puig Antich à George Jackson, des camarades de Stammheim aux Irlandais morts en grève de la faim, c’est toute une histoire, notre histoire, qui s’est écrite dans la révolte, le combat et pour certains avec “Devant leurs yeux la mort”. Dans les années 70, en France, le Groupe Information Prison (G.I.P.) a beaucoup fait pour la prise de conscience de ce que cachent les barreaux de notre société. Les brochures, l’intolérable 1 - Enquête dans 20 prisons -, Intolérable 2 - enquête dans une prison-modèle: Fleury Mérogis - et ce numéro 3 “L’assassinat de George Jackson” ont été des témoignages accusateurs et mobilisateurs. Et puis il y a cette préface de Jean Genet. Jean Genet, angoisse des bourgeois, des “petits” penseurs de tous horizons, Jean Genet qui s’inscrira avec force dans la lutte pour la Palestine.

Si linter reprend cette préface, c’est afin que chacun ait en mémoire, la lutte des Black Panthers, le combat au quotidien de groupes comme le G.I.P. et aille lire, relire Genet. Ce texte est dédié à Georges Ibrahim Abdallah, communiste libanais emprisonné depuis plus de 23 ans et dont la dernière demande de libération conditionnelle vient d’être refusée (Pour toute info, le blog libéronsgeorges.over-blog.com)

“Il est de plus en plus rare en Europe qu’un homme accepte d’être tué pour les idées qu’il défend. Les noirs en Amérique le font chaque jour. Pour eux “la liberté ou la mort” n’est pas un slogan de mirliton. En entrant dans le Black Panther Party, les noirs savent qu’ils seront tués ou qu’ils mourront en prison. Je vais parler d’un homme célèbre maintenant, George Jackson, mais si le tremblement provoqué en nous par sa mort n’a pas cessé, nous devons savoir que tous les jours de jeunes noirs anonymes sont abattus par la police ou par des blancs dans la rue, d’autres sont torturés dans les prisons américaines. Morts, ils survivront parmi nous - ce qui est peu - mais ils vivront parmi les peuples écrasés par le monde blanc, grâce à la voix retentissante de George Jackson.
Au contraire des Américains,partis victorieux au Vietnam faire la guerre par manque d’idées, qui en reviennent cassés, les noirs entrent dans la prison ou la mort, pour en resurgir vainqueurs. Des multiples tueries de noirs, de la prison de Soledad au massacre d’Attica, assassiné par des tireurs d’élite - d’élite! -, George Jackson se relève, s’ébroue, maintenant illustre, c’est-à-dire lumineux et porteur d’une lumière si vive qu’elle le désigne et désigne tous les Américains noirs.
Qui était George Jackson? Un noir de dix-huit ans emprisonné pendant onze ans pour complicité de vol de soixante-dix dollars. Ecrivain magnifique, un des plus grands écrivains noirs, auteur de lettres éparses qui rassemblées, donnent un livre révolutionnaire. Frère de Jonathan Jackson, qui à dix-sept ans, entra dans le prétoire de San Rafael, libéra trois noirs en se saisissant d’un otage; le juge. Enfin, martyr décidé, c’est-à-dire conscient,assassiné le 21 août dans la cour - ou dans une cellule - de la prison de San Quentin la veille de son jugement.

“Un noir de dix-huit emprisonné pendant onze ans pour complicité de vol.”
George fut condamné par cette sentence étrange: un an de prison ou la prison à vie. Il veut dire que Jackon fut condamné à un an de prison, mais qu’au bout de cette année, il devrait comparaître devant un “parol board” qui décide s’il sera libéré ou retenu. Le “parol board” l’a retenu onze fois et onze ans. Il est évident que les gardiens de Soledad découvraient en lui presque chaque jour, et presque à chaque instant, des mouvements d’indépendance, de fierté insupportable aux blancs, et d’une fierté qu’ils nommèrent arrogance puisqu’elle venait d’un noir. Enfin, dans la solitude et grâce à son avocate Fay Stender, et grâce à Huey.P. Newton, responsable du Black Panther Party, avec qui il communiquait, Jackson s’était politisé avec une rapidité étonnante: trop et trop vite, puisque les gardiens de Soledad dressent contre lui une embuscade. Le 13 janvier 1970, Miller - un autre tireur d’élite - du haut d’un mirador, épaule, vise tire et loupe un détenu blanc mais tue trois détenus noirs qui se bagarraient. Miller ne sera pas poursuivi ni pour meurtre ni pour homicide. Trois jours plus tard, et dans une autre division de Soledad, on trouve agonisant au pied d’un mur, le gardien John Mills, tombé du dixième étage. George Jackon - avec deux autres détenus noirs - est inculpé d’assassinat. On les transfère tous les trois à la prison californienne de San Fransisco.

“Auteur d’un livre révolutionnaire.”
Il est difficile de savoir si Jackson et son livre étaient possibles avant la création du Black Panther Party, si le B.P.P. était possible avant Malcom X, lui-même possible avant les révoltes des esclaves: Nat Turner, Harriet Tubman, Frederick Douglas. Sans s’y attarder, il faut évoquer leurs noms et leurs dévouement, leurs exploits.
Quant au style de ses lettres, Jackson apporte déjà un ton nouveau dans la littérature noire; il ne se réfère plus à l’Ancien testament. Il ne cite ni les Prophètes ni les Apôtres. Il va droit au sarcasme:
“… S’il y avait un Dieu, un tout autre être qui puisse lire en mes pensées, je trouverais cela désagréable à l’extrême …”
“… S’ils voulaient m’atteindre maintenant derrière tous mes retranchements, il faudrait que ce soit avec une balle, et définitif …”
“… J’ai, je l’espère, tué complètement l’esclave en moi ….”

*

“… Ici même à Soledad, un blanc (qui n’a plus maintenant ni nom ni visage) avait poignardé aux douches un noir qui portait le même nom que moi … Ainsi, pour une simple raison d’erreur d’identité, on s’attendait à ce que les Mexicains me fassent mon affaire …”
“Comme vous le voyez, la plupart des détenus sont des malades, mais qui a créé le monstre en eux?”
“… Les prisons des Etats-Unis sont le dernier refuge des crétins. Les détenus sont des ratés, mais au moins, ils cherchaient quelque chose …”
“… Les interdits sont levés quand on passe les portes des prisons. Leur comportement (des gardiens) subit alors une métamorphose: ils peuvent enfin torturer, satisfaire leur délire. Et on les paie!”

*
“… Ce nègre n’est vraiment pas content; je ne pardonnerai jamais, je n’oublierai jamais, et si je suis coupable de quelque chose, c’est de ne pas les avoir assez traqués. C’est la guerre sans merci.”
“Que faire avec ces salauds pervertis, malsains, avides, qui veulent projeter leur ombre partout, manger à toutes les tables, qui régentent le monde avec leurs diktats racistes et leur doctrine agonisante des monopoles et des puissants groupes de pression, et leurs flics bâfreurs d’ordure qu’ils emploient à tirer sur ceux qui protestent?”
“Guerre populaire, lutte des classes, guerre de libération signifient lutte armée. Des hommes comme Hoover, Reagan, Hunt, Agnew, Johnson, Helms, Westmoreland, Abrams, Campbell, Carswell sont des hommes dangereux; ils croient dur comme fer qu’ils sont les Führers légitimes de tous les peuples du monde; il faut en finir avec eux immédiatement, Peut-on espérer convertir de tels hommes? Abandonneront-ils leur pouvoir, tant qu’ils seront en vie? Nixon ou Hugh accepteraient-ils un gouvernement populaire, une économie populaire?”
” Ce qui m’intéresse le plus dans la révolution, c’est qu’elle doit opérer au niveau de la famille: les enfants y ont un rôle, les femmes ont autant à faire que les hommes, l’éducation est égale pour tous.”
“J’ai résisté à tous, à ma famille, aux religieuses, aux flics. Je sais que ma mère aime dire à tout le monde que j’étais “un bon petit”, mais ce n’est pas vrai. J’ai été un voyou toute ma vie. Ce sont ces années en prison qui m’ont donné le temps et l’occasion de réfléchir et m’ont incité à réformer mon caractère. Je pense que si j’étais resté dans les rues de dix-huit ans à vingt-quatre ans, je serais probablement un drogué, un joueur de bas étage, ou un macchabée dans un cimetière. “Ils” ne le savent pas et ne l’avaient certainement pas prévu, mais ils sont responsables de ma disposition présente.”

*

“Nous entendons ici des conversations détendues, banales, sur la question de savoir dans quel ordre il faut tuer tous les nègres de ce pays et par quels moyens. Ce qui me dérange, ce n’est pas qu’ils envisagent de me tuer; ça fait bientôt cinq siècles qu’ils “tuent tous les nègres”, et je suis encore vivant. Je dois être le mort le plus récalcitrant de l’univers. Non ce qui me gêne, c’est que dans leurs plans, ils n’imaginent pas une seconde que je vais me défendre. Est-ce qu’ils croient vraiment cette connerie?”
“Les fascistes ont, semble-t-il, une tactique type à l’égard des classes inférieures, et c’est la même dans toute l’histoire de l’oppression. Ils dressent l’homme contre lui-même. Pensez à toutes les petites satisfactions avec lesquelles on peut nous acheter, pensez au détenu coupable d’un crime “capital” et partisan de la peine de mort! Je jure avoir entendu quelque chose de comparable aujourd’hui même!”
“Après la guerre de Sécession, la forme d’esclavage a changé: nous sommes passés de l’état de cheptel à l’esclavage économique; nous avons été jetés sur le marché du travail, mis en compétition avec les pauvres blancs dans des conditions désastreuses pour nous; depuis ce moment-là, notre principal ennemi peut être défini et identifié comme le capitalisme. L’esclavagiste était et reste le patron de l’usine, l’homme d’affaires, le responsable de l’emploi, des salaires, des prix, des institutions et de la culture nationale. C’est l’infrastructure capitaliste de l’Europe et des Etats-Unis qui est responsable du viol de l’Afrique et de l’Asie. Le capitalisme a assassiné trente millions d’hommes au Congo. Croyez-moi, ils n’auraient pas gâché toutes ces balles si ça ne leur avait pas rapporté quelque chose! Tous ces hommes qui sont allés en Afrique et en Asie, ces parasites meurtriers qui se sont abattus sur le dos de l’éléphant, n’ayant en tête que le mal, méritent bien les insultes qu’on peut leur adresser. La mort n’est que la juste rétribution de leurs crimes. Mais nous ne devons pas laisser les émotions nous envahir, l’écume de la surface brouiller l’image d’ensemble. C’est le capitalisme qui a armé les navires, la libre-entreprise qui les a lancés, la propriété privée qui a nourri les troupes. L’impérialisme a repris la situation là où la traite l’avait laissée. C’est seulement après la fin de la traite que l’Amérique, l’Angleterre, la France et les Pays-Bas ont envahi et occupé pour de bon les terres d’Afrique et d’Asie. A mesure que la révolution industrielle s’affirmait, de nouveaux objectifs économiques remplaçaient les anciens; l’esclavage des plantations faisait place à un néo-esclavage. Le capitalisme arrimait les navires et ravitaillait les troupes. Il va de soi que c’était l’appât du gain qui l’attirait.

“C’est lui qui construit les clapiers dans lesquels on nous fait vivre. Le profit interdit réparations et entretien. La libre-entreprise a amené dans nos quartiers ses chaînes de magasins à monopole. La propriété privée a installé dans nos rues et nos maisons des légions de flics stupides à la détente facile. Ils sont là pour protéger l’entrepreneur, “sa” chaîne de magasins, “sa” banque, “ses” immeubles. Si l’homme d’affaires décidait qu’il ne veut plus nous vendre de nourriture parce que, supposons, le dollar yankee, que nous chérissons tant, a tout à coup perdu ses derniers trente sous de pouvoir d’achat, la seule manière pour le peuple de manger serait d’enfreindre la loi.”
*
“Le capitalisme noir, c’est le noir contre lui-même. La contradiction la plus absurde d’une longue série d’abandons et de folies. Un autre remède sans douleur de dernière extrémité: être plus fasciste que le fasciste lui-même. Sylvester Brown est prêt à mourir, ou à voir mourir nos fils, pour des contrats de balayeur. Bill Cosby joue un rôle d’espion fasciste; quel message apporte-t-il à nos fils? Un message infantile! Ce méprisable individu et son acolyte leur enseignent le credo de l’esclavage, la version “nouvelle vague” du vieux serviteur nègre. Nous ne pourrons avoir confiance tant qu’il y aura des gens comme ça. Ils font partie de la répression autant, si ce n’est plus, que le vrai flic. Ne disent-ils pas à nos enfants qu’il est romantique d’être un chien couchant, Les gosses sont si contents de voir un noir tirer et se battre qu’ils ne peuvent s’empêcher de s’identifier à ce collaborateur de l’ennemi. Le fasciste s’empare de tous les facteurs latents de division et les met en action: racisme, nationalisme, religion.”

*
“Je suis né avec un cancer incurable, un mal pernicieux et suppurant qui m’a attaqué juste derrière les yeux et n’a cessé de s’étendre pour détruire ma paix. Il m’a volé ces vingt-huit années. Il nous a volé à tous bientôt cinq siècles. Le plus grand criminel de tous les temps. Nous devons l’arrêter maintenant.”
“Maman noire, il va falloir que tu cesses de fabriquer des lâches: “sois bien gentil”, “je vais être si inquiète, mon petit”, “ne te fie pas à ces nègres”, “ne te laisse pas faire par ces mauvais nègres, mon petit”., “gagne bien de l’argent, mon petit”. Maman noire, ton souci exagéré de la survie de tes fils se paie de la perte de leur humanité.”

“Frère de son frère Jonathan.”
L’affection qui unissait George à Jonathan s’était, chez le premier, tissée durant de longues heures de solitude. George avait laissé derrière lui un frère de sept ans, un enfant auquel il ne cessera jamais de s’intéresser, mais la distance est très grande entre la maison où vit Jonathan et la cellule de George. On peut se demander si George savait très bien qui était son frère, mais il fut brusquement rapproché de lui quand il sut qu’il était devenu un familier d’Angela Davis, ensuite presque confondu avec lui quand il apprit l’action incroyable de Jonathan: la tentative de sauvetage vraiment héroïque, de trois camarades noirs à la cour de San Rafael, le 7 août 1970.
Je pense qu’il ne faut pas refuser aux révolutionnaires, quand elle leur devient nécessaire, cette sorte de magnificence de la rêverie et de l’acte, surtout quand celui-ci doit devenir exemplaire, c’est-à-dire quand il sert à montrer avec éclat, le sens d’une vie qui s’est voulue un complet travail contre une fausse fatalité.
“Maintenant, Messieurs, c’est moi qui commande.” Ces mots prononcés dans le prétoire de San Rafael, tout en les laissant à son frère, George semble les reprendre à son compte. Il ne s’agissait pas de s’identifier à Jonathan, au contraire même; si l’admiration que portait Jonathan à George le poussa à l’imiter, Jonathan, mort et mort libre - selon le “suicide révolutionnaire”, expression de Newton -, à son tour George éprouva une admiration pour Jonathan jusqu’au point, semble-t-il, qu’il ait voulu l’imiter. On voit peut-être cette admiration torsadée des deux fils de Georgia Jackson, qui s’entraidaient à devenir un moment de la conscience noire et de la révolution.
A un an de distance, l’histoire accouche dans le sang, de deux gémeaux noirs.

“Le martyr décidé, assassiné par les blancs.”
Les autorités pénitentiaires de San Quentin n’ont pas encore permis de connaître les détails de la mort réelle - je veux dire par arrêt du coeur et abaissement de la température, ce moment où un homme est devenu un corps -, de la mort réelle de Jackson. Dans son livre, dans ses lettres, dans ses conversations, il l’avait annoncée, on peut presque dire prévue, si grande était la haine des gardiens, à son égard et si puissante, “née en moi des coups infligés par cette société de possédants et de miséreux, cette flamme qui ne s’éteindra pas”; quand le directeur de la prison de San Quentin parle d’évasion, cela ne colle pas avec la “logique du vivant”.
Nous avons du mal à penser que si près de son procès, décidé à en faire une tribune politique d’où il pourrait, à son tour, juger l’Amérique, Jackson ait mis au point une tentative d’évasion qui avait si peu de chances d’aboutir - on sait par exemple que Clutchette et Drumgo, ses coaccusés, et Magee, refusèrent de quitter leur cellule - mais son attitude prend un sens, si, pris au piège d’un complot monté contre lui - soit dans les salons de Reagan ou plus près, dans les bureaux du directeur de la prison -, Jackson se voyant cerné, avec peut-être un revolver à la main, a décidé, non de risquer le tout pour le tout comme on l’a écrit, mais de se précipiter vers la cour, où il était sûr d’être abattu par les “tireurs d’élite” (toujours eux) au sommet de deux miradors. Ainsi, comme Jonathan, mais coincé, il s’est décidé librement par la mort au soleil, pour le sacrifice, ou mieux, pour le “suicide révolutionnaire”.

Ces quelques notes sont loin de cerner ou de peindre Jackson qui s’est continué des semaines après sa mort, dès les révoltes d’Attica, de Baltimore, hier mardi 22 septembre, dans celle de la Nouvelle-Orléans.
Le livre de jackson, Frères de Soledad et celui qui va paraître n’ont pas pour but de nous parler de Jackson seul, mais de tous les noirs anonymes enfermés dans les prisons et dans les ghettos. Retenons ceci: le mot criminel, appliqué aux noirs par des blancs, n’a pas de sens. Pour les blancs, tous les noirs sont criminels parce qu’ils sont noirs, ce qui revient à dire: dans une société de blancs, aucun noir ne peut être criminel.
J.G

octobre 27, 2007

Compilation “Purists only” dispo le 19 novembre

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:02

TRACKLIST “PURISTS ONLY”

1) Force Pure feat G-Moni “Aux extrémités de la vie”
2) La K-Bine “Réussir”
3) Fréro “C’est la vie”
4) Originaire du Sud “Mort au Hip-Hop”
5) Sept feat Al-Fami “L’échiquier des espèces”
6) Marshall’Ombre (La Doxa) “Que les choses soient claires”
7) Bazané “Déclin artistique”
8) Eskicit “L’homme révolté”
9) Pizko Mc “Les raisons de ma colère”
10) Demi Portion (Les Grandes Gueules) “Tu veux savoir”
11) Dead Trinity “Au coin d’une rue”
12) Enz “Réveille-toi”
13) Sakage Kronik “Une fois de plus”
14) Sheryo “Putain de B.Boy”
15) Calavera feat Mina “Sur quelle rive?”
16) Skalpel (La K-Bine) & Latypik “Nord / Sud”
17) Mysa “La vérité en face”

1er extrait en ecoute sur le site www.bboykonsian.com

octobre 25, 2007

A propos de Georges Cipriani (communiqué de presse)

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 3:01

vendredi 19 octobre 2007, par NLPF

Georges Cipriani, militant révolutionnaire d’Action Directe, est incarcéré depuis plus de 20 ans. Condamné à perpétuité avec ses camarades Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan pour des actions revendiquées par leur organisation, il a terminé en février 2005 la peine de sûreté de 18 ans assortie à sa condamnation.

Il est donc libérable.

Hospitalisé jadis pour des troubles causés par des années d’isolement carcéral, il est depuis plusieurs années totalement rétabli. Il a même entrepris des études supérieures et passé avec succès plusieurs examens.

L’information fréquemment reprise par certains médias affirmant qu’il souffre de troubles psychiatriques est fausse.

Soit il s’agit d’une erreur résultant de la reprise d’une information vieille de plusieurs années et nous demandons aux journalistes qui la commettent de ne plus la reproduire, soit il s’agit d’un acte délibéré s’inscrivant dans une campagne de dénigrement des militants d’Action directe et nous dénonçons avec force cette campagne.

Depuis plus de 20 ans Georges résiste aux années d’incarcération dans des conditions particulièrement dures et c’est en toute conscience, sans reniement et solidairement avec ses camarades, qu’il reste fidèle à son engagement politique.

Paris le 19 octobre 2007

Collectif “Ne laissons pas faire !”

nlpf@samizdat.net

http://nlpf.samizdat.net

octobre 22, 2007

Texte de JM Rouillan paru dans CQFD

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:28

CQFD 15 octobre 2007
Comme un carré de ciel bleu

Depuis l’aube, je tourne en rond Et au-dessus du poste de télé, le réveil égraine sa litanie chiffrée. Pour tromper mes vieilles habitudes de taulard, j’ai bien essayé de donner le change, mais je n’ai pas pu. Impossible d’écrire une seule ligne. Alors sans conviction, j’ai rangé deux piles de bouquins et un tas de courriers. D’un œil distrait, j’ai feuilleté quelques pages de Cormac McCarthy, une histoire de cow-boys vagabonds et de putes mexicaines. Et j’ai guetté les informations, mais ils n’ont rien dit. Puis j’ai éteint la télévision.

A l’ouverture des portes, je sors sur la coursive et trimballe le sac-poubelle jusqu’au local à l’autre bout du couloir déserté. Les travailleurs sont déjà partis aux ateliers et, à l’étage, seule une poignée d’inoccupés déambule les mains dans les poches. Toujours les mêmes, l’engeance des refuzniks résistant à la carotte de l’esclavage pénitentiaire. Quand je croise leur groupe chuchotant près du radiateur, les gars m’interrogent du regard, mais je n’ai rien de nouveau à leur raconter depuis hier soir. Je passe devant la cellule de Pilou. Encore allongé sur son lit, il m’interpelle : » Ils ont parlé de toi sur France Inter… ». Dans mon dos, Txistor me demande si j’ai bien dormi malgré tout. Sa question me surprend car je ne me sens pas anxieux, ni même nerveux. Juste déstabilisé par l’inquiétude. Ma survie de longue peine prend l‘eau pareille à un fragile esquif chaviré par un récif. Le Chibani m’invite à descendre en promenade. De toute manière, il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre. Dans l’escalier, je serre quelques mains. Il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ou font comme si. Au rez-de-chaussée, Nino, le sicilien, me lance un signe de connivence en serrant son poing sur son cœur. Il m‘adresse un « Auguri ! » tapageur faisant grommeler les congénères installés dans les cabines téléphoniques. Je tire la lourde porte des promenades. Sur le stade, quelques gars courent en rond. Avec le Chibani, pour la seconde fois nous décortiquons des analyses optimistes et également les autres, plus pessimistes. « De toutes façon, la décision politique est prise, ils ne le dissocieront pas de Nathalie, ça va marcher… » Deux piges de taule en plus, ce n’est pas rien et je connais le parcours, entre les délais d’enquêtes pour le boulot et l’hébergement, même si elles ont déjà été faites quelques mois auparavant, les délibérations des différents magistrats et les appels…Deux ans ! Mon compagnon relève sa manche pour s’inquiéter de l’heure. Décidément le temps ne passe plus. Je suis atteint du virus des libérables. Moi qui, hier encore, semblais ne pas avoir assez de tout ce temps pour faire ce que j’avais à faire. Et les jours filaient, les semaines, les mois, les années… A cette heure, chaque seconde de prison est devenue un poison.

Nous rentrons dans le bâtiment et je passe quelques coups de fil. Personne n‘a de nouvelle. Le Chibani me tire par la manche et m’invite à boire un café. « Puisque je te dis de ne pas t’inquiéter, la décision politique est prise. » De retour en cellule, il allume la radio et France Info débite ses flashes météos sur le climat vert de gris de notre beau pays gouverné par Sarkozy… Fichage ADN pour les délinquants, les étrangers et leurs enfants… Dans les rues orphelines, caméras vidéo et micros scrutent la mise en scène de l’ordre nouveau…La loi sur la récidive est entrée en vigueur, premier résultat : quatre ans ferme pour un vol de trente euros…Les Gremlins des Tarterêts accusés d’avoir tabassé deux CRS partent pour huit piges de galère… Les patrons d’EADS s’en sont mis plein les fouilles et licencient deux mille pékins des chaînes de montage… Le camarade s’impatiente, il me sert une seconde tasse de café. « Peut-être le diront-ils dans l’après-midi ?… » Et juste à cet instant, le journaliste annonce : « Et on vient de l’apprendre… le Tribunal spécial de l’application des peines accorde la semi-liberté à Jean-Marc Rouillan… » Après une seconde pour bien réaliser que nous avons compris la même chose, nous nous embrassons.

Le mot « liberté » est prononcé pour la première fois après 21 ans de régime de haute sécurité. Même si je sais que le procureur va s’empresser de faire appel et même si le mot lui-même est châtré du suffixe « semi ». Dans le monde actuel, la liberté des couches populaires a été rognée au point qu’on évoque plus qu’une « liberté mutilée »… Sacrifiée au nom de la déesse sécurité, et placée sous contrôle social de caserne garanti par la Politzei, les tribunaux spéciaux et les milices privées. La différence notoire c’est que, plus que tout autre, j’ai conscience de la précarité de ma situation. Une année de semi-liberté, dix ans de conditionnelle ! Je dormirai en prison et chaque soir et chaque matin, les uniformes vérifieront que, dans mon trou de balle, je ne planque pas un peu de subversion. Mais en dévalant les escaliers, je ne pose plus la question.

Avant que je n’arrive en bas, les gars sont déjà au parfum. Certains sont contents et me serrent les mains. Je contiens ma joie, beaucoup d’entre eux n’en sortiront pas… Ou alors définitivement esquintés. Je suis mal à l’aise. Je ressens la vague impression d’être le miraculé dégottant une place dans une chaloupe de sauvetage alors que le bateau coule. Il a suffi d’un seul mot et je suis si différent d’eux. A la vitesse du son, j’ai franchi la frontière et n’intègre plus leur communauté d’hommes punis. D’ailleurs les taulards ne me considèrent déjà plus comme un des leurs et ce qui m’entoure a changé radicalement de couleur. Je survivais entre quatre murs gris, et à présent le carré de ciel limpide et bleu m’attire à lui. Comme me le rappelle en riant un petit gars de Belleville, je suis inscrit désormais sur la liste des « touristes ».

Bientôt, ils ne partageront plus avec moi les confidences de taule. « Tu veux en savoir une bien bonne ? » Hier encore, Hirochito me contait les cris à l’atelier de poterie. Les congés payés des formations n’ont toujours pas été payés. Alors, dans le couloir, un gars s’est énervé contre le brigadier responsable du travail. « M.Frutti, c’est un homme… Un homme comme les autres… Sa tête s’arrache pareil ! » A mon côté, Clairon renchérit. « Ils détournent le pognon et nous condamnent à finir pauvres comme un zob ! »

Il a suffit d’un seul mot, un mot magique, et la prison s’éloigne déjà et me laisse à quai. Sans but, je traîne près des cabines. Sur la coursive, un maton affiche la nouvelle note de service signée par la directrice intérimaire : « Je rappelle à l’ensemble de la population pénale que l’utilisation des cordes à sauter à des fins sportives ou ludiques n’est autorisée que sur le gymnase de l’établissement, sous le contrôle du surveillant moniteur de sport. En conséquence toute utilisation de corde à sauter en bâtiment ou sur les cours de promenade est formellement interdite… »Je souris. Mon voisin grogne « Il paraît qu’ils vont changer le paiement du téléphone… » Il se reprend. « Mais de toute façon ça ne te concerne plus ! » Derrière le guichet grillagé apparaît le visage de la greffière, enluminé de son plus beau sourire, celui des mauvaises nouvelles. Et à peine si, dans la voix, la donzelle dissimule la jubilation. Elle susurre chaque mot, une confiserie : « Le procureur s’oppose à votre semi-liberté ! »

JANN-MARC ROUILLAN,

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Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:05

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02. EMPATHIK feat. VIZIONX1 - Triste Exposition
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04. M2AFIOZO - Toujours Les Mêmes Thèmes
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20. MALDONE X (AMMONIAK) - Happy End

octobre 19, 2007

21 octobre : portes ouvertes au local de la CNT, 33 rue des Vignoles

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 7:42

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CNT
33, rue des Vignoles
Métro Avron (ligne 2) ou Buzenval (ligne 9)

Le 21 octobre, la CNT et le passage des Vignoles s’ouvre sur le quartier.
Venez rencontrer les associations et syndicats de la région parisienne, obtenez des informations pratiques ou juridiques …

Et voici le programme : 10h - 12h Accueil • Espace enfants (toute la journée) • Projections de films

12h-14h Buffet- repas avec l’animation musicale de Géraldine qui chante Piaf, Fréhel…

14h-16h Rencontres - Projections - débats • Chroniques historiques du quartier avec le Docteur Longueville auteur du livre : “Si le quartier de la réunion m’était conté”, • La présence de la CNT rue des Vignoles depuis les années 70 , • Échanges autour des solidarités passées et actuelles autour du film sur « Les Hôtels réunis », • … et à venir dans le 20ème arrondissement.

16h - 20h spectacle et animations musicales • Flamenco de Combat, chants, danses, avec Paco NARVAEZ à la guitare • La K-bine, rap • Fantazio, jazz - manouche • Un Peu Frais pour la session, musique irlandaise

Tout au long de la journée, espace enfants, expos-photos sur le quartier, expos d’ artistes …

Et venez rencontrer les associations et syndicats de la région parisienne, obtenez des informations pratiques ou juridiques …

octobre 18, 2007

demain vendredi 19!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:11

RAFLES - ALERTE pour le vendredi 19 octobre - ALERTE

Des sources très sérieuses prévoient demain une rafle d’une ampleur sans précédent sur Paris et la proche banlieue.

Il est conseillé aux sans-papier-e-s de ne pas sortir de chez eux dans la mesure du possible. D’éviter de prendre les transports en commun (métro et bus) pour se déplacer. De ne pas ouvrir (ni répondre) aux flics si ces derniers se pointent à leurs domiciles…

Il est nécessaire aux autres de se tenir sur le qui vive pour empêcher cette probable rafle de grande échelle…

Relayez l’info…

Sabotons la machine à expulser.
Stoppons la police.

free batasuna

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 4:54

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octobre 15, 2007

Jeudi 18 octobre :Tous en grève!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:25

CONTRE LA CASSE DE NOS RETRAITES !

Sous prétexte de réduire les dépenses de l’Etat et de mettre tous les travailleurs à « égalité », le gouvernement s’attaque aux régimes spéciaux de retraite. Mais c’est tout le système des retraites qui est menacé.

Les régimes spéciaux, un bouc-émissaire…
Créés avant le régime général pour prendre en compte la particularité de certains métiers, notamment la pénibilité et les contraintes de continuité du service public, aujourd’hui, les régimes spéciaux concernent moins de 2 % de la population active !
Démagogique, le gouvernement hurle aux privilèges et accuse actifs et retraités de ces régimes de ne pas travailler assez et de partir à la retraite plus tôt que les autres. Ça coûterait trop cher !
Il ne dit pas, en revanche, que, par rapport au régime général, les salariés de ces régimes et leurs employeurs cotisent plus, pour une pension plus éloignée de leur salaire de base.
En réalité, le principal problème des régimes spéciaux est le même que les autres régimes :la population vieillit et le nombre de travailleurs cotisants est insuffisant pour financer entièrementles pensions de leurs aînés.

Pour mieux préparer une nouvelle « réforme » générale des retraites.
Nous savons très bien que cette « réforme » ne réglera pas le problème de financement, à l’image de l’échec des réformes Balladur (1993) et Fillon (2003). En revanche, en alignant les régimes spéciaux sur le régime des fonctionnaires avant la fin de l’année, le gouvernement prépare une nouvelle réforme des retraites en 2008. D’ores et déjà, il a annoncé qu’il souhaitait :

augmenter la durée de cotisation à 41 ans, voire 42 ans, dès 2012
supprimer les pré-retraites
pénaliser ceux qui n’ont pas réussi à cotiser suffisamment.

La recette est toujours la même : réduire les droits des salariés en rendant plus difficile l’accès à la retraite et à une pension décente. Or, avec la précarité (temps partiel, CDD, interruption de carrière) pour de nombreux salariés de nos secteurs, la pension de retraite risque d’avoisiner le minimum vieillesse (Aspa), soit moins de 622 € par mois !

L’objectif à moyen terme est clair :
Repousser l’âge de départ à la retraite et obliger les français à travailler plus longtemps, plus vieux, tout en réduisant le niveau des pensions !
Seuls les plus aisés pourront se payer un complément de retraite auprès d’une assurance privée.
Et pendant ce temps, les patrons, eux, continuent à crouler sous les stocks-option, exonérés des cotisations sociales qui pourraient financer les retraites.

Régimes spéciaux, régime des fonctionnaires, régime général :même combat. Pour défendre nos retraites et pour réclamer des pensions décentes !

Tous ensemble, dans la grève et dans la rue le 18 octobre

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