RAP CONSCIENT

juin 30, 2008

Combien de fois 4 ans (textes sur les viols et les violences en milieux alterno)

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:27

http://combiendefois4ans.blogspot.com/

juin 27, 2008

Pour une Méditéranée des luttes!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:13

Déclaration commune :

Pour une Méditerranée des luttes !

pour la paix, la justice sociale, le droit des peuples et les libertés !

contre le colonialisme et l’impérialisme !

Manifestons samedi 5 juillet

Loin d’être novatrice, l’Union pour la Méditerranée se place en réalité dans la droite ligne du processus de Barcelone lancé en novembre 1995 par l’Union européenne (UE), et est présentée par Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, comme « un coup de jeune du Processus de Barcelone ». Tous les pays de l’UE y sont invités ainsi que 11 États du Sud et de l’Est de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Albanie et Mauritanie) et l’Autorité palestinienne, qui n’a pas de souveraineté.

Inquiétant lorsque l’on connait le contenu de ce processus et ses conséquences. Car si la « coopération » euro méditerranéenne a bien des finalités, elles sont d’une banalité peu surprenante.

Économiques tout d’abord, avec la construction d’un espace de libre-échange et de libéralisation du marché d’ici 2010. Celle-ci se concrétise par des privatisations et dans la suite logique par la prise en main des entreprises par des groupes capitalistes du Nord. Une politique qui a bien entendu des conséquences sociales dramatiques : licenciements, augmentation des inégalités avec le développement de bourgeoisies locales quand les peuples restent dans la misère (difficultés d’accès aux droits fondamentaux – soins, alimentation, travail, logement, éducation, etc. –, hausse des prix, etc.). Le ministère français des affaires étrangères le dit très clairement sur son site Internet, au sujet des relations entre la France et le Maghreb : « Les pays du Maghreb (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie) [constituent] un marché et un partenaire économique : nous sommes le premier fournisseur de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc. L’ensemble du Maghreb ouvre de bonnes perspectives d’avenir : réformes, privatisations, grands chantiers et nouveaux marchés lié à la modernisation ».

Les enjeux sont aussi « sécuritaires », à travers notamment les prétendues luttes contre le terrorisme et la corruption. Inefficiente pour la seconde, car trop d’intérêts sont en jeu et que la corruption est érigée en véritable mode de gouvernance, elles sont utilisées comme argument pour jeter des militants, notamment des jeunes, en prison. En effet, les atteintes aux droits humains, la torture, la répression des opposants, le musellement des libertés d’association et de presse, la mise en place de législations liberticides d’exception sont le lot quotidien des populations du sud de la Méditerranée. Et bien sûr, derrière le mot sécuritaire se profile le sujet de l’immigration. Parce que cet espace méditerranéen est aussi celui d’une maîtrise accrue, violente et meurtrière des migrations : moyens de contrôle et répression (notamment maritimes) renforcés, sous-traitance de la gestion des flux migratoires aux pays de premières frontières extérieures (Maroc, Algérie, Libye et Mauritanie notamment) pour empêcher l’arrivée sur le territoire européen des populations africaines. La libre circulation, c’est bon pour les capitaux et les patrons, pas pour les êtres humains, notamment les plus pauvres… Citons encore une fois le ministère français des Affaires étrangères : « Nous partageons avec ces pays une proximité culturelle et des enjeux communs : liens avec la France et avec l’UE, défi de la mondialisation, pression islamiste, pression migratoire (comme pays d’émigration et, de plus en plus, comme pays de transit), terrorisme (notamment comme cibles). »

Et toutes ces formes de répression sont également utilisées contre les mouvements sociaux : droit syndical bafoué, licenciement et même arrestation des militants (détenus du 1er Mai au Maroc, par exemple), bien loin du prétendu respect et renforcement des droits de l’homme que l’espace euroméditerranéen est censé développer et que le processus de Barcelone estime mettre en avant.

Enfin, cette nouvelle Union serait censée développer la paix… Mais sur quels fondements ? Sur celui du statu quo, comme cela semble être le cas jusqu’à présent, ou sur celui de la fin des colonialismes et des dominations de type impérialiste du Nord sur le Sud, d’Israël sur la Palestine, la Syrie et le Liban ; mais aussi entre pays du Sud ou du Nord, bref sur le respect des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ? D’autant plus que cette Union pour la Méditerranée vise aussi à avaliser le fait colonial israélien et à fermer la porte de l’Union européenne à la Turquie.

Parce que cette « nouvelle union » est un outil au service des puissants et de leurs intérêts nous appelons à la construction d’une union méditerranéenne des peuples et des luttes pour :

• le respect des droits humains et le développement des libertés fondamentales, notamment en terme de droit syndical et de libertés de presse, d’expression et d’organisation ;

• la libération de tous les détenus d’opinion, l’arrêt de la torture, la fin des régimes d’exception et de terreur et le droit de tout un chacun de pouvoir se défendre juridiquement ;

• l’arrêt des politiques économiques de privatisation des services publics et d’attaque des droits sociaux des travailleurs ;

• la libre circulation des personnes, la fermeture des lieux d’enfermement et l’annulation de tous les accords de lutte contre les migrations ;

• la décolonisation effective, politique, sociale, culturelle et économique ;

• le droit au retour des réfugiés ;

• le respect de toutes les cultures.

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Programme du samedi 5 juillet 2008 :

Manifestation 14 h 30 à Paris, M° Place de clichy

Concert - meeting à partir de 19h

Avec notamment Mohamed Bahr, Fred Alpi, Kalash (sous réserve) et des interventions de militants syndicalistes et associatifs tunisiens, marocains, palestiniens, etc. 18 heures à la CIP-IDF M° Corentin-Cariou, 14/16 quai de la Charente (Tables de presse, buvette)

Premiers signataires :

Association des Marocains en France (AMF),
Association des Palestiniens en France (APF),
Association des Tunisiens en France (ATF),
Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF),
Attac - France
Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP),
Cedetim,
Confédération nationale du travail (CNT),
FACS,
Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR),
Génération Palestine,
Justice sociale pour les quartiers (JSQ)
Union générale des étudiants palestiniens (GUPS)
Mouvement des Indigènes de la République (MIR),
Rassemblement des associations citoyennes des originaires de Turquie (RACORT),
Sierra Maestra,
Union juive française pour la paix (UJFP),
Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT),
Association Voie démocratique France…

JOURNEE D’ACTION INTERNATIONALE CONTRE LE G8

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 7:59

Le prochain sommet du G8 aura lieu du 7 au 9 juillet 2008, au Japon, à Hokkaido, où les puissants de ce monde s’octroieront encore une fois le droit d’imposer leurs choix à l’ensemble de la planète.

Conscient que beaucoup d’entre nous ne pourront se rendre au Japon pour le contre sommet, NO G8 ACTION JAPAN appelle à une journée internationale d’action le 5 juillet 2008. Par solidarité, et afin de lutter internationalement contre l’impérialisme du G8, DISSENT organisera une action à Paris.

Cette Action solidaire est d’autant plus importante que 44 de nos compagnons japonais-es ont été mis en garde à vue le 10 juin. La durée de garde à vue prononcée à leur encontre est de 23 jours – le maximum possible au Japon – Afin de les empêcher de préparer la contestation.

Les politiciens du G8 prônent l’ultra-libéralisme, un capitalisme sauvage mondialisé, qui augmente de façon dramatique le fossé entre le monde des riches et le monde des pauvres. Le monde du G8 est un monde de guerres, de pauvreté et de misère, de perte des droits démocratiques et sociaux et de destruction de l’environnement.

Au Sud, ils étranglent les peuples en leur faisant rembourser plusieurs fois la dette contractée par leurs gouvernants, bien souvent des dictateurs ; ils facilitent les investissements des multinationales qui agissent comme des prédateurs en terrain conquis ; ils pillent les ressources et ferment l’œil sur les désastres écologiques qui détruisent toute la planète ; ils affichent des objectifs télégéniques d’éradication de la pauvreté tout en réduisant l’aide au développement.

Au Nord, ils ferment les frontières et transforment les migrant-es en « dangereux brigands » qu’ils pourchassent comme la peste et traquent comme des animaux ; ils défendent les intérêts des multinationales qui licencient à tour de bras tout en réalisant des profits inégalés ; ils privatisent les secteurs publics et suppriment des milliers d’emplois ; ils étendent l’emprise du capitalisme marchant à toutes les dimensions de l’existence en privatisant le vivant…

Au Sud comme au Nord, leurs politiques s’acharnent à privatiser les biens communs de l’humanité : l’eau, l’air et tout ce qu’ils ne possèdent pas encore.

De tout cela, nous ne voulons plus ; de leur mondialisation, nous ne voulons pas ! Nous ne voulons plus d’enfants sous les bombes, de sans - logis et sans - emploi, de sans - papiers, nous ne voulons plus de bidonvilles et de charters qui ramènent des migrant-es à leur misère, nous ne voulons pas d’un monde où les profits financiers ont plus d’importance que la vie des personnes et la sauvegarde de l’environnement.

Leur mondialisation, c’est l’expansion sans fin d’un monde monétaire et financier. Un monde froid, monstre vorace qui ne peut survivre qu’en s’alimentant des choses et des êtres qu’il exploite, aliène, domine. À la logique de l’accumulation mortifère du capital, cet ordre établi par ceux qui se pensent « maîtres du monde », nous opposerons encore et toujours notre devoir de désobéissance civile ! Prouvons-leur que nos utopies sont concrètes, ici et maintenant !

DISSENT APPELLE A UNE ACTION CONTRE LE G8 LE 5 JUILLET 2008

Le rendez-vous sera communiqué par téléphone le jour même au 08 92 68 36 72 puis suivre les instructions (taper * et 1) et rentrer le code 572008 suivi de la touche #.

Cette action s’inscrira dans une lutte contre la surconsommation, base du système néo-libéral, outil de contrôle des masses, et responsable en grande partie de la destruction des ressources naturelles

Contact : dissent.contact@effraie.org.
_________________
Il n’y a pas de mauvais système, il n’y a qu’une somme d’individuelles lachetés !
www.dissent.fr

juin 17, 2008

Dernières nouvelles du centre de rétention de Vincennes, le lundi 16 juin 2008

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 6:58

CRA 2:
« Quand je suis arrivé il y a une semaine et demi, on a essayé de faire une grève pour essayer de faire connaître les conditions de vie ici. Quand on veut faire un mouvement on arrive pas à faire bloc, les différences de nationalité posent problème, par exemple les russes et puis quelques arabes disent qu’ils suivent pas. C’est même pas par
rapport à la communication, on essaye de prendre un représentant de chaque pays pour faire savoir ce qu’on veut faire.Ils m’ont arrêté à la gare du Nord, c’était un contrôle d’identité, les policiers étaient 4, ils arrêtaient que les gens de couleurs, arabes,
noirs.

Ils étaient en civil. Je les ai remarqués, ils étaient avec une fourgonnette marquée « police », les gens autour se rendaient pas compte, donc ils réagissaient pas. J’ai passé une journée à Cité en garde à vue. J’ai demandé à voir un médecin, la policière m’a
répondu « vous n’avez pas besoin de médecin, vous êtes sportif ». C’était la
première fois que j’étais arrêté donc je savais pas que c’était illégal, c’est après le procès verbal que j’ai eu un avocat et je me suis rendu compte. Ici c’est invivable, on voit de tout, il y a des mecs qui ont rien à faire là. Par exemple il y a un mec qui a été opéré du cerveau, il avait des cicatrices, il a été arrêté en pleine convalescence deux jours après
être sorti de l’hôpital où il était resté un mois et demi, il doit se faire encore opérer le 20 juin. Sa tête continue à enfler ici.

Ça fait cinq jours qu’il est dans le CRA. Il y a pleins de cas comme ça, il y a un gars qui a mal aux dents, son visage est enflé, il dort pas la nuit, il a vu un dentiste il y a une semaine, qui lui a dit que pour le moment il pouvait pas lui arracher ses dents et après il est revenu au centre, ils lui donnent des calmants mais c’est vraiment le minimum parce que depuis ça désenfle pas.

On a pas le droit de faire entrer de la bouffe, comme quoi ça pourrait nous empoisonner alors qu’ils nous donnent des rasoirs bic, c’est quand même beaucoup plus dangereux! Ils nous foutent des distributeurs: c’est un gros marché, un buisness. Il n’y a à vendre que des choses pour le goûter, chocolat, coca, c’est que de la confiserie. Même en prison les mecs ont le droit qu’on leur ramène des paquets de clopes. Ils vendent
ici les clopes et la nourriture au même prix qu’à l’extérieur.Je pense que GEPSA , qui s’occupe ici de la bouffe de la cantine, s’occupe aussi de ces machines.

L’OMI [Office des Migrations Internationales] dit qu’on peut leur faire acheter des choses, du tabac cartes téléphoniques, ça marche mais on peut pas commander de la nourriture.
C’est l’enfer la nuit il y a plein de moustiques, les murs sont couverts de sang des moustiques écrasés. Il y a des tentatives de suicide tous les jours, peut être trois par
jour. Un mec qui devait prendre son vol a avalé une lame, il s’est coupé sur le ventre. C’est d’abord les policiers qui sont venu le voir, je les ai vu lui mettre des baffes [la communication a coupé] »

CRA1
« Il y a des tentatives de suicide très souvent, presque tous les jours. Quand quelqu’un s’évanouit, ils viennent le prendre et l’emmènent à l’hôpital, et puis très souvent on entend que la personne a été expulsée, elle s’en va sans s’en rendre compte. Vendredi dernier c’est arrivé à un jeune malien, le lendemain un frère nous a appelé et nous a dit qu’il était dans son pays d’origine, il est arrivé là bas sans chaussures. Quand quelqu’un fait une tentative de suicide, les policiers le mettent dans un drap ou sur un brancard, ils minimisent l’acte, ils disent qu’il a bus seulement du shampoing, « c’est rien ».

Tout le monde est pas pareil dans le centre, on arrive pas à faire un mouvement parce que bon nombre de gens sont pas motivés, ils ont peur des représailles, moi je leur dit qu’on peut pas sanctionner un groupe si ya pas de chef. Il y en a qui peuvent pas bien parler le français et pour faire une grève et écrire des revendications c’est difficile. On
est obligé de fermer les yeux et la bouche, je trouve ça aberrant. On discute tout le temps entre noirs africains, on sait que derrière il y a des gens qui nous soutiennent et on en est très content mais il faut aussi se battre soi même. On voudrait que nos pays d’origine savent nos conditions de détention, et pas rétention (parce qu’avec ce mot ils
masquent nos conditions de prisonniers), et se mobilisent devant les ambassades françaises.

La manifestation de samedi a été très bien, on a entendu leurs voix. Les retenus ont crié et secoué la grille qui se trouve près de l’accueil et d’où on entend à l’extérieur. Un responsable a essayé de nous faire taire, il en a attrapé deux, les meneurs, mais ils se sont dégagés. Les mobilisations à l’extérieur sont nécessaires, ça nous incite
beaucoup à faire des actions, à dénoncer les choses. Et vouloir la fermeture.
J’ai entendu pendant une visite les policiers parler entre eux de 17 travestis arrivés au CRA 2. Ici c’est l’angoisse totale, quand on a son voisin de chambre qui se fait réveiller à 4h du matin emmené sans chaussures, attaché, bâillonné.

On nous envoie à la justice comme si on était de très grands criminels, menottés, dans un fourgon avec des cages à l’intérieur, on nous enferme dedans. Je suis rentré 3 fois dans ce fourgon pour aller au tribunal, à chaque fois que j’y rentre je dis au policier « Nous sommes traités comme du bétail », le policier rigole. En cas d’accident, on peut pas
être sauvé.

Le combat doit continuer! »

fermeturetention@yahoo.fr

source ccc forum

juin 10, 2008

QUINZAINE ZAPATISTE du 17 JUIN au 5 JUILLET

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:49

La situation des communautés zapatistes au Chiapas, en lutte depuis 1994 pour réclamer non seulement la reconnaissance de leurs droits et de leur culture mais aussi la construction d’un système alternatif au capitalisme et la répartition des richesses, est de plus en plus difficile.
L’offensive actuelle (quelle soit paramilitaire avec une recrudescence très nette des agressions, ou « civile » avec une accélération du déplacement des populations) est, aux dires de nombreux observateurs, “sans précédent depuis 1995″. Cette féroce répression menée contre les communautés zapatistes et leurs autorités autonomes laisse augurer d’un avenir sombre. Dans une de ses dernières déclarations, le 16 décembre 2007, le sous-commandant Marcos déclarait : « Les signes annonciateurs de la guerre sont clairs. La guerre comme la peur a son odeur. Et aujourd’hui, on commence à respirer son odeur fétide sur nos terres ». Une course contre la montre est engagée par le gouvernement pour étouffer le mouvement zapatiste avant que les structures autonomes (systèmes de santé, d’éducation, de production …) mises en place depuis 1994 et qui commencent à donner pleinement leurs fruits rendent de plus en plus difficile l’éradication des zapatistes et fassent tâche d’huile auprès d’autres mouvements au Mexique.
Face à cette situation, la solidarité est plus que jamais nécessaire. Les collectifs européens de solidarité ont lancé une campagne commune en défense et en solidarité avec la lutte zapatiste. Un forum a été organisé les 9, 10 et 11 mai à Athènes pour échanger, débattre des différentes initiatives communes à mener en solidarité avec les zapatistes. Mais aussi comment la lutte au Chiapas nous questionne sur nos luttes, comment les luttes ici et là-bas peuvent s’enrichir mutuellement, les passerelles qui peuvent être construites.
Lors de ce forum, il a aussi été décidé d’organiser du 14 juin au 5 juillet une quinzaine européenne d’actions, de débats, d’exposition pour marquer notre solidarité avec le mouvement zapatiste.. Des collectifs de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Suisse, de Grèce, etc…vont y participer.

**Au “Nun’s Café”,112 rue Saint-Maur, 75011 Paris
Métro Couronnes ou Parmentier :
Expo-photos, du 19 Juin au 5 Juillet
Vernissage le 19 Juin à partir de 18h

**Au bar “Le Phenix”, 18 rue des Panoyaux, 75020 Paris, Métro Ménilmontant :
Expo-vente d’œuvres artistiques,
du 17 Juin au 4 Juillet
Vernissage Mardi 17 Juin à partir de 18h
suivi à 20h d’une projection de deux courts - métrages :
“la lutte pour l’eau” et “la terre est à ceux qui la travaillent” et d’un débat sur le tourisme et la campagne “Terre et Territoire

Vendredi 4 juillet à 19h (toujours au Phenix)
Ventes aux enchères des œuvres et CONCERT DE FRED ALPI

**Au bar “Le Maldoror”, 10 rue du Grand-Prieuré, 75011 Paris, Métro Oberkampf :
Lundi 23 Juin à 19h * débat AUTOUR DE L’AUTRE CAMPAGNE avec projection de films courts de Promedios sur le nord du Mexique
L’Autre Campagne, initiative lancée en 2006 par les zapatistes visent construire un
Mouvement national et international de tous ceux qui luttent«en bas à gauche» contre
le capitalisme en dehors de tous partis politiques. En 2006 et 2007 le sous- commandant Marcos et de nombreux délégués zapatistes ont parcouru le Mexique à la rencontre des mouvements indigènes, paysans, étudiants, ouvriers.

**dans les locaux de la CNT, 33 rue des Vignoles, 75020 Paris, Métro Avron ou Buzenval :
Samedi 28 juin à 15h * Débat sur la situation actuelle et la répression, avec projection de deux films : “paroles zapatistes contre l’injustice” de Promedios et “Tierra y Libertad” d’Alberto Cortes
“paroles zapatistes contre l’injustice” de Promedios :
Ce film établit les parallèles entre les paroles des discours zapatistes et la réalité vécue dans les communautés du Chiapas. Les témoignages des personnes encerclées par l’armée, harcelées et agressées par les paramilitaires donnent une idée des réponses que els autorités ont apportées aux revendications des mouvements indigènes.
“Tierra y Libertad” d’Alberto Cortes sur les toutes dernières agressions contre les communautés zapatistes.

**Au CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris,
Métro Rue des Boulets ou Nation :
- Samedi 28 Juin à 18h30 CONCERT DE SOLIDARITÉ
MASSEY FERGUSON MEMORIAL (country-punk)
DANA STRONG (plexiglass rock’n’roll)
-Samedi 5 juillet de 12h à 20h VENTE DE PRODUITS DES COMMUNAUTÉS ZAPATISTES
Journée de solidarité avec les coopératives zapatistes :
vente de café et d’artisanat des coopératives zapatistes.
Projection en continu des films de Promedios

**À “La Rôtisserie“, 4 rue Sainte Marthe, 75010 Paris Métro Belleville :
Lundi 30 juin 2008 à partir de 19h30 REPAS SOLIDAIRE
Menu à 8 euros avec entrée, plat et dessert.

En collaboration avec :
-la librairie «Libre Ere», 111 Bld de Ménilmontant, 75011 Paris
-la librairie «La Friche», 36 rue Léon Frot, 75011 Paris
-la librairie «Quilombo», 23 rue Voltaire, 75011 Paris
points de vente des livres sélectionnés et recommandés par le CSPCL
Organisée par : le Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte
http://cspcl.ouvaton.org/

Le vendredi 13 juin

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:07

invitation-13-juin.pdf

flyer-13-juin.jpg

A lire…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:02

tract.doc

juin 6, 2008

Nouvelles de l’affaire d’Ivan, Bruno, Damien et les deux de Vierzon

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 1:33

Nouvelles de l’affaire d’Ivan, Bruno, Damien et les deux de Vierzon

Une série d’auditions et une arrestation voir

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=100354

ont eu lieu ces dernières semaines dans le cadre de l’enquête sur ce que les juges, flics et journalistes appellent « la mouvance anarcho-autonome francilienne ». Il semble important de décrire quelques-unes des tactiques d’interrogatoire employées par les flics pour obtenir ce qu’ils ont envie d’entendre. Ces auditions en appellent d’autres, sans doute rapidement car juges et flics semblent être dans une phase active des investigations. Toutes ces auditions ont aussi permis de confirmer la manœuvre politique sous-jacente à cette instruction visant à qualifier de terroriste tout un ensemble de pratiques et de points de vue critiques. Rappelons que cinq personnes sont mises en examen dans cette affaire (Ivan, Bruno, Damien et les deux de Vierzon), qu’Ivan, Bruno et la fille arrêtée à Vierzon sont incarcérées et que les deux autres sont sous contrôle judiciaire, le garçon arrêté à Vierzon venant d’être libéré après quatre mois de préventive.

Pour l’instant les auditions n’ont concerné que les personnes mises en examen, leurs familles ainsi que des proches qui ont fait des demandes de parloir. Dans ce dernier cas, se rendre à l’audition était une condition indispensable (mais parfois insuffisante) à l’obtention du permis de visite. Rappelons que l’on peut ne pas se rendre à un interrogatoire lorsqu’on est convoqué en tant que témoin (surtout lorsque la convocation est notifiée par un simple courrier ou par téléphone, comme ce fut le cas ici), que ça peut être un délit mais que ce n’est pas systématique car c’est compliqué pour eux de poursuivre tout un ensemble de témoins qui ne se présentent pas. Il y a un intérêt collectif évident à ne pas se rendre à ces auditions dont les résultats ne sont utilisés qu’à charge dans ces affaires.

Les auditions des proches et des membres des familles ont eu lieu à la brigade criminelle, Quai des Orfèvres à Paris. Pour l’instant seuls les mis en examens ont été auditionnés chez la juge antiterroriste en charge de cette affaire, Marie-Antoinette (ça s’invente pas !) Houyvet, qui est assistée d’un autre juge, Edmond Brunaud. A la brigade criminelle c’est le « groupe Menara » qui s’occupe de l’affaire, du nom de leur chef, un flic qui se présente d’abord sympa et respectueux de la procédure, puis qui joue souvent le rôle du méchant dans les interrogatoires tout en finissant ses gueulantes pour mettre la pression d’une petite remarque en s’inventant une proximité avec les interrogés (par exemple : « Moi aussi j’ai des enfants » aux parents, ou « Moi aussi je viens de tel endroit »). Bref du classique de flic.

L’idée de ce texte est donc aussi de décrire des techniques souvent employées dans les interrogatoires car mieux préparés, il est plus facile de les voir venir et de ne pas se faire avoir. Ca concerne aussi bien les mis en cause dans les affaires que leurs proches (familles, potes qui demandent des parloirs…). Avec les familles, au-delà d’en apprendre éventuellement sur les faits, les flics tentent de retracer un parcours de vie pour construire un profil à des fins judiciaires qui pourrait expliquer « comment il ou elle a pu en arriver là, c’est-à-dire devenir terroriste ». De là tout un ensemble de questions pour déceler des manifestations précoces de cette prédestination au terrorisme : « Comment était-il (ou elle) à l’école, au collège, au lycée ? », « Avait-il (ou elle) des amis ou était-il ou elle asocial ? », « se battait-il (ou elle) souvent ? », « quelle est son orientation sexuelle ? ». De plus, de nombreuses questions semblent anodines mais peuvent souvent être utilisées à charge dans un sens ou dans l’autre ; un « bon élève » te place rapidement dans la catégorie des idéologues manipulateurs, un « mauvais élève » dans celle des asociaux précoces et des rétifs à toute autorité, alors choisis ton camp camarade ! Ca peut sembler caricatural mais plusieurs indices laissent entendre de telles interprétations, surtout, comme c’est le cas dans cette affaire, quand le dossier ne repose sur aucun fait (même si ces « parcours de vie » sont très fréquents dans les affaires criminelles de toutes sortes).

Les flics utilisent également une tactique consistant à endormir un peu l’interrogé au milieu de questions un peu bidons avant de rebondir subitement sur des trucs plus intéressant pour eux : « A-t-il (ou elle) fait des voyages ? », « quels sports pratiquait-il (ou elle) ? » puis de demander « Mais avec qui faisait-il (ou elle) tout ça ? Vous venez de dire qu’il avait des amis, vous vous souvenez bien de certains noms ? ». En ayant répondu aux précédentes questions, il est plus difficile (mais pas impossible évidemment) d’esquiver les suivantes. On peut citer également la tactique des « questions guidées » où tu comprends déjà très bien vers où le flic veut te mener dans la manière de poser la question : “Qu’est-ce que tu penses du squatt de la rue X ou Y ?”, le flic présuppose déjà que tu connais tel ou tel lieu et n’importe quel type de réponse viendra au moins confirmer cette hypothèse. Ils peuvent aussi répéter plusieurs fois la même question ou insister lourdement sur un point précis.

La base dans les interrogatoires, utilisée presque systématiquement, c’est la tactique du flic gentil et du flic méchant. Le premier est celui qui parle le plus, met en confiance, pose ses questions gentiment, est serviable et se montre compréhensif (« Je comprends que ce soit dur pour vous », « Vous savez, de vous à moi, je n’aime pas interroger les familles » ou « Moi aussi je trouve que cette affaire prend des proportions délirantes »). Et puis il y a le flic méchant, celui qu’on n’avait pas trop remarqué depuis le début, qui ne parlait pas, qui n’est pas tout le temps dans la pièce, qui fait des aller-retours, puis qui surgit à un moment clé (moment de doute, d’hésitation avant une réponse) en se mettant très proche de l’interrogé, en gueulant et en lui mettant un gros coup de pression : « Je crois que vous n’avez pas compris ou vous êtes ! », « Vous n’avez pas l’air de vous rendre compte de la gravité des faits ! », « Vous (ou votre enfant selon les cas) allez passer une bonne partie de votre (sa) vie au trou ! ». Dans cette affaire au Quai des Orfèvres c’est souvent le même Menara qui se charge de cette performance théâtrale. En sachant qu’elle se produit presque à chaque fois, cette technique d’intimidation tombe vite à l’eau et Menara devient un personnage comique plutôt ridicule à vociférer tout seul. Evidemment il n’y a rien de systématique, parfois les flics sont tous sur le registre « gentils » ou tous « méchants », souvent aussi ils changent de registre au fil de l’interrogatoire, encore plus si c’est une garde-à-vue, au gré des réactions de l’interrogé et de ce qui leur donne le plus de résultats.

Les autres tactiques sont également assez classiques. Plusieurs personnes peuvent être convoquées en même temps et auditionnées séparément et simultanément. Des flics font des allers-retours entre les deux pièces et traquent les contradictions entre les déclarations. Outre l’intimidation, les flics insistent sur la proximité notamment avec les parents en instaurant des rapports du type : « Vous savez, pour votre enfant ce n’est pas trop tard, il (ou elle) peut s’en sortir, mais il (ou elle) est mal entouré… Pour le sortir de là, parlez-moi de ses fréquentations. ». Les flics essaient aussi le registre de la culpabilisation des mauvais parents « Vous ne savez pas où il (ou elle) habite ? Mais vous ne vous intéressez plus à lui (ou elle) ! ». Il leur arrive aussi de laisser l’auditionné seul dans le bureau, ou avec des personnes qui semblent s’affairer à autre chose, ceci dans le but de voir son comportement. Les interrogatoires sont aussi des tests de personnalité, le flic sur le côté qui n’a pas parlé de tout l’interrogatoire ne vous a peut-être pas lâché du regard en guettant vos expressions ou les manifestations de votre visage. Dans un commissariat, dans le bureau d’un juge ou d’un flic, on est toujours en territoire ennemi, ne l’oublions pas.

Evidemment la meilleure des tactiques consiste à tout faire pour éviter ces moments et à ne rien déclarer mais on n’a pas toujours le choix… Le cas de la garde-à-vue est plus spécifique, dans l’immense majorité des cas il vaut mieux ne rien déclarer en garde-à-vue, encore plus lorsqu’elle a lieu dans le cadre d’une instruction en cours. Il existe tellement de cas où les gens se sont enfoncés ou en ont enfoncé d’autres en croyant bien faire en déclarant des choses en garde-à-vue. Tout ce qui vient d’être dit dans ce texte s’applique évidemment à la garde-à-vue et il faut rajouter quelques éléments plus spécifiques. Premièrement, t’as pas accès au dossier en garde-à-vue, tu n’y as accès qu’au moment où tu es déféré au parquet, c’est-à-dire quand t’es conduit au tribunal, que ce soit en vue d’une comparution immédiate ou d’une mise en examen. Cet élément est primordial, surtout si le motif de la garde-à-vue est sérieux et si elle se déroule dans le cadre d’une affaire déjà instruite, comme c’est le cas ici. Il vaut mieux garder d’éventuelles déclarations pour le juge d’instruction, à la fin de la garde-à-vue et après avoir vu le dossier avec ton avocat.

Pendant une garde-à-vue (48 heures maximum en régime normal, 144 heures en régime antiterroriste ou criminalité organisée avec dans ces deux derniers cas pas d’avocat avant 72 heures, avocat qui de toute façon n’a pas accès à ce moment au dossier), les flics rajoutent quelques registres outre tous ceux qu’on vient d’évoquer. Ils utilisent souvent la tactique du « de toutes façons, on sait déjà tout », qui te pousse à confirmer certaines accusations minimales en te disant qu’ils le savent déjà et qu’ainsi tu crédibilises ta position vis-à-vis de la justice, un « je vous ai tout dit » qui laisse l’impression de sauver l’essentiel en te disant « ce que je leur ai dit, ils le savaient déjà ». Il existe plein de cas où c’est faux, où ils jouent de leur impression de toute-puissance pour te faire confirmer des choses qu’ils ignorent. Ca vaut même pour des questions de base du type « Avez-vous eu déjà affaire à la police et à la justice ? Ca sert à rien de nous le cacher on le retrouvera ! », ce qui est parfois faux car ils ne retrouvent pas toujours tout dans leurs fichiers, ou ils le retrouvent de manière erronée ou incomplète. S’il ne faut pas tomber dans le piège de la toute-puissance policière, il faut aussi se garder de l’inverse, c’est-à-dire du « Ils sont à la masse, je vais les baratiner, je maîtrise parfaitement mon discours ». En garde-à-vue tu ne sais jamais ce qu’ils savent et ce qu’ils ignorent et même s’ils sont souvent à la masse, ils sont quand même bien formés et rôdés aux interrogatoires et risquent bien plus de te piéger si tu te lances dans des déclarations de toutes façons hasardeuses et très risquées pour toi et pour les autres mis en cause.

Ils jouent sur la fatigue, la lassitude, l’angoisse des heures passées enfermées en cellule à attendre son sort. Six jours seuls dans un trou c’est long, ça donne parfois la mauvaise idée de tenter des choses pour espérer en sortir. Les flics se servent évidemment de toutes ces heures, c’est même le principe de la garde-à-vue. Ils insistent beaucoup sur le fait qu’il est dans ton intérêt de parler, que tu as l’opportunité de te justifier : « Moi je veux bien te croire que t’as rien à voir avec ça, mais il faut que tu t’en expliques, sinon le juge il va te mettre au trou direct et là t’en prends pour des années ! », « Je ne te comprends pas, tu as l’occasion de t’expliquer, pourquoi tu saisis pas cette occasion ? Je crois que t’as pas compris le fonctionnement de la justice, en déclarant rien t’enfonces ton cas c’est clair, vraiment je te comprends pas… ». Une des techniques les plus perverses qu’ils emploient consiste à organiser un chantage entre les gens si plusieurs personnes sont arrêtées en même temps, « Ah tu veux pas parler ?

Et bien à cause de toi on vous garde tous, toi et tes potes, alors qu’eux ont bien voulu coopérer, et bien à cause de toi vous allez tous en reprendre pour 24 heures de plus, je vais leur dire, ils vont être contents de toi ! ». Evidemment à ce moment là, tout seul en cellule, tu sais pas comment ça se passe pour les autres, tout ce que les flics disent est souvent faux mais malheureusement cette technique est dure à supporter quand on n’y est pas préparé et les tentations de déclarer quelques trucs en espérant améliorer la situation de tout le monde sont fortes mais complètement illusoires. D’une manière générale, ils tentent souvent de te faire croire que vous avez des intérêts communs, que vous pouvez coopérer pour aller dans le même sens, en oubliant pas de rajouter fréquemment « En tout cas c’est sûr et certain que si tu dis rien tu vas en taule pour des années avec ces chefs d’inculpation ! ».

Les flics pratiquent souvent la falsification des preuves ou des déclarations, surtout si plusieurs personnes sont arrêtées en même temps, pour mettre la pression ou instiller le doute dans l’esprit des personnes arrêtées : « Ah toi tu parles pas ? Tu vas prendre cher, surtout que ton pote s’est mis à table, tu veux voir ces déclarations ? En plus il parle de toi ! ». Il arrive aussi qu’ils fassent croire qu’ils ont un élément évident te confondant, « Tu vois cette cassette vidéo ? Et bien dessus il y a un enregistrement où je viens de te voir dans une situation bien compromettante, va falloir que tu t’expliques ! », alors que c’était complètement bidon et que la cassette ne contenait rien du tout. Il existe aussi quelques variantes propres à chaque situation, du type « Cette garde-à-vue et cette possibilité de t’exprimer c’est l’occasion pour toi de parler de tes convictions politiques, considère que c’est une tribune ! » ou « Toi et tes potes vous êtes ridicules, les grands caïds ils ne se comportent pas du tout comme vous, avec eux au moins on peut discuter, vous, vous me faites pitié, des vrais gamins avec vos cachotteries et votre refus de coopérer… ».

Signalons que toutes ces situations viennent d’expériences réelles, très récentes pour la plupart. Il peut sembler plus qu’évident de rappeler toutes ces techniques de flics bien anciennes mais il est tout aussi évident de rappeler que la grande majorité des condamnations pénales est encore basée sur les déclarations, donc sur les interrogatoires, que ce soient les aveux, les contradictions, les témoignages, les balances…

L’autre point important concerne le raisonnement politique et judiciaire qui sous-tend toute cette histoire. Ainsi cinq personnes sont mises en examen pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » et « l’entreprise terroriste en l’espèce, c’est la mouvance anarcho-autonome francilienne ». Cette mouvance (terme très peu précis qui permet donc une interprétation très ouverte) se définit selon eux comme un regroupement informel d’un noyau de 50 à 100 personnes entourées de quelques centaines de sympathisants en Ile-de-France, qui se retrouve derrière le mot d’ordre « La haine de l’État bourgeois, de l’économie capitaliste et de ses appareils » et qui se manifeste principalement dans la lutte anti-carcérale et contre les centres de rétention. Les cinq mis en examen le sont donc sous le régime antiterroriste pour leur proximité supposée avec cette mouvance, donc avec ce mot d’ordre ou pour leur participation à des moments de lutte contre les prisons ou les centres de rétention. Ce raisonnement permet donc que toute déclaration, tout tract ou brochure critique de l’État, du capitalisme ou de l’enfermement soit associé à cette mouvance et fait donc de son détenteur un terroriste potentiel.

Il faut bien distinguer l’objectif de cette manœuvre, elle ne va évidemment pas déboucher sur l’enfermement des millions de personnes qui critiquent l’Etat, le capitalisme ou les centres de rétention mais elle offre aux autorités un cadre judiciaire extrêmement large qui lui laisse les mains complètement libres pour réprimer et enfermer toute une partie de la contestation qui les dérange. Cela influe déjà sur les cinq mis en examen, « On a trouvé chez vous des tracts et des brochures critiques de la prison, ceci prouve donc votre appartenance à la mouvance anarcho-autonome et ceci, en tant que mouvance déclarée terroriste, justifie votre mise en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». Le procès d’intention et d’opinion joue à fond, ajoutons à ça les récentes déclarations (suivies d’actes) des flics sur leur volonté de prendre l’ADN de tout ce qui ressemble de près ou de loin pour eux à un « gauchiste » et on voit bien les réels objectifs de cette construction d’un nouvel ennemi de l’intérieur : isoler une partie des révoltés et ficher toujours plus de monde.

Pour éviter les malentendus, précisons que ces manœuvres (incarcération, fichage ADN) ne sont pas nouvelles ni propres à un milieu particulier, il y a déjà 700 000 personnes au Fichier des empreintes génétiques, et par exemple les récentes révoltes dans les quartiers ont eu pour conséquences des descentes de centaines de flics dans des cités et des incarcérations « préventives » par dizaines. Nous assistons simplement à une extension et à une intensification de ces logiques, à la création de différentes catégories d’« ennemis de l’intérieur » par l’Etat qui répond à l’accroissement des tensions sociales sur tout le territoire.

On lâchera rien, tout continue

Solidarité avec les prisonniers, avec les révoltés

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Des nouvelles des deux de Vierzon :
Lettre d’Isa et Farid, depuis les prisons de Lille-Sequedin et de Meaux, mai 2008

«Plus faible sera l’opposition, plus étroit sera le despotisme» Orwell, 1984

Tout est parti très vite. Nous étions deux lorsque notre véhicule a été contrôlé par les douanes à Vierzon. La fouille a abouti à trouver dans un sac des manuels de sabotage et de fabrication d’explosifs, le plan de nouveaux établissements pénitentiaires pour mineurs, disponible sur internet, et une petite quantité de chlorate de sodium. Sans doute la réunion de ces éléments donnait au contenu un sens particulièrement subversif… D’autant que Farid était fiché par la police politique pour son militantisme anticarcéral et son combat auprès des sans-papiers et des mal-logés. Quant à Isa, elle n’était connue d’aucun service de police.

Immédiatement la sous-direction antiterroriste de Paris s’est saisie de l’affaire. Les perquisitions n’ont en réalité rien donné si ce n’est qu’elles ont permis de mettre sous scellé des pétards, des tracts et des revues engagés, censés corroborer l’idée d’un projet terroriste. Ce que nous réfutons catégoriquement.

Peut-on dès lors accuser quelqu’un d’un crime qu’il n’a pas commis et qui n’a pas été commis, sur des simples suspicions reposant sur des documents qui ne prouvent rien en soi ? En réalité c’est la dimension politique qui a conduit à la lecture d’une telle menace. Cela signifierait que la lutte, la révolte est un crime dont tout manifestant en colère, dont tout homme libre et engagé est coupable… ?

Nous avons été placés sous un régime de garde à vue de 96 heures, avec la possibilité de rencontrer un avocat à l’issue seulement des 72 heures. Nos ADN ont été pris de force et celui d’Isa aurait été retrouvé le printemps dernier sur un « dispositif incendiaire » retrouvé devant le commissariat du 18ème arrondissement de Paris. Jusqu’à présent,
l’enquête ramait. Isa a nié toute relation avec cette affaire. Par ailleurs, l’ADN est un outil fortement controversé : dans ce genre d’affaire, il est toujours utilisé pour accuser la personne mise en examen, et la pseudo-objectivité scientifique vient clore tout débat.

Tous deux n’appartenons à aucun groupe politique mais faisons partie de ces gens que vous avez sans doute croisé lors de manifestations, de rassemblements, de réunions publiques, de concerts de soutiens, de projections de films, supports à débats… ; présents dans la lutte sociale et liés par le mouvement collectif.

Peut-être avez-vous entendu parler dans la presse des « anarcho-autonomes ». Lorsque le grondement et la rage de la rue s’expriment avec de plus en plus de détermination, l’Etat a besoin de dire, pour mieux diviser, que le mécontentement est noyauté et manipulé par des groupes radicaux, extrémistes, aveuglés, et fascinés par la
violence ; d’où l’existence de ce genre de catégorie censée désigner une figure imaginaire dont il faut se méfier et qui représente la limite à ne pas franchir, la menace de l’illégalité, de la répression, de la criminalisation…

En somme c’est une stratégie pour taire et effrayer tous ceux qui se lèvent pour des idées, contre l’oppression, pour la liberté… Nous avons ainsi été étiquetés, malgré nous… vague notion qui soudainement cacherait des groupes organisés pour le terrorisme,
cherchant à nuire « par l’intimidation et la terreur ». Nous sommes devenus une menace terrible pour l’Etat… Il faut diaboliser le visage du quidam pour être crédible, en déployant toute l’artillerie du langage !

Nous avons donc été écroués sous mandat de dépôt avec la mention « détenu particulièrement surveillé » ou « détenu à haut risque », ce dernier étant propre à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Autant dire que nous n’avions pas fini de réaliser les enjeux et les répercussions de cette paranoïa et hystérie du pouvoir. Nous sommes soumis à une surveillance intense. Ainsi, sans être jugés, sans être condamnés, nous
sommes proies à un acharnement politique qui s’efforce de fabriquer et de fantasmer au travers de nous, l’existence d’un réseau terroriste ultra dangereux. Maintenant que ce postulat est posé, tous les raccourcis sont possibles, toutes les interprétations doivent aller dans ce sens, tous les éléments sont traduits de sorte à ce qu’ils viennent le justifier.

Tout cela est particulièrement inquiétant et délirant. En quatre mois de détention provisoire nous avons eu le temps de sentir quelle était la logique de destruction, de vengeance et de punition de l’Etat vis-à-vis de ses sujets « insoumis » ; de subir son autoritarisme notamment par des transferts entre maisons d’arrêt et des mesures
d’éloignement arbitraires compromettant sévèrement la défense. Depuis peu nous avons appris que le dossier de « Créteil » avait été joint au nôtre, histoire de rassembler les « anarcho-autonomes »…

Nous ne voulons pas être les pantins des enjeux du pouvoir d’institutions politiques et répressives : ne laissons pas l’Etat écraser les espaces de lutte…

Isa* et Farid*, depuis les prisons de Lille-Sequedin et de Meaux, mai 2008

* surnoms

juin 5, 2008

Rassemblement contre la machine à expulser

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:39

- métro La Chapelle - dimanche 15 juin à 16h

Les contrôles et arrestations massifs de sans-papiers s’intensifient dans les quartiers et les gares. Au métro La Chapelle (ligne 2) et sur les boulevards qui l’entourent, ils sont devenus presque quotidiens : policiers et contrôleurs Ratp traquent, tôt le matin à l’heure d’aller au travail (à partir de 6 heures) et le soir, les sans papiers et les fraudeurs.

Plutôt que de faire des grosses rafles visibles, les flics préfèrent opérer en petites unités de civils. Les détenus du centre de rétention de Vincennes expliquent qu’ils se sont fait arrêter par des policiers déguisés en jeunes couples ou passants du quartier, puis emmener au commissariat dans des voitures banalisées. En discutant entre eux, les retenus ont remarqué qu’à chaque jour correspondrait un faciès : par exemple, au mois de mai, les jeudi et vendredi les flics n’auraient contrôlé que des maghrébins.

Le choix de ce quartier n’est pas anodin : entre Barbès et Stalingrad, la police sait qu’elle va attraper des travailleurs sans papiers. Et les autorités - de la préfecture à la municipalité - y trouvent leur compte, ça « nettoie » le quartier pour laisser place à la « mixité sociale » avec l’installation des bobos sur les Quais de Seine et à la Goutte d’Or. Cela fait plusieurs années que ces quartiers sont en « restructuration » : augmentation des loyers, expulsions des pauvres aux portes de Paris, contrôle des places et des rues. La Chapelle, comme beaucoup d’autres quartiers, est un secteur d’application de la politique d’immigration de la France et de l’Europe : expulser un maximum de clandestins tout en mettant en place l’ « immigration choisie et dévouée ». C’est le meilleur moyen pour optimiser le contrôle sur tous les travailleurs et sur tous les migrants.

Face à ces arrestations des gens s’organisent. En témoignent les réseaux d’alerte téléphoniques mis en place dans certains quartiers de la région parisienne pour se prévenir des contrôles, se rendre sur place et opposer une résistance à la police. Dans les centres de rétentions les personnes arrêtées se révoltent (grèves de la faim, émeutes, refus du contrôle et de rentrer dans les cellules…) et devant ces prisons, des manifestations et des parloirs sauvages se multiplient.

Sabotons la machine à expulser !

Ce rassemblement s’inscrit dans le cadre de la « semaine de solidarité sans frontières » (du 9 au 16 juin 2008).
Liberté pour tous les prisonniers, avec ou sans papiers !
Liberté pour toutes et tous !
Solidarité avec les deux de Vierzon, avec Bruno, Ivan, Damien et les autres !

Toute contribution pratique à la semaine de solidarité sans frontières pourra être envoyée à : solidarite_sans_frontieres@riseup.net

SAMEDI 7 JUIN

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 3:19

: HUIT HEURES DE SOLIDARITE INTERNATIONALISTE AVEC LES
PRISONNIERS POLITIQUES (CALONNE-RICOUART, 62)

Le Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés
politiques (59-62) et le Comité Solidarité Basque de Lille organisent
le samedi 7 juin 2008 de 14 h à minuit, salle de la Mairie à
Calonne-Ricouart dans le Pas-de-Calais, leur premier meeting commun de
solidarité internationaliste avec les prisonniers politiques.

Cette initiative se fait en partenariat avec la municipalité
communiste de Calonne-Ricouart et de nombreuses organisations
internationales de défense et de solidarité avec les prisonniers
politiques, avec la présence d?anciens prisonniers et de réfugiés
politiques.

Cette initiative se déroule dans un contexte international tendu où
les affrontements se multiplient dans de nombreux pays avec, en toile
de fond, les rivalités entre les puissances impérialistes susceptibles
de provoquer de nouveaux conflits armés à grande échelle.

Les situations de misère économique et de crises à répétition
occasionnent depuis des années un renforcement de la politique
répressive et liberticide des Etats et des gouvernements contre la
partie la plus démunie des peuples, les militants progressistes et les
résistants, mais aussi contre les exilés et réfugiés politiques? Tout
cela fait l?objet, soit de mensonges, soit d?un détestable et total
black-out.

Le renforcement de mesures d?exceptions contre la résistance politique
se généralise. Des lois, des tribunaux et des corps policiers et
militaires sont à l??uvre dans les Etats dits « démocratiques ». La
répression sans frontières se développe? Le chaos s?installe à pas
feutrés et les peuples trinquent !

Les comités organisateurs appellent les citoyens conscients de cette
détérioration des droits élémentaires, les collectifs et mouvements
démocratiques, toutes celles et ceux qui partagent ces combats pour la
solidarité et la libération des prisonniers politiques, à se joindre à
eux pour cette initiative du 7 juin 2008, pour montrer que Solidarité
s?écrit encore avec un grand S.

- Dès 14h : tables de presse, exposition, projection?

- 15h : débat interactif avec les militants venus de nombreux pays
(ex-prisonniers et soutiens)

- 18h : pause, projections, restauration, musique révolutionnaire et de lutte?

- de 19h à minuit : concerts en live : avec le groupe de rap conscient
du 93, la K-Bine ; un slameur de la région ; un groupe local de rock
alternatif? et « peut être » une grosse surprise ???

Cet événement devra avoir des conséquences significatives contre
l?injustice que représente l?incarcération des militants progressistes
en raison de leurs opinions, de leurs choix politiques et de leurs
actes de résistance.

Soyons nombreux à nous mobiliser et à mobiliser pour ce 7 juin
historique dans la région 59-62, nos camarades emprisonnés-es ou
réfugiés-es le méritent !

La belle affiche et les informations sur cette journée (itinéraire,
programme…) se trouvent sur le site de “Libérez-les!” :
http://www.liberez-les.info

(Calonne-Ricouart est à 35 km d?Arras, 55 km de Lille : direction
Bruay la Buissière en venant de Lens)

liberez.les@gmail.com - Csblille@aol.com

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Libération immédiate des prisonniers d’Action directe.

Pour être tenu au courant des initiatives :
http://nlpf.samizdat.net - http://www.action-directe.net

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