RAP CONSCIENT

août 25, 2008

Manifestation contre les Centres de Rétentions: Samedi 30/08

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:06

9eme COLLECTIF DES SANS PAPIERS
MANIFESTATION SAMEDI 30 AOÛT 2008 A 14H30
DE LA BASTILLE VERS LE CENTRE DE RETENTION DE LA CITE

DE LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX AU DENI DE DEMOCRATIE

Les sans-papiers détenus dans le centre de rétention de la Cité, du Mesnil Amelot, comme à Vincennes, comme à Nantes, et partout en Europe et ailleurs, subissent quotidiennement des provocations et des violences policières.
Leurs droits sont quotidiennement bafoués.
Face à ces politiques meurtrières, nous créons des solidarités, nous manifestons, nous revendiquons, et nous continuerons à le faire.

La plainte déposée le 2 Août par le Ministre de l’immigration et de l’expulsion, Monsieur Brice Hortefeux, à l’encontre de l’association SOS Sans-papiers suite aux évènements de Mesnil-Amelot, tout comme les accusations dont a été victime le Réseau Education Sans Frontières, ne sont pas des faits isolés et s’inscrivent dans une stratégie d’ensemble mûrement réfléchie du gouvernement actuel.

Celle-ci vise à décrédibiliser, à empêcher, voir annihiler toutes formes d’oppositions et de revendications portées par des entités diverses, partis politiques, syndicats, associations ou collectifs, et partant, toute la société civile. Pour exemple : culpabilisation des grévistes et restriction du droit de grève par l’adoption de nouvelles lois («Ils vous prennent en otages. Vous ne pouvez plus allez travailler » ; « vos enfants ont le droit d’étudier et de construire leur avenir»…) ; rapports émanant des Renseignements Généraux et déclarations de la Ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, faisant état d’une «possible résurgence du terrorisme» du côté de la mouvance «anarcho-autonome»…
Une déclaration récente du Président de la République Nicolas Sarkozy finit de lever tout doute possible : « Quand il y a une grève en France, maintenant personne ne s’en rend compte ».

Cette criminalisation des mouvements sociaux permet de créer une nouvelle « classe dangereuse », une nouvelle classe des « indésirables » , des « irrécupérables », et a mobiliser idéologiquement la société contre celle-ci : après les chômeurs et précaires, les jeunes des cités, ou bien encore les immigrés sans–papiers, voici les citoyens qui contestent et qui revendiquent leurs droits.

Cette criminalisation des mouvements sociaux, outre le déni de démocratie que représente le refus du principe de contradiction, fait signe vers un nouvel usage de l’exception par l’Etat. Si ce dernier pouvait suspendre les libertés depuis longtemps en cas de guerre, l’usage de l’exception s’applique aujourd’hui à des catégories de personnes très spécifiques, ainsi qu’à des situations de plus en plus nombreuses. Ici les personnes sans-papiers et les citoyens contestataires, auxquels l’état d’urgence doit ou devra s’appliquer.

Un gouvernement peut-il criminaliser la société toute entière dès lors que celle-ci n’épouse pas ses vues ? Car n’en doutons plus, cette criminalisation est aujourd’hui étendue à tout un chacun.
Il s’agit là d’une politique de la peur et de la xénophobie d’Etat, que le gouvernement n’hésite pas à déployer afin de satisfaire les intérêts d’une minorité de nantis au détriment du plus grand nombre, et qu’il faut donc refuser en bloc.
Refuser l’exploitation. Refuser la manipulation. Refuser la criminalisation.

FRANCAIS IMMIGRES SOLIDARITE !
DROIT A LA LIBERTE D’EXPRESSION
DROIT DE GREVE ET DE MANIFESTATION
ARRET DES RAFLES ET DES EXPULSIONS
FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION
REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS

MANIFESTATION SAMEDI 30 AOÛT 2008 A 14H30
DE LA BASTILLE VERS LE CENTRE DE RETENTION DE LA CITE

9ème Collectif des Sans-Papiers /// 9eme_collectif@no-log.org /// 9emecollectif.net

Remballe ton pape ! Pourquoi nous nous opposons à la venue de Benoit XVI

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:32

Les 12, 13 et 14 septembre prochain, le Pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger) sera pour la première fois en France, invité par Nicolas Sarkozy. Cette présence du Chef du Vatican, cautionnée par l’Etat français, est inacceptable et constitue une attaque contre le mouvement social pour plusieurs raisons.

Une attaque contre la séparation de l’Eglise et de l’Etat
Par cette invitation, Nicolas Sarkozy confirme sa position sur une « laïcité positive » qui ne devrait pas avoir « le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ». Il n’hésite pas à promouvoir l’intrusion de la pensée chrétienne dans les affaires publiques quand il dit que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Malgré les protestations, la rentrée prochaine verra « l’éducation civique » remplacée une « l’instruction civique et morale » aux relents de catéchisme républicain et d’obéissance aveugle aux règles. N’oublions pas aussi qu’en 2007, Christian Vanneste, député UMP-CNI du Nord, a envoyé à des établissements scolaires l’ouvrage « Homme et femme, il les créa », condamnant les théories de l’évolution et l’homosexualité.

Il y a une persistance des liens structurels entre Etat français et autorité vaticane. Le Président de la République a accepté le titre de chanoine. Christine Boutin, actuelle ministre du logement et de la ville, est nommée depuis 1995 au Conseil Pontifical pour la famille du Vatican, et son cabinet ministériel compte un prêtre, Jean-Marie Petitclerc. Ces exemples constituent une attaque contre la laïcité instituée par la loi.

Une attaque contre les femmes
Les propos à l’encontre des femmes et de leurs droits tenus par l’Eglise catholique en général, et par Benoît XVI en particulier, sont rétrogrades, sexistes, misogynes et lesbophobes. Dans sa lettre encyclique Evangelium Vitae, il semble nécessaire à Ratzinger de rappeler les paroles prêtées à Dieu envers Eve, suite au prétendu « péché originel » : « Le désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi » (Genèse, 3, 16).

La supériorité divine des hommes sur les femmes organise la société dans toutes ses sphères : Ratzinger ajoute que « les femmes qui le désirent librement pourront consacrer la totalité de leur temps au soin du ménage [...], tandis que celles qui désirent avoir d’autres activités pourront le faire, avec des horaires adaptés, sans être mises devant le choix de devoir sacrifier leur vie de famille. » A l’heure où les femmes occupent une large part des emplois précaires et consacrent une majorité du temps qu’il leur reste au travail domestique gratuit, Benoît XVI tient à leur rappeler leur place : le foyer et la famille. La famille, défendue par Ratzinger, est surtout le premier lieu de la violence domestique.

Une attaque contre le droit à la contraception et à l’avortement
Le catéchisme de l’Eglise catholique perdure : « le plaisir sexuel est moralement désordonné quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d’union. »

Puisque la norme est que sexualité et reproduction soient intimement liées, c’est tout d’abord au droit à l’avortement que l’Eglise catholique s’en prend. Des milliers de femmes meurent chaque année dans les pays où l’avortement est illégal. Là où il est légalisé, le droit des femmes à disposer de leur corps est attaqué sans relâche. En France, où 40 % des femmes avortent une fois dans leur vie, les services hospitaliers qui le pratiquent sont de moins en moins financés, sous l’influence d’un lobbying actif de l’Eglise catholique. Cette dernière promeut également l’extension de la clause de conscience - le droit des médecins à refuser de pratiquer l’avortement notamment - et indique qu’il s’agit d’un devoir.

Une attaque contre nos vies : le pape complice de la propagation du VIH
L’Eglise catholique s’en prend globalement à la majorité des moyens de contraception, y compris le préservatif qui permet de se protéger de nombreuses maladies sexuellement transmissibles et, notamment, du virus du Sida (VIH).

Dans un contexte mondial où la pandémie du VIH progresse et fait des ravages, continuer d’interdire des méthodes de protection des vies humaines, comme le préservatif, qui sont simples, peu coûteuses et efficaces est criminel.

Une attaque contre le droit de choisir son genre et sa sexualité
La Bible condamne l’homosexualité et Ratzinger décrit « l’inclination particulière de la personne homosexuelle » comme « un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral ».

Par ses propos, l’Eglise permet de légitimer toutes les discriminations et violences commises envers les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transexuel-le-s et intersexes (LGBTI). Elle fait perdurer un ordre moral qui condamne à la sous-citoyenneté toutes celles et ceux qui ne veulent pas s’y conformer. Cet ordre suppose qu’il n’existe que deux genres, « naturellement » déterminés par deux sexes, hommes et femmes nécessairement complémentaires, niant ainsi l’existence des personnes transgenres, transsexuelles et intersexes.

Une attaque contre la solidarité et les luttes sociales
A propos des immigré-e-s, le Pape a souligné que quiconque leur apportait son aide devait le faire « dans le respect de la loi faite pour assurer le bon déroulement de la vie sociale. » On voit que quand il s’agit de gens que la police rafle et emmène en centre de rétention, les capacités de protestation de l’Eglise catholique ne se sont pas beaucoup améliorées depuis la Seconde guerre mondiale.

Mais, plus globalement, Benoît XVI tient à envoyer un message clair contre l’émancipation : « il serait criminel de prendre les éléments de la piété populaire et de les orienter vers un plan de libération purement terrestre, lequel se révèlerait rapidement comme rien d’autre qu’une illusion ». Pour tous et toutes les opprimé-e-s, pour tous ceux et celles qui voudraient lutter pour voir leur situation s’améliorer ou qui aspirent à un monde meilleur, il suffirait de courber l’échine pour pouvoir atteindre le bonheur… mais seulement après la mort.

Nous sommes contre la violence et les discriminations de l’Eglise.

Nous sommes pour le droit de faire ce que nous voulons de notre corps, sans avoir à répondre à une norme, à une esthétique, qu’elle soit religieuse, sociale ou idéologique.

Nous sommes pour le droit de choisir nos sexualités, sa/son/ses partenaires.

Nous réaffirmons que l’accomplissement des femmes ne passe pas par la maternité, qu’elle n’est pas un destin biologique mais doit rester un choix.

Nous exigeons :

que l’Eglise ne s’immisce pas dans la politique,

que l’Eglise arrête de faire des déclarations criminelles,

que les gouvernements français mettent tout en place pour s’affranchir de l’idéologie catholique,

le libre accès et la totale gratuité des moyens de contraception et de l’avortement.

Premiers signataires : Marche mondiale des femmes, Panthères roses, Alternative libertaire, Offensive libertaire et sociale, Scalp , Ligue communiste révolutionnaire

http://remballe-ton-pape.over-blog.com/

source:ccc forum

août 17, 2008

Lectures

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 7:21

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“PASSAGES A L’ACTE-Violence politique dans le berlin des années 70″ de Michaël “Bommi” Baumann

“Dans l’atmosphère de l’Allemagne en crise des années 60-70, un jeune ouvrier berlinois contestataire bascule dans l’action politique violente.
Son habileté à manier les explosifs lui vaudra le surnom de ” Bommi “. Après des années de vie clandestine ponctuée par des attentats, il décide d’abandonner le terrorisme et de disparaître de la scène militante. Ecrit juste après, ce livre est à la fois le récit d’une aventure personnelle hors du commun, un témoignage captivant sur la vie quotidienne des militants d’extrême gauche et une réflexion particulièrement lucide sur les limites de la lutte politique armée.
Publié en France en 1976, sous le titre Tupamaros Berlin-Ouest, ce livre a vite été considéré comme un classique de la littérature militante mais était indisponible depuis très longtemps. ”

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“BAKOUNINE: La vie d’un révolutionnaire” de H.E Kaminsky

“Détruire les anciens rapports sociaux, produire l’étincelle qui mettra le feu aux poudres, cette illumination d’un monde nouveau, il ne cessera de la vivre pour la rendre plus proche. Kaminski a su décrire avec justesse et chaleur la vie étonnante de cet aristocrate russe devenu un vagabond magnifique et dépenaillé.”

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“LES EN-DEHORS Anarchistes individualistes et illégalistes à la « Belle époque »”
de Anne Steiner

“Ils ont vingt ans en 1910 et se définissent comme des « en-dehors ». Hors du troupeau, ils refusent de se soumettre à l’ordre social dominant, mais rejettent aussi tout embrigadement dans les organisations syndicales ou politiques. Pour eux, l’émancipation individuelle doit précéder l’émancipation collective. Leur refus des normes bourgeoises, comme des préjugés propres aux classes populaires, les amène à inventer d’autres rapports entre hommes et femmes et entre adultes et enfants, à prôner l’amour libre et la limitation volontaire des naissances. Leur rejet du salariat les conduit à expérimenter la vie en milieu libre, à réfléchir à d’autres modes de consommation et d’échanges, mais aussi à emprunter la voie de l’illégalisme -jusqu’au célèbre périple de la « bande à Bonnot ». En révolte contre sa famille, Rirette Maîtrejean débarque à Paris à l’âge de seize ans et devient l’une des figures de ce milieu. Son parcours sert de fil conducteur à ce récit qui fait sortir de l’ombre bien des acteurs de cette épopée anarcho-individualiste ayant fait leur ce précepte de Libertad : « Ce n’est pas dans cent ans qu’il faut vivre en anarchiste ». Exigence que plus d’un paya de sa liberté et même de sa vie”

Lettre de Damien.

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:48

Durant la période éléctorale qui a vue l’arrivée de Sarkozy à la présidence, l’ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages à des bris de vitrines de permanences d’élus, de nombreux actes marquent cette période. Début mai, il y eu aussi une tentative d’incendie d’une voiture de flic devant un commissariat de Paris.
C’est pour cette tentative qu’Isa, Juan et aujourd’hui Damien sont en détention préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient été retrouvés sur l’engin incendiaire.
Tous les trois sont sous le coup d’une instruction antiterroriste.

Salut à tous les camarades,

C’est une triste nouvelle qui me pousse à écrire cette lettre. A l’heure où elle sera rendue publique, je serai en prison, enfermé dans une cellule pour un temps que j’ignore. Il y a une semaine j’ai reçu une convocation de la juge antiterroriste Houyvet pour le 14 août en tant que mis en examen dans le cadre de l’instruction sur la supposée « Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne ». Pour mémoire, j’avais déjà été interpellé le 19 janvier avec Ivan et Bruno qui étaient en possession de fumigènes. J’avais alors été placé sous contrôle judiciaire.

Je suis donc convoqué le 14 août car les flics et les experts en charge de ces affaires prétendent avoir recoupé mon ADN prélevé sur un de mes habits en Garde-à-vue le 19 janvier (j’avais alors refusé de le donner volontairement) avec l’un de ceux relevé sur une bouteille remplie d’essence retrouvée sous une dépanneuse de la police en mai 2007, au moment de l’élection présidentielle. Dans cette affaire, Isa et Juan sont déjà incarcérés. Je sais donc en me rendant à cette convocation que je n’ai aucune chance d’en sortir à l’issue et pourtant je m’y rends. Si je tiens à écrire cette lettre, ce n’est pas pour me justifier ni pour chercher un assentiment collectif. J’ai fait ce choix après réflexion et après en avoir discuté longuement et collectivement. Ce fut évidemment une décision difficile mais je l’assume pleinement. J’avais seulement envie d’expliquer cette décision à toutes celles et tous ceux avec qui j’ai déjà partagé des moments de vie et de lutte et parce que cette situation peut toucher d’autres personnes et qu’il est bon de partager les expériences. Si je le fais dès aujourd’hui, c’est parce que je sais bien qu’il sera plus difficile de communiquer ensuite.

Dans cette affaire, mon ami Bruno a fait un choix différent, il a préféré la cavale pour des raisons tout à fait compréhensibles. Je lui souhaite de tout cœur bon vent et j’espère que tous les charognards de la répression ne retrouveront jamais sa piste. Nos choix ne sont pas les mêmes mais ne s’opposent pas entre eux. Libre, en cavale, sous contrôle judiciaire ou enfermé, ces situations sont différentes mais quelle qu’elles soient, nous restons animés par le même désir de liberté et le même envie de révolte face à ce qui nous opprime.

Dans ma situation, il n’y avait que peu de possibilités : partir ou me rendre à la convocation, soit l’exil ou la prison. Je ne voulais pas ne pas m’y rendre et attendre qu’ils viennent m’arrêter chez moi ou m’enlever en pleine rue. Quant à partir, je ne me voyais pas refaire ma vie à des milliers de kilomètres ni vivre caché dans la crainte permanente d’être arrêté. Bien que, je le répète encore, je comprends et soutiens tous ceux qui ont fait ces choix, mais moi je ne me le sentais pas, voilà tout. Restait donc me rendre à cette convocation et aller quelques temps en taule, ce qui ne signifie pas que j’accepte mon sort. Aller en taule tout en continuant à lutter pour la liberté, sans oublier ce qui nous anime politiquement, sans renier ce qu’on est, des révoltés contre l’ordre des choses, contre la marche de ce monde qui se prétend naturelle et contre la résignation.

Quant aux faits qui me sont reprochés, je nie une quelconque participation à cette action, je conteste ce rapport d’expertise et par là tout le système judiciaire et sa cohorte d’experts qui font maintenant de l’ADN l’élément indiscutable prouvant la culpabilité, l’empreinte génétique devenant la preuve absolue. J’affirme néanmoins ma pleine solidarité avec toutes celles et tous ceux qui, lors de la dernière élection présidentielle, ne se sont pas contentés de rester dans leur coin mais sont descendus dans la rue pour gâcher la fête de l’arrivée au pouvoir d’un nouveau chef et exprimer avec rage leur refus d’être gouvernés, chacun à leur manière.

Cette révolte se poursuit aujourd’hui de différentes manières, dans les centres de rétention, dans les lycées ou dans les rues et j’espère de toute ma détermination et de toute ma rage que les murs qu’ils construisent ne suffiront à nous séparer et à briser nos solidarités et nos révoltes.

A bientôt, Damien.

Plus de textes et d’infos sur:
https://infokiosques.net/spip.php?article597

août 15, 2008

Soutiens aux sans-papiers le 16 aout ,le 20 aout et le 22 aout!!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:44

Manifestation samedi 16 aout à 14h30 à chateau rouge
Appel à la manifestation du 9ème collectif des sans-papiers

NON A LA CRIMINALISATION !!! SEULE LA LUTTE PAIE !!!
Les sans-papiers détenus dans le centre de rétention de Mesnil-Amelot comme Vincennes, comme à Nanterre, et partout en Europe, subissent quotidiennement des provocations et des violences policières.

Leurs droits sont quotidiennement bafoués. Face à ces politiques meurtrières, nous manifestons, nous revendiquons, et nous continuerons à le faire.

La criminalisation des mouvements sociaux permet de créer une nouvelle “classe dangeureuse”, une nouvelle classe des “indésirables”, des “irrécupérables”, et à mobiliser idéologiquement la société contre celle-ci : après les chômeurs et précaires, les jeunes des cités, ou bien encore les immigrés sans-papiers, voici les citoyens qui constestent et qui revendiquent les droits.

La criminalisation des mouvements sociaux, outre le défi de démocratie que représente le refus du principe de contradiction, fait signe vers un nouvel usage de l’exception par l’Etat. SI ce dernier pouvait suspendre les libertés depuis longtemps en cas de guerre, l’usage de l’exception s’applique aujourd’hui à des catégories de personnes très spécifiques, ainsi qu’à des situations de plus en plus nombreuses. Ici les personnes sans-papiers et les citoyens constataires, auxquels l’Etat d’urgence doit ou devra s’appliquer.

Malgré la criminlaisation les sans-papiers ne doivent pas se laisser aller à la peur.

C’est notre crainte de sortir de l’ombre qui nous confine dans notre précarité, dans les foyers-taudis, et le travail clandestins légalisé.

Mieux qu’un slogan, il s’agît d’une vérité mainte fois vérifiée par le mouvement des sans-papiers tant au niveau des régularisations arrachées au niveau des préfectures que ce qui concerne les libérations des détenus pour défaut de papiers.

Nos victoires nous les devons à nos mobilisations, à notre détermination, et à notre dolidarité.

Nous avons appris par l’expérience que nos pires ennemis s’appellent : isolement, peur et découragement.

Isolés, nous sommes vulnérables alors qu’ensemble et solidaires nous pouvons organiser la résistance gage de la victoire certaine.

Sortons de l’ombre !

Brisons le silence !

Revendiquons nos droits !

Manifestation Samedi 16 Août à 14h30

Départ : Métro Chateau Rouge
ARRET DES RAFLES ET DES EXPULSIONS

FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION

REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS

9ème Collectif des sans-papiers // 9eme_collectif at no-log.org //

http://9emecollectif.net

prochaines manifestations de la semaine prochaine

Mercredi 20 Aout à 10 Heures du matin

Vendredi 22 14 à heures

départ de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, Paris 3e

pour en savoir plus venir sur place il y a une caisse de solidaritè la situation financière de nombres d’occupantes de la bourse sont très critique du fait de 3 mois d’occupation et de grève

et bien sur vous pouvez amener de la nourriture des boissons des jeux pour les enfants ET VOTRE SOLIDARITE ET VOTRE SOUTIEN

http://bourse.occupee.free.fr/

http://bourse.occupee.free.fr/index.php

Bien sur les camarades sans papie-res de la bourse du travail et de Man Btp serons aussi la pour la manifestation de l’anniversaire de l’intervention policière de Saint Bernard

SAINT-BERNARD 1996 – BOURSE DU TRAVAIL 2008

la lutte continue

MANIFESTATION

SAMEDI 23 AOÛT, à 13 h

départ de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, Paris 3e (métro Filles du Calvaire)

pour rejoindre les autres manifestants, à 14 h, place de la République

pour marcher tous ensemble jusqu’à Saint-Bernard

Il y a douze ans, le mouvement des Sans-papiers commençait avec l’occupation

de l’église Saint-Bernard par des grévistes de la faim.

Depuis, leur mot d’ordre est devenu le mot d’ordre de tout le mouvement :

Des papiers pour tous !

Douze ans plus tard, la lutte continue avec l’occupation de la Bourse du travail

par des travailleurs sans-papiers isolés.

Avec les piquets de grève des travailleurs sans-papiers dans de nombreuses entreprises.

Avec un même mot d’ordre :

Régularisation de toutes et de tous !

À qui profite le travail sous-payé des Sans-papiers ?

À qui la condition d’illégalité sociale dans laquelle ils sont maintenus ?

Aux patrons qui s’engraissent du travail clandestin !

Assez d’esclaves pour les patrons-voyous !

Le gouvernement veut-il vraiment en finir avec le travail au noir ?

Avec les centaines de milliers de situations illégales ?

Veut-il vraiment régulariser ceux qui travaillent ?

Qu’il cesse de favoriser les patrons contre d’honnêtes travailleurs surexploités !
Assez de lois discriminatoires ! Assez de la loi Hortefeux !

ABROGATION DE L’ENGAGEMENT PATRONAL !
SUPPRESSION DE LA TAXE ANAEM !

POUR LA GRÈVE GÉNÉRALE DES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS !

REJOIGNEZ L’OCCUPATION DE LA BOURSE DU TRAVAIL !

Coordination 75 des collectifs de sans-papiers parisiens

août 14, 2008

Brochure à lire…”point de vue sur le sexisme”

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 1:48

télécharger la brochure ici

août 12, 2008

“Kommando Malik ” Skalpel…dispo Gratuitement!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 8:37

ICI

“l’insurrection qui vient”…livre à télécharger

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 7:26

ICI

Une arrestation de plus à montreuil…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:16

Article trouvé sur le Jura Libertaire,
repris d’indymedia paris

Une arrestation de plus à Montreuil

Le 29 juillet, G. s’est fait arrêter à dix heures du matin en pleine rue, à Montreuil, alors qu’il sortait de là où il avait passé la nuit. Sous la réquisition de la juge anti-terroriste Marie-Antoinette Houyvet, l’équipe de la brigade criminelle section anti-terroriste du commandant Mario Menara le place immédiatement en garde à vue en régime anti-terroriste.

Ce qui implique que celle-ci peut durer jusqu’à 96 heures, qu’il n’a droit à un avocat qu’à partir de la 72e heure et que c’est le juge qui décide s’il peut prévenir un proche, en l’occurrence elle le refusera.

On lui déclare rapidement que l’objectif de cette arrestation est de comparer son ADN à ceux qui auraient été retrouvés sur un engin incendiaire, sous une dépanneuse de police en mai 2007. Deux personnes dont les ADN correspondraient sont en détention et la brigade criminelle dit rechercher encore trois personnes de sexe masculin dont les ADN correspondraient à ceux prélevés sur l’engin. Deux policiers menottent G. à une chaise, lui ouvrent la bouche de force et prélèvent son ADN.

La brigade criminelle affirme que deux gardes à vue passées avec Juan et une vérification d’identité à l’occasion d’une manifestation devant la prison de Fresnes en soutien à celui-ci, sont des éléments suffisants pour lancer une investigation contre G. En l’occurrence, cette investigation a déjà donné lieu à une filature pendant un temps indéterminé («On sait où tu as dormi et à quelle heure tu te lèves»), une surveillance des appels téléphoniques (G. peut voir précisément sur une table de la brigade tous les appels qu’il a donnés et reçus et les noms qui correspondent à ces numéros pendant au moins trois semaines), et à une enquête sur ses activités. Les interrogatoires portent sur les liens qu’il entretiendrait avec les personnes incarcérées au cours dans cette affaire.

Mais G. n’a «rien à déclarer». Alors les flics discutent, jouent les gentils, tentent de cerner le profil… Suit une réquisition au domicile de G. lors de laquelle des tracts (Refuser le fichage ADN, Pourquoi nous haïssons la police, Quand la BNP collabore, Fêtons la destruction du CRA Vincennes), une brochure (Refuser le fichage ADN) et une affiche (Réunion contre les nouvelles technologies de police) sont saisis et mis sous scellés. La brigade criminelle dit s’occuper des actes de violence de la mouvance anarcho-autonome (à cette occasion G. apprend par un flic que RESF en ferait partie) et plus particulièrement de l’affaire de la dépanneuse et de celle d’agences BNP dévastées et incendiées.

Elle convoque pour le lendemain les trois personnes présentes dans l’appartement au moment de la perquisition. Les flics menacent : «Si vous ne venez pas, vous ne pourrez pas sortir de France» ou «Tant que vous ne venez pas, G. ne sortira pas».

Après de longues discussions et sous la pression de la police, les trois personnes se rendent au quai des Orfèvres. On les interroge sur les liens qu’ils entretiendraient avec les personnes de l’affaire pré-citée, sur les tracts saisis, sur leur présence et celle de G. à Montreuil. Les trois personnes convoquées déclarent méconnaître l’affaire ainsi que les personnes supposées concernées. Enfin, les flics disent que l’ADN ne correspond pas, ils attendent que les personnes convoquées soient interrogées et ils reclâchent G.

Les lois sont immorales, notre délinquance a des principes… actifs.

Liberté pour Isa, Juan et tous les autres enfermés !

Pour plus d’informations : brochure Mauvaises intentions.

août 9, 2008

A lire…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:37

lettre d’isa depuis la prison de lille-sequedin (mai 2008)

En janvier 2008, Isa et Farid sont arrêtés par les douanes à Vierzon en possession de chlorate de soude, de plans de la prison pour mineurs de Porcheville et de manuels de sabotages. L’ADN d’Isa, prélevé pendant la garde-à-vue correspondrait avec celui retrouvé sur des engins incendiaires sous une voiture de police en mai 2007 à Paris.

Le 20 juin, le frère d’Isa, Juan, est arrêté à son tour et directement incarcéré à la prison de Fresnes, au motif que son ADN aurait également été identifié dans l’affaire de mai 2007. Il a ensuite été transféré à Rouen. Ces affaires sont instruites sous juridiction anti terroriste (voir « Anti terrorisme encore »

paris.indymedia.org/article.php3?id_article=102138).

Ce texte a été écrit par Isa en mai 2008 alors qu’elle venait de se faire transférer de la maison d’arrêt de femmes de Fleury-Mérogis à celle de Lille-Séquédin. Aujourd’hui elle se trouve à la prison de Rouen où elle vient de sortir de 10 jours de mitard pour avoir été classé « meneuse » par l’administration pénitentiaire pour un blocage de la cour de promenade suite au tabassage d’une prisonnière (voir « Solidarité avec les prisonnières en lutte de Rouen »

http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id…=7201

« Je me décide enfin à écrire, 4 mois et demi après mon incarcération en mandat de dépôt, parce que cette cage gigantesque mais étriquée qui nous traque dehors et dedans, m’écœure d’un dégoût incommensurable. Comment ne pas penser à la chasse policière qui se rabat sur nous, dehors, comme un poison qui se répand, déterminé à étrangler la révolte et asphyxier les solidarités. Comment oublier n os proches qui se font suivre et épier, arrêter, contrôler. Comment ignorer la politique d’un pouvoir qui, soucieux de survivre à sa propre nuisance et médiocrité, bâtit la légitimité de sa gouvernance sur le sentiment d’insécurité et sur la division de ses sujets… La crainte d’un crime macabre et de hordes de barbares, tantôt spontanés, tantôt organisés, est indispensable à l’Etat pour justifier une stratégie répressive, sécuritaire et policière qui pérennise ses pleins pouvoirs. Les citoyens peuvent dormir tranquille, l’Etat veille et condamne les pédophiles criminels, les terroristes assassins, les malfrats sanguinaires, qui foisonnent dans nos quartiers… La menace est partout. Et les mots sont puissants pour créer le danger.

La réalité est que l’économie de la peur est un marché fructueux et très épanoui. Les caméras de surveillance pullulent, ainsi que les sociétés privées de surveillance. Les nouvelles technologies excellent en matière de sécurité et de mouchards. De même, la police grouille dans nos rues et dans nos gares, la justice est mécanique et expéditive ; les prisons de toutes sortes fleurissent et se surpeuplent.

C’est évident le monde est partagé entre les honnêtes gens d’une part ; et puis les pauvres, les chômeurs, les sans papiers, les immigres, les jeunes, les grévistes, les sans permis, les escrocs de la sécu, les fraudeurs, les petits trafiquants du marché noir, les voleurs de pomme, les agités qui outragent et se rebellent, les insoumis qui refusent l’identification et le fichage, les alcooliques, les drogués, les adeptes de pétards et de fumigènes, les prostituées, les dépressifs, les bagarreurs, les faucheurs, les casseurs, les saboteurs, les fainéants, les curieux de lectures subversives, les vagabonds…. Dans un monde gouverné à la faveur des honnêtes gens, on ne peut accepter un écart de conduite coupable et la lutte pour accéder à cette classe est vorace et se mesure au mérite. Travaille avec zèle, dénonce ton voisin, élève tes enfants à la grandeur de l’identité nationale, suit avec docilité les directives du « parti ».

Existe-t-il réellement une conscience du monde aussi servile et exiguë ? Est-ce le triste ordre qui nous régit ? Nous ne sommes pas dupes et n’entrons pas dans ce jeu. Nous n’incarnerons pas ces épouvantails. Nous ne serons ni des boucs émissaires ni des martyrs. Dans une société où il est bon de se taire et de rester à sa place, la révolte peut être combattue à coups de matraque, de murs et de barbelés, d’irradiations au discours dominant et calomnieux, elle ne sera pas vaincue. Les idées et la pensée critique n’ont ni maître ni frontière et les esprits libres auront toujours la rage de vivre du carcan éternel des oppresseurs exploitants et des exploités opprimés.

En 4 mois, j’ai exploré la Maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis et le quartier des femmes de Lille-Séquedin. D’ici un mois, je devrai fouler le centre pénitentiaire de Rouen… Que dire de cette expédition disloquée et inattendue qui nous arrache les pieds de la terre et la tête des nuages pour nous compartimenter, nous morceler, nous réduire en mille espaces temps, en mille lieux et réalités, en un fouillis de « soi », d’image de soi, visages multiples, difformes ou amnésiques… Comment définir ce parcours du moi incertain entre police, justice, prison ?… Chaque pas est une progression dans une jungle de cages imbriquées les unes dans les autres comme des poupées russes, muettes et censurées. Et chaque pas doit être un retour en soi pour recomposer les pièces dispersées de l’esprit, et détruire les barreaux qui s’ébauchent dans les tréfonds du corps. Ce serait une folie que ma situation pénale et carcérale me colle à la peau ! Nier notre propre conscience pour une paranoïa d’Etat est un acte suicidaire !

Je ne sais pas exactement comment s’articulent le pouvoir et les responsabilités entre les instances judiciaires et pénitentiaires. Toujours est il que mon transfert à Séquedin a été motivé « officiellement » par des dessins que j’avais fait de ma cellule et de la cour de promenade, susceptibles de nuire à la sécurité de l’établissement (prétexte) … Alors qu’un rêve d’évasion est sans doute la plus juste cause qui peut tenir éveillé un prisonnier (enfin, de là à franchir le pas, la réalité est complexe… !). Il paraîtrait que mon transfert immédiat en région parisienne serait empêché par ce genre de querelle : la délicate question des détenus particulièrement surveillé (DPS) … Voilà, du coup, si jamais je n’étais pas libérée d’ici là, un transfert à Fresnes serait envisagé au mois de septembre … Entre temps la seule solution intermédiaire qui m’est proposé pour me rapprocher de Paris est Rouen. Ce que j’ai accepté étant donné que la maison d’arrêt est plus accessible pour mes proches… Mais je ne cesserai de rappeler la précarité et l’illusion de mes droits de prévenue présumée innocente ; qui semblent pourtant tout à fait concordant avec l’incarcération, une enquête à charge et puis ma supposée dangerosité. Cela entraîne un contrôle renforcé, justifie l’éloignement et l’isolement vis-à-vis des proches et de la défense.

Pour illustrer l’insignifiance de cette condition je pourrai par exemple raconter comment j’ai passé 2h30 dans une cage à lapin d’un fourgon de la gendarmerie avec les mains menottées, quelques trous d’aération, à peine la lumière du jour, sans boire ni manger, jusqu’à arriver au tribunal de Paris, discuter quelques minutes avec l’avocat que je n’avais pas vu depuis ma dernière extraction, et enfin être interrogée devant le juge avec un mal de crâne infernal ; en sachant qu’il faudra envisager le retour de la même manière… C’est une représentation tout à fait précise du sens de nos droits. Et c’est bien connu.

Pour revenir un peu en arrière, rentrer en prison a été un bouleversement terrible. Après 5 jours d’un cauchemar sous tension, en garde à vue, avec des accusations lourdes et dans des proportions que je n’aurai même pas soupçonné, l’attente interminable a commencé… Jusqu’à quand ?? Au bout de 2 mois j’avais cependant retrouvé un certain équilibre, lier des connaissances… Seulement on a préféré me casser encore un peu, dans la logique punitive et vengeresse, et j’ai atterri à Lille-Séquedin, prison moderne surgie de la terre il y a 5 ans.

Une fois encore c’était l’effondrement des repères. Je rentrais dans un environnement en apparence plus sécurisé, lisse, propre mais glacial. De larges couloirs éclairés, ponctués de caméras sous des globes de protection, une petite cour sans âme sous vidéosurveillance, tapissée de goudron et cerclée d’une double rangée de grilles et de barbelés, une cellule munie d’une douche, d’une télé d’office et de 5 prises électriques ( !)… Et pour peupler de fantômes cet espace morne, une rationalisation et discipline des mouvements, attachées à réprimer la vie dans ses moindres recoins. L’esprit du lieu a fort bien marié le confort et la propreté au service de l’ordre. Les flux et les effectifs sont réduits au minimum et strictement réglementés (3 tours de promenade pour 150 détenues, des activités limitées et à petit nombre). Les temps de promenade n’excèdent pas la limite obligatoire (1h15 par demie journée). Les échanges et solidarités entre détenues (à part les trafics de cachetons) sont particulièrement compliqués à mettre en œuvre dans une ambiance où la répression est diffuse (même un papier et un stylo sont interdits en cour de promenade)… Et à ne pas s’y confondre, si un service de buanderie est proposé c’est pour éviter le désordre et la confusion du linge aux fenêtres ; pour empêcher que les prisonnières puissent se « réapproprier » et détourner l’espace dans lequel ils survivent…

D’ailleurs dans cette nouvelle prison gérée en partie par une société privée (la SIGES -filiale de SODEXHO-) qui s’occupe du travail, la buanderie est le pole d’activité essentiel pour les femmes. Je crois que 1,5 tonne de linge est traitée par jour, provenant des différents centres pénitentiaires de la région. Pour les hommes, il s’agit de la cuisine. Sur le même principe Séquedin fournit des repas en barquettes à toutes les prisons de la zone. Les salaires sont inférieurs à 200 euros pour les femmes (pour un temps plein), 100 de plus pour les hommes.

Depuis l’ouverture d’un EPM (établissement pour mineur) à Quièvrechain, le quartier mineur de l’établissement a été fermé. Aujourd’hui en travaux, il est en phase de devenir un quartier ultra-sécurisé. Alors l’ouvrage sécuritaire se poursuit aveuglément : une nouvelle file de barbelés vient d’être ajoutée au mur d’enceinte, les tuyaux souterrains d’évacuation des eaux ont été grillagés, etc… Je compare cette platitude pacifiée à l’ambiance de la Maison d’arrêt des femmes de Fleury qui a son histoire, ses luttes , ses évolutions, ses acquis… Et puis ce qui caractérise les vieux centres pénitentiaires comme les douches « collectives » ou la distribution d’eau chaude le matin… Le dimanche après-midi la promenade s’étend sur 3h avec une autorisation de « pique-nique ». Et jamais une surveillante ne poserait un pied dans la cour de promenade… En fait le front est plus présent dans l’absolu.

A Séquedin, c’est comme si la division et l’effacement avaient opéré. On entend rarement les détenues frapper sur les portes des cellules à l’unisson. Mais j’espère que le quartier des femmes se secouera dans l’avenir pour refuser la résignation, conquérir de nouveaux « droits » et libertés, ici et ailleurs. Et enfin, partout, mettre à bas ces lieux de l’enfermement. A l’heure qu’il est j’attends toujours, mais avec plus de confiance et avec une compréhension progressive des mécanismes qui tentent de nous gérer… La lutte continue ! »

LIBERTE POUR ISA, JUAN ET TOUS LES PRISONNIERS ! A BAS TOUS LES ENFERMEMENTS !

Pour plus d’informations consulter

http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

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