RAP CONSCIENT

octobre 24, 2008

GEORGES IBRAHIM ABDALLAH : UN QUART DE SIÈCLE DANS LES PRISONS FRANÇAISES

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:23

Georges Ibrahim Abdallah, communiste arabe, militant de la cause palestinienne, entame ce vendredi 24 octobre 2008, sa vingt-cinquième année de prison en France, dans l’indifférence générale. Qui ne dit mot consent…

Les partis politiques, les médias, les intellectuels, la plupart des militants de la cause palestinienne, tous ceux qui se taisent sont responsables, à différents niveaux, de cet acharnement étatique. Il y a 60 ans, 800 000 Palestiniens étaient contraints de fuir leurs villages devant les bandes armées sionistes et les terroristes de l’Irgoun/Stern.

Les assassins, futurs fondateurs de l’État illégitimed’Israël, sont demeurés impunis. Georges Abdallah, lui, est toujours derrière les barreaux. Son « crime » : non pas d’avoir posé des bombes aveugles, ni commanditédes massacres contre des populations civiles, mais d’avoir milité au seind’une organisation, les Fractions armées révolutionnaires libanaises(FARL).

Face à l’occupation de leur pays, le Liban, les résistants communistes des FARL ont décidé de frapper leurs ennemis partout où cela était possible,exécutant un agent du Mossad, services secrets israéliens responsables du meurtre de Palestiniens hors d’Israël, et un attaché militaire étatsunien à Paris quelques mois avant que ne soit perpétrée la boucherie de Sabra et Chatila lors de l’opération de nettoyage cyniquement intitulé par Israël”Paix en Galilée”.

Pour être allé au bout de son engagement, Georges Abdallah, militant communiste arabe, a été condamné à la perpétuité en 1987. Il est libérable depuis 1999. Il y a dix ans qu’il aurait pu recouvrer la liberté ! Mais de la théorie/justice formelle à la pratique/justice de classe, il y a un gouffre : en 2003, la juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau se prononce pour sa remise en liberté.

Le ministre de la justice s’y oppose. En 2007, la DST lui emboîte le pas au motif que Georges Abdallah « sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays ». Georges Abdallah est un symbole vivant de la résistance du peuple palestinien qui ne se résigne ni au vol de ses terres, ni à l’avenir misérable que lui réservent les spéculateurs en col blanc.

A l’heure où le capitalisme trébuche et où les forces impérialistes en Afghanistan s’enlisent, les idées de justice portées par Georges Abdallah sont plus que jamais vivantes. Georges Abdallah doit être libéré ! Le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah Paris, le 24 octobre 2008

liberonsgeorges@no-log.org

http://liberonsgeorges.over-blog.com

octobre 23, 2008

Concert le 25 Octobre 2008 à Angers: L’étincelle.

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 6:29

AVORTER (brochure) à Télécharger et à lire…

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 6:21

Avorter
Histoire des luttes et des conditions d’avortement des années 1960 à aujourd’hui - Mars 2008

Cet ouvrage est une plongée dans l’histoire des revendications pour le droit de maîtriser sa fécondité. Une histoire que partiellement transmise à celles et ceux qui sont né·e·s après la loi Veil. Une histoire vécue par celles et ceux qui se sont battu·e·s et organisé·e·s pour la liberté de l’avortement. Ou encore, l’histoire de celles et ceux qui ont vécu l’avortement illégal et vu mourir des sœurs et compagnes.

C’est aussi et avant tout un bilan, utile pour savoir comment se positionner aujourd’hui face aux attaques du droit d’avorter dans de bonnes conditions sanitaires et sans trafic financier. Parce que le débat est bien là : que l’Interruption Volontaire de Grossesse soit légale ou non, les femmes avortent. Mais si les pouvoirs ne débloquent pas les moyens pour que cela se déroule de façon respectueuse, efficace et sans discrimination, ou pire si l’avortement est criminalisé d’une façon ou d’une autre, les femmes sont condamnées à vivre cet acte comme quelque chose de difficile et de dangereux.

Nous vous proposons de plonger avec nous dans l’histoire d’une commune, Grenoble, pour avoir un exemple de comment tout cela s’est organisé concrètement, en France.

Et nous posons la question : irons-nous avorter dans les nouvelles structures hospitalières intitulées “couple-enfant”, “mère-enfant”… où maternités et Centre d’IVG sont mêlés ? Laisserons-nous encore les pouvoirs législatifs, religieux et médicaux dire ce que nous devons faire de nos corps et de notre fécondité ? Accepterons-nous encore longtemps que la maîtrise de notre procréation et de nos sexualités ne soit pas reconnue comme un droit inaliénable pour tout individuE ?

téléchargez la brochure en format PDF ici AVORTER

source: http://infokiosques.net/

Daniel Guérin: Théoricien moderne du communisme libertaire

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 6:08

Daniel Guérin,
né le 19 mai 1904, disparaît le 14 avril 1988.

Issu d’une famille bourgeoise libérale et dreyfusarde, il est diplômé de sciences politiques et entre dans la vie avec des œuvres littéraires de jeunesse tout en ayant des activités de libraire en Syrie de 1927 à 1929.

Lors d’un voyage en Indochine, en 1930, où il découvre la réalité coloniale, il profite de la traversée pour dévorer un nombre impressionnant de textes politiques allant de Proudhon à Marx en passant par Sorel.

Sa fréquentation des jeunes ouvriers des faubourgs pousse le jeune Daniel Guérin à jeter son froc aux orties. Il rompt avec son milieu bourgeois, s’installe à Belleville, devient correcteur et s’engage dans le syndicalisme révolutionnaire en participant au groupe-revue Révolution Prolétarienne animé par Pierre Monatte.

En 1933, Daniel Guérin parcourt à bicyclette, l’Allemagne hitlérienne. Il en ramène un document de première heure sur la montée du nazisme qui paraît dans Le Populaire de la SFIO et sera repris en volumes sous les titres La Peste brune et Fascisme et grand capital (1936). Daniel Guérin y analyse l’origine du fascisme, de ses troupes et la mystique qui les anime ; sa tactique offensive face à celle, trop légaliste, du mouvement ouvrier ; le rôle des plébéiens qui le rejoignent ; son action anti-ouvrière et sa politique économique (une économie de guerre en temps de paix).

Daniel Guérin s’attache en particulier aux cas de l’Italie et de l’Allemagne.
Il cherche ainsi à dissiper les illusions anticapitalistes entretenues par le fascisme lui-même, en montrant que son action, aussi bien avant qu’après la prise du pouvoir, bénéficie surtout au capital économique et financier. Dans ces conditions, il lui paraît que l’antifascisme est illusoire et fragile, qui se borne à la défensive et ne vise pas à abattre le capitalisme lui-même.
Dans les rangs de la SFIO, Daniel Guérin, déjà anti-stalinien viscéral, rejoint les rangs du socialisme révolutionnaire de la tendance Gauche Révolutionnaire animée par Marceau Pivert.
Co-fondateur des Auberges de jeunesse, Daniel Guérin est également un membre actif du mouvement des occupations d’usines durant le Front populaire en tant que responsable inter-syndical en banlieue.

Il est aussi l’un des éléments les plus radicaux du courant de la Gauche Révolutionnaire et l’un de ceux qui ne se plaint pas, outre mesure, de son exclusion.
Il s’attelle, alors, à la création d’un authentique parti révolutionnaire, le nouveau Parti socialiste ouvrier et paysan (qui défendra des positions défaitistes révolutionnaires lors de la deuxième guerre mondiale et disparaîtra peu après).

En 1937, suite à l’appel à la solidarité de l’Espagne révolutionnaire, Daniel Guérin est scandalisé par la politique de non-intervention du gouvernement Blum.
Avec quelques camarades regroupés autour de Maurice Jacquier, il apporte, de toutes ses forces, un soutien politique et matériel à la CNT, à la FAI et au POUM, tout en s’opposant aux sinistres menées des sbires de Staline.

En 1939, Daniel Guérin est chargé de créer, à Oslo (Norvège), un secrétariat international du Front ouvrier international contre la guerre, rassemblant tous les courants socialistes de gauche opposés par internationalisme prolétarien à la guerre inter-impérialiste.
Arrêté par les Allemands en avril 1940, il est interné civil. Gravement malade, il est libéré en 1942.

De 1943 à 1945, Daniel Guérin coopère, en France, avec le mouvement trotskiste dans la clandestinité, essayant de maintenir une position internationaliste à l’écart du chauvinisme ambiant, multipliant les appels aux travailleurs allemands jusque dans les rangs de l’armée d’occupation (activité militante on ne peut plus dangereuse d’autant que les livres de Daniel Guérin sur le fascisme font partie de la fameuse liste Otto).

En 1946, Daniel Guérin s’établit aux États-Unis où il est actif aux côtés du mouvement ouvrier et des Noirs américains.
Il en est expulsé en 1949, dans le cadre de la chasse aux sorcières du maccarthysme, et rentre en France. Il étudie les œuvres complètes de Bakounine lorsque, en 1956, éclate la révolte des Conseils ouvriers hongrois contre le capitalisme d’Etat et la domination de l’URSS.
La conjonction de ces deux faits le rend à jamais allergique à tout socialisme autoritaire, qu’il soit jacobin, marxiste, léniniste ou trotskiste.

Daniel Guérin s’emploie à déboulonner l’idole Lénine pour la stratégie duquel il éprouvait, jusqu’alors, une grande admiration. Il en critique les concepts militaires, dénonce la notion frelatée de dictature du prolétariat lui préférant celle de contrainte révolutionnaire. Il redécouvre l’apport de Rosa Luxemburg dans sa lutte contre l’ultra-centralisme et le substitutionnisme léninistes, allant jusqu’à entrevoir des passerelles avec la spontanéité révolutionnaire chère aux libertaires.

Cette démarche l’amène à écrire, en 1965, son célèbre texte L’Anarchisme (réédité et maintes fois traduit, tiré à plus de 100.000 exemplaires) et sa colossale Anthologie de l’anarchisme : Ni Dieu, ni Maître, ce qui introduit rapidemment un quiproquo dans nos milieux : Daniel Guérin n’est toujours pas un anarchiste au sens strictement idéologique, même si, sur le plan personnel, il fait preuve d’un esprit libertaire sans tabous.

Par ces textes, il veut faire connaître tout l’apport original du courant anarchiste et il y réussit d’ailleurs, car le petit livre de la collection Idées fut la première lecture de nombreux libertaires d’aujourd’hui. Mais, son le but est, avant tout, de réformer l’ensemble du mouvement révolutionnaire (ce qu’il considère comme tel), de l’affranchir des ornières autoritaires, jacobines, marxistes-léninistes, sans pour autant le faire basculer dans l’idéologie social-démocrate voire, aujourd’hui, libérale bourgeoise, dans laquelle surnagent tant d’ex-militants des années 70.
Durant des années, Daniel Guérin s’engage jusqu’au cou dans le soutien aux militants algériens.
Il participe au Comité France-Maghreb, signe le Manifeste des 121 contre la torture et pour l’insoumission (1960) et n’accepte jamais les luttes fratricides entre FLN et MNA. Il s’engage en internationaliste comme partie prenante de la lutte et non pas comme porteur de valises au service d’un mouvement.

L’année 1962 le voit quelque temps au PSU, dont il s’éloigne, le trouvant par trop social-démocrate. Plus tard, il n’hésitera pas à dénoncer, toujours sans tabous, les tendances sociales-démocrates (et autoritaires) de Marx (cf. La Rue, 1983).
Il affirmera également son admiration pour l’apport philosophique des anarchistes individualistes tels qu’Émile Armand ou Zo d’Axa dans leur contestation concrète des valeurs morales de l’époque.

Daniel Guérin fut, aussi, un fin connaisseur de l’œuvre de Proudhon.
Mai 68, ce deuxième orgasme de l’histoire qu’il a la chance de vivre après le Front populaire, le jette dans la mêlée. On le voit, à 64 ans à la Sorbonne, aux côtés des libertaires de la revue Noir et Rouge et du Mouvement du 22Mars.

En 1969, il est co-fondateur du Mouvement communiste libertaire (rassemblant des éléments issus de la FCL, de l’UGAC, de la JAC) et éclaircit ses positions dans un texte dont il reconnaîtra l’ambiguïté du titre, Pour un marxisme libertaire.

La fusion (dont il est un des artisans de la plateforme) ratée, en 1971, entre l’Organisation Révolutionnaire Anarchiste et le Mouvement communiste libertaire le décourage. Il participera successivement à l’OCL, à l’ORA (dont il s’éloigne à la période autonome) pour rejoindre en 1980, par ouvriérisme, l’UTCL dans laquelle il milite jusqu’à sa mort.

Durant ces années, Daniel Guérin est engagé totalement dans le Comité pour la vérité dans l’affaire Ben Barka, dans le Comité Vietnam national, dans le Comité de lutte antimilitariste, tout en participant à la commission Droits et libertés dans l’institution militaire de la Ligue des droits de l’homme, autour de Me Noguères et même d’”officiers progressistes” (pensant que les positions d’objection, d’insoumission et les activités de comités de soldats sont des luttes complémentaires et non pas contradictoires).

Après la catastrophe du tunnel de Chèzy (8 morts), il participe activement au Rassemblement national pour la vérité sur les accidents dans l’armée.
Dès sa fondation, il participe activement aux activités du Front homosexuel d’action révolutionnaire. Son anticolonialisme de toujours le pousse aux côtés des Antillais, des Polynésiens (soutenant son vieil ami Pouva’ana si longtemps déporté en métropole), des Kanaks…

Daniel Guérin se lance dans la guerre civile des historiens voulant dénaturer la Révolution française, écrivant quelques mois avant sa mort, qu’il est un impérieux devoir de faire front face à la ruée des contre-révolutionnaires qui préfèrent les Vendéens et les chouans aux sans-culottes, à la meute qui s’est jetée ces dernières années sur la “Grande révolution” pour la déchirer à pleines dents, la calomnier, la salir.

Daniel Guérin n’a jamais été un militant anarchiste au sens strict, mais les anarchistes lui doivent beaucoup quant à la diffusion de leurs idées. S’il a attaqué un certain vieil anarchisme fossilisé d’une certaine époque (tout comme d’ailleurs le marxisme autoritaire dégénéré), il a toujours voulu que le meilleur de l’anarchisme puisse peser dans le mouvement révolutionnaire pour y contrer les dérives autoritaires.

Il ne concevait pas le communisme libertaire (ou anarchisme-communisme, terme qu’il acceptait aussi) comme un dogme, mais comme une tendance, une recherche sans cesse inachevée, persuadé qu’il était que la révolution sociale future, à la fois nécessaire et désirée, ne serait ni de despotisme moscovite ni de chlorose social-démocrate, qu’elle ne sera pas autoritaire, mais libertaire et autogestionnaire, ou si l’on veut conseilliste (À la recherche d’un communisme libertaire, 1984).

Daniel, en donnant son corps à la science, tu ne permets pas que ton souvenir s’enlise dans le rituel commun des tombes à fleurir.
Tu nous obliges à célébrer ta mémoire par nos combats et nos luttes d’émancipation. Nous t’en remercions.

Salut et fraternité !

D.G.
Extrait de la série Increvables Anarchistes, volume 10, éditions Alternative Libertaire et du Monde Libertaire.

bibliographie:

-Le mouvement ouvrier aux États-Unis
-Sur le fascisme
-Tome 1 : La Peste brune
-Tome 2 : Fascisme et grand capital
-La lutte des classes sous la Première République
-Front populaire, révolution manquée
-Rosa Luxembourg et la spontanéité révolutionnaire
-L’Anarchisme
-Pour un communisme libertaire (aux éditions Spartacus)
-Ni Dieu, Ni Maître - Anthologie de l’anarchisme (éditions François Maspero ou La Découverte),
-Homosexualité et révolution
-Bourgeois et Bras nus. 1793-1795
-Les Antilles décolonisés
-Eux et Lui. suivi de commentaires, ornés de cinq dessins originaux d’André Masson. Lille : Question de genre/GKC, 2000. 100 pp.

octobre 21, 2008

Parole en cage - Pétition pour la libération de Jann-Marc Rouillan

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 1:54

Sur le site MARGINALES, une pétition pour Jann-Marc Rouillan

“Jann-Marc Rouillan vient de voir son régime de semi-liberté révoqué par le tribunal d’application des peines. En le réincarcérant au motif d’avoir commenté la contrainte dont il fait l’objet – ne pas s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné –, c’est en réalité toute possibilité d’expression que l’État français lui refuse. La procédure d’appel étant aujourd’hui engagée, il est urgent de se mobiliser pour sa libération.”

[...]

“Nous appelons les écrivains, les philosophes, les éditeurs, les cinéastes, les artistes, les journalistes, toute personne confrontée à la censure, à prendre position sur cette interdiction de parole dont est frappé aujourd’hui un écrivain français en signant et en diffusant cet appel. Faites-nous également parvenir votre soutien par des textes courts, qui seront mis en ligne avec cet appel.”

La pétition : Ici

http://marginales.free.fr/spip.php?article94

Vendredi 24 Octobre à 20H

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 1:50

Week-end historique sur les évènements du 17 octobre 1961
au bar le Phoenix - Métro Ménilmontant (75020).

Vendredi 24 Octobre à 20H : PROJECTION DU FILM “Le silence du fleuve” de Mehdi Lallaoui (52min) suivie d’une DÉBAT avec : Samia Messaoudi (Au nom de la Mémoire), Jean-Luc Enaudi et le réalisateur du film, Mehdi Lallaoui.

Samedi 25 Octobre : EXPOSITION de Photographie d’Elie Kagan des évènements du 17 octobre 1961.

AU BAR LE PHOENIX,
18 Rue des Panoyaux - 75020 PARIS
Métro Ménilmontant (ligne2) le plus proche.

VENEZ NOMBREUX-SES !!!

Co-organisé par le Mouvement des quartiers (MQJS) et le bar Phoenix.

Asso MOUVEMENT DES QUARTIERS
mqjs.contact@yahoo.fr
http://www.justicesocialepourlesquartiers.org

Montfermeil : une bavure filmée, l’IGS enquête

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:26

Images à l’appui, Rue89 révèle des violences policières commises mardi en Seine-St-Denis et a enquêté sur les circonstances.

Mardi 14 octobre vers 22h00, la police a interpellé Abdoulaye Fofana à son domicile du 5, rue Picasso, cité des Bosquets à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Les circonstances de cette arrestation ont poussé le procureur de la République de Bobigny à demander jeudi une enquête de l’IGS, la police des polices.

La vidéo que révèle Rue89 montre deux policiers frappant à quatre reprises le jeune homme menotté, qui tombe au sol. Des témoignages recueillis sur place laissent à penser que les actes de violence commis par les policiers ont été beaucoup plus nombreux hors caméra.

Au final, il n’y a pas de blessé grave. Un policier, blessé à la main, a écopé d’un mois d’interruption temporaire de travail. Abdoulaye Fofana a eu deux jours et sa mère six jours. Le policier a porté plainte ; l’avocat de la famille Fofana en déposera six différentes lundi.

L’une des cités les plus « chaudes » de France, épicentre des émeutes de 2005

La cité des Bosquets est une des plus « chaudes » de France. C’est ici que Luc Besson tournait un film avec John Travolta avant de renoncer après des incendies de voitures, dimanche dernier.

La rue Picasso est à l’opposé de la cité, à l’épicentre des émeutes de 2005, à moins de 200 mètres de la limite avec Clichy-sous-Bois ; de l’autre côté, au sud, la même distance sépare les immeubles de Picasso de la villa du maire de Montfermeil, Xavier Lemoine (UMP).

Le contexte conflictuel et cette proximité avec le domicile de l’élu font de cette rue un endroit particulièrement surveillé par les forces de l’ordre. Jour et nuit, plusieurs unités de police se tiennent prêtes à intervenir en cas d’incident.

Mardi soir, vers 21h00, trois jeunes lancent un pavé sur une voiture de police

Mardi soir vers 21h00, trois jeunes lancent un pavé et tirent un mortier de feu d’artifice sur une voiture de police qui passe dans la rue. Environ une heure plus tard, une dizaine d’hommes du Groupe de sécurité de proximité du commissariat de Gagny entrent dans l’escalier du n°5. Ladj Ly, habitant de l’immeuble et membre du collectif Kourtrajmé, a déjà commencé à filmer les échauffourées.

Le jeune réalisateur, qui vient de faire parler de lui avec un canular présenté par Charles Villeneuve, a donné ces images à Rue89. Elles sont montées, la dizaine de minutes de rushes -que nous avons visionnée- étant ici réduite à ce reportage de 2′21.

(Voir la vidéo)

http://www.dailymotion.com/video/k2rrF1znHpdYChO9yw

Selon les déclarations d’Abdoulaye Fofana, confirmées par les témoignages d’habitants de l’immeuble que nous avons recueillis sur place, les quatre coups portés dans le hall de l’immeuble ne seraient que les derniers d’une longue série.

La police pense avoir reconnu en lui l’un des auteurs du caillassage de la voiture, en particulier à cause de ses baskets blanches. Selon lui, celles qu’il portait ce soir-là sont blanches, violettes et vertes.

« J’ai demandé pourquoi ils avaient cassé la porte [...]. L’un d’eux a dit : ‘On l’embarque celui-là’. »

Le jeune Français d’origine guinéenne, âgé de 20 ans, étudiant en BTS de négociation-relation client, déclare qu’il n’a pas bougé de chez lui, au 5e étage, depuis le début de la soirée. A jouer sur sa console, puis à regarder le match France-Tunisie. Sa famille sur la télé du salon, lui avec des amis sur la télé de la chambre. La France marque le deuxième but, tout le monde crie de joie. « Juste à ce moment-là, des policiers sont entrés en défonçant la porte de l’appartement », raconte-t-il.

« J’ai entendu le bruit, je suis allé dans l’entrée. Ils demandaient à ma mère si personne n’était entré ici. On a dit que non, et j’ai demandé pourquoi ils avaient cassé la porte. Ils ont répondu que non, qu’elle était ouverte, et l’un d’eux a dit : ‘On l’embarque celui-là’. »

Des coups de poing, de pied, de flashball et de matraque

Selon ses déclarations, il est ensuite violemment projeté à l’autre bout du palier, tout en étant frappé par les policiers, au nombre d’« une dizaine ». Il est mis à terre puis menotté, pendant que sa famille est maintenue à l’intérieur de l’appartement. Les policiers l’emmènent ensuite par l’escalier. Il raconte avoir été frappé tout au long de la descente, à coups de poing, de pied, de flashball et de matraque. Ce que confirment des habitants de l’immeuble, interrogés par Rue89. Tous disent avoir été alertés par ses cris.

Au deuxième étage, Esma Elassy :

« Un policier le frappait sur la tête avec sa matraque pendant qu’un autre le tenait. Il l’a tapé tellement fort que sa tête a cogné le mur. C’était catastrophique, j’étais très choquée. Quoi qu’il ait fait, ce n’était pas la peine de le frapper puisqu’il était déjà menotté. »

Au premier, Nafissa Delai :

« Je les ai vus lui donner un coup de matraque sur la tête, à travers l’oeilleton de ma porte. J’ai commencé à l’ouvrir, mais un policier m’a demandé de la fermer. »

Le procureur : « S’il y a d’autres violences, l’IGS portera ses investigations sur elles. »

François Molins, procureur de la République de Bobigny, confirme avoir saisi l’Inspection générale des services (IGS) pour qu’elle établisse ou non la réalité de ces « violences illégitimes » :

« Il y a les violences qu’on voit dans la vidéo. S’il y en a d’autres, l’IGS portera aussi ses investigations sur elles. »

La police ayant vu Ladj Ly filmer pendant la soirée, elle lui a demandé de lui fournir copie des images, ce qu’il a fait. Le réalisateur est convoqué lundi à l’IGS, comme la victime des violences.

Légalement, pas d’interpellation à domicile entre 21h00 et 6h00

Selon le procureur Molins, les policiers ont interpellé Abdoulaye Fofana sans avoir enfoncé la porte du domicile familial. Conformément à la loi, puisque, sauf exception (terrorisme, grand banditisme, stupéfiants), la police n’a pas le droit d’entrer par la force dans un domicile entre 21h00 et 6h00. Le magistrat affirme donc que la porte était déjà ouverte :

« L’homme interpellé a reconnu sur procès verbal qu’il a donné un coup d’épaule dans la porte de l’appartement pour y rentrer, effrayé par les policiers qui couraient derrière lui. »

La version de la famille Fofana est différente (voir la vidéo).

http://www.dailymotion.com/video/knfZUJ4ZW1o7jsO9vf

Quand on lui signale qu’Abdoulaye n’a reconnu ce « coup d’épaule » qu’à la seconde des deux dépositions faites pendant sa garde à vue au commissariat, et pas à la première, et qu’il est ensuite revenu à ses premières déclarations face à une substitut du procureur, ce dernier se borne à réaffirmer la motivation des autorités :

« On se donne les moyens de faire la vérité et la part des choses dans cette affaire. L’IGS n’a pas pour consigne de s’autolimiter. »

Abdoulaye Fofana, qui a passé 48 heures en garde à vue avant d’être déféré vendredi au parquet, sera jugé le 10 décembre au tribunal correctionnel de Bobigny, pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique, en raison du jet de pavé.

Le policier qui a porté plainte s’est-il blessé tout seul ou a-t-il été blessé?

Le policier qui a déposé plainte affirme que c’est le jeune homme qui l’a blessé lors de l’interpellation ; ce dernier assure qu’il n’était pas en mesure de se débattre, et que l’agent s’est blessé en le frappant.

Abdoulaye Fofana « est connu des services de polices », assure le procureur. Le jeune homme n’a en fait pas de casier judiciaire ; il a été brièvement entendu en 2005 dans une affaire de recel, ce qui lui a valu une inscription au fichier Stic. « Son nom est connu du parquet », insiste le magistrat.

La famille dépose six plaintes, avec neuf circonstances aggravantes

Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille Fofana, se refuse à tout commentaire. Il se borne à indiquer qu’il déposera lundi six plaintes, assorties d’un total de neuf circonstances aggravantes.

Concernant Abdoulaye Fofana : violences volontaires commises par personnes dépositaires de l’autorité publique, en réunion, avec usage ou menace d’une arme, et sous l’emprise manifeste de produits stupéfiants (puisqu’un des policiers « sentait le cannabis », selon la victime) ; subornation de témoin (en raison de la deuxième déposition, jugée litigieuse) ; menaces de mort (émanant d’un policier, toujours selon la victime).

Concernant Mme Fofana, même plainte pour violences volontaires et mêmes circonstances, sauf les stupéfiants.

Concernant le neveu d’Abdoulaye, un bébé qui s’est blessé à la lèvre en courant parce qu’il avait peur, choc émotif pour un mineur de moins de quinze ans.

Enfin, dégradation d’un bien appartenant à autrui (l’appartement), avec effraction.

octobre 19, 2008

Food Not Bombs

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:49

« De la bouffe pas des bombes »

FNB est un collectif de bouffe de rue : végan et autogéré.
Le principe est simple : distribuer des repas végétaliens dans la rue à partir de produits récupérés.

D’où ça vient les FNB ?
Le premier collectif Food Not Bombs apparaît à Boston en 1981 au sein des grandes mobilisations antinucléaires du début des années 80 aux USA. Le mouvement fait vite des petits un peu partout aux USA puis s’exporte. Aujourd’hui, il existe des centaines de collectifs de par le monde sur tous les continents.

Si nous avons repris ce nom, c’est au départ parce que nous partageons les valeurs des Food Not Bombs. Mais aussi pour se relier à un mouvement international.

Pourquoi Food Not Bombs ?
Parce que vivre et bouffer nous paraît plus important que tuer et fabriquer des bombes. Parce que manger ne devrait pas être source de profit, et que c’est la même logique qui traverse les marchands d’armes.
En France, le budget de l’armée pour 2007 s’élève à 47 milliards d’euros.
En 2006, l’armée française compte plus de 350.000 hommes (dont 100.000 gendarmes).
Comptons aussi 17.000 flics municipaux et 162.000 nationaux. La France est le pays le plus fliqué d’Europe !
L’armée française est (avec l’armée britannique) l’une des plus dotées financièrement en Europe.

Sur Quelles bases ?

1. L’autogestion - l’auto-organisation :
On fait avec les gens, pour les gens.
Le but étant à terme d’être juste un moteur de l’auto-organisation des gens.
Chez nous, il n’y a pas de chef : chacun est l’égal des autres.

2. Le véganisme :
Manger végan (végétalien en français), c’est manger sans animaux, ni produits animaux (produits laitiers, œufs…). Parce que les premières victimes du capitalisme sont les animaux.
Nous sommes pour la libération de tous : les animaux aussi !

Du point de vue des animaux :
Le profit des gros lobbies vendeurs de cadavres se multiplie sur la souffrance des animaux. Avec les végétaux que l’on produit pour nourrir les animaux emprisonnés, on pourrait nourrir les gens qui meurent de faim. Il faut 14 kg de végétaux pour produire 1 kg de viande : soit 13 kg de nourriture gaspillée !

Du point de vue écologique :
50 % de la déforestation est issue de la production de viande (pâturages, cultures…).
Il faut 100.000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande contre 900 litres d’eau pour 1 kg de blé !
Actuellement, le principal débouché des OGM : c’est l’alimentation des animaux…

De notre point de vue :
La nourriture végane, c’est un choix qu’on n’impose pas. On décide de pousser notre logique anticapitaliste en essayant de manger éthique.
En montrant qu’une alimentation végétalienne réfléchie est excellente pour la santé !
En plus, tout le monde peut manger végan quels que soient ses interdits alimentaires.

3. La gratuité :
On récupère sur les marchés ce qui serait jeté, ce qu’on nous donne aussi. On récupère les surplus du système marchand. On fait appel à la solidarité des petits épiciers de quartier pour les denrées non périssables (huile, lentilles, riz, épices…).
On récupère, on transforme en repas équilibrés, on redistribue. Et on aimerait que les gens se réapproprient cette idée de s’organiser ensemble pour se serrer les coudes.

4. Zone d’autonomie temporaire :
On ne demande l’autorisation à personne. Nous ne reconnaissons pas l’état, ni les lois qu’il a produites comme légitimes. On s’installe où on veut, quand on veut, et on distribue à bouffer dans l’esprit d’une réappropriation du monde et de nos vies.

source: http://fnbparis.canalblog.com

LE 4 NOVEMBRE TORCY MANIFESTONS CONTRE l’EUROPE FORTERESSE EN SOMMET A VICHY

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:46

Les 3 et 4 novembre prochains, le ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale et du développement solidaire organise une conférence européenne sur la gestion de l’immigration.

Quelques mois après le vote par le parlement européen de la directive retour*, le gouvernement français entend uniformiser les politiques migratoires européennes, généraliser la traque aux sans papiers et faire de l’Europe une forteresse interdite aux migrants.

Seront présents tous les ministres de l’immigration, de l’Intérieur et de la Justice de l’Union Européenne, et 200 autres députés, sénateurs, représentants de régions.

Pour accueillir les officiels européens de la chasse à l’immigré, la France a choisi Vichy ! Venant de la droite française décomplexée, associant sous le même ministère l’immigration et l’identité nationale, affirmant vouloir casser l’héritage de la Résistance, en finir avec la repentance, mettant en place la « rétention de sûreté », le choix de cette ville est une provocation de plus.

Si en face, l’État renoue avec des pratiques dignes des heures les plus sombres de l’Histoire de France (rafles, fichages, arrestations de militants, etc.), nous devons aussi renouer avec des pratiques de Résistance. Ce sommet européen sur l’Immigration est l’occasion de dire non à la France nationaliste, non à la xénophobie d’Etat et non à la chasse aux sans papiers.

C’est pourquoi, nous invitons l’ensemble des citoyens de Marne la Vallée à manifester pour réclamer la régularisation de tous les sans papiers.

* instaure une rétention pouvant aller jusqu’à 18 mois et prévoit des interdictions de 5 ans de l’Union Européenne pour toutes les personnes expulsés

MARDI 04 NOVEMBRE – 18H AU RER DE TORCY (puis en direction de la sous-prefecture)
à l’appel de : RESF, RLF-MLV, RUSF MLV, SUD Etudiant MLV, SUD Lycéen 77, Turbulences, NPA-MLV, LCR MLV, PCF Noisiel-Torcy

COMPILATION D’INFORMATION ET DE SOUTIEN CONTRE LE FICHAGE ADN.

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:43

Depuis 2003, la police relève systématiquement l’ADN de toutes les personnes en garde à vue. Au rythme de 20000 par mois, c’est plus de 830000 données qui sont enregistrées dans le Fichier National Automatisé des EmpreintesGénétiques (FNAEG).

Ce fichier, initié en 1998 par le gouvernement socialiste contre les pédophiles, s’est élargi par étapes à la quasi-totalité des crimes et délits. Députés et Ministres parlent de l’élargir à l’ensemble de la population car « les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès la naissance » (Christian Estrosi, janvier 2007).
Réactions et résistances : de 2003 à 2005 plus de 400 personnes ont refusé de donner leur ADN à la police. Ce mois-ci au tribunal de Grenoble, au moins deux procès auront lieu, le 22 et 28 octobre. Les condamnations montent jusqu’à plusieurs mois de prison ferme et des centaines d’euros d’amende.

Même les « présumés innocents » sont tenus de donner leur ADN. Comme tous les fichiers d’Etat, le FNAEG joue sur la présomption de culpabilité. Nous ne voulons de fichage génétique pour personne, faucheur d’OGM, voleuse à la tire ou pédophile, car c’est le principe du fichage des individus par l’Etat que nous contestons, pas ses dérives. C’est la société qui génère ces dispositifs de contrôle que nous voulons voir disparaître. Nous ne pourrons échapper individuellement au fichage : nous en appelons à un mouvement collectif et politique.

Une compilation d’information et de soutien.

C’est dans cette optique qu’a été éditée une compilation d’information et de soutien contre le fichage ADN. C’est un livret 36 pages accompagné d’un CD 12 titres, diffusé à prix libre en soutien aux personnes condamnées.

Au programme : Subterfuge, Fatal Nunchaku, Collectif Mary Read, Rage Mécanique, Explicite, Scarb, Skalpel, Abhora, La Secte Sans Nom, Fuck Da Tourist, L’Oiseau Mort, MC Jack Lang. 12 titres contre la science policière et les fichiers.
Historique du FNAEG et de son extension, le fichage pendant la garde à vue, textes juridiques, statistiques, jurisprudences, le fichage ADN en prison, la propagande à destination des enfants, pourquoi refuser politiquement le fichage ADN, guide juridique garde à vue, pour l’abolition de la carte d’identité, texte des chansons. 36 pages de textes écrits (presque) pour l’occasion.

Devant la demande, nous venons de rééditer cette compilation. Si vous souhaitez la diffuser, écrivez à compile-adn (at)no-log.org.
A Grenoble, elle est disponible aux Bas-Côtés (59 rue Nicolas Chorier), au Lokal Autogéré (7, rue Pierre Dupont), à la librairie Le Sphinx (place Notre Dame) et à Antigone (22, rue des Violettes).

Une version brochure est téléchargeable gratuitement ici :

http://refusadn.free.fr/spip.php?article115

Collectif Compile ADN

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