RAP CONSCIENT

mai 25, 2010

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:07

mai 17, 2010

“Le Hip-Hop c’est cool”

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 10:49

Et maintenant, sous vos yeux ébahis (ou un peu endormis), une tentative de mettre un peu au clair ce qui me trotte dans la tête depuis un certain temps : le rapport des classes moyennes anarchisantes évoluant dans le milieu DIY (« nous » ?) au mouvement hip hop. Tout ça est un peu compliqué, ce texte n’a pas la prétention d’arriver à une quelconque conclusion, je vais ici poser quelques questions et donner un semblant d’avis, déballer un sentiment et laisser apparaître quelques sous-vêtements théoriques. Il va de soi que je ne me place pas « au-dessus de la mêlée » et que je m’inclus dans ce « nous »…

On en est où ?

Tu reçois un mail. « Salut. On organise un concert et on voudrait un groupe de rap, donc on vous contacte. » Aucun mot sur tes textes, ta démarche, tes instrus. On veut un groupe de rap parce que c’est forcément bien, du moment que la forme correspond vaguement à l’idée qu’on s’en fait : un beat, deux ou trois gars derrière des micros, une attitude vaguement rebelle… argh.
Y’a pas si longtemps que les groupes de rap ont fait irruption dans la scène DIY. Quelques années seulement. Le temps probablement pour les nombreuses personnes qui ont grandi avec en fond sonore à la limite de la varièt’ de digèrer cette influence plus ou moins lointaine et se réapproprier le style.

En effet, à part quelques égaré.e.s (de tous horizons, dont pas mal de punx) qui affirment que la seule musique qu’elles n’aiment pas c’est le rap (ce qui, selon moi, est d’une connerie sans fond : comme s’il y avait un seul rap, comme si quand tu aimes le punk tu aimes indifféremment crass et blink 182, m’enfin passons), nombre de gen.te.s qui m’entourent disent qu’elles adorent le rap, voire qu’elles sont « à fond » dedans, alors que bien souvent, cet amour se limite à quelques réminiscences du lycée (iam, ntm, assassin) assorties de quelques trucs à la mode. Et moi aussi je dis que j’aime ça le rap. Et c’est clair que, moi aussi, mes références sont assez maigres. Mais bon sang, pourquoi on aime ces beats, de façon inconditionnelle ?

Combien de concerts horribles j’ai dû supporter, où une bande de gen.te.s bien emêché.e.s se dandinaient piteusement sur un beat quelconque au fond d’un squat ou dans un festival, singeant des poses de clips de MTV et adoptant ce qu’ils pensent être l’accent de la banlieue. On me parle souvent avec cet accent pour parler de l’oiseau mort, et moi aussi ça m’arrive, pour « rire », mais en nous regardant je ne sais plus où me mettre tellement c’est un comportement classiste et raciste.

Pas mal de monde semble se trouver des affinités avec un style, voire un milieu, alors qu’en étant un peu honnête, on constate qu’une majorité d’entre nous a grandi dans une tout autre culture que la culture hip hop et celle qu’on lui associe forcément, la fantasmagorique culture des banlieues.

Une question de génération ou de « cultures » ?

Quand j’entends le mot « culture », je… prends quelques secondes pour réfléchir. Pour ma part, je considère que ce terme fait partie des concepts, des idées abstraites qui nous servent à comprendre la réalité, sur laquelle on place un mot tout en sachant que ce qui se passe dans la vraie vie est bien plus complexe, pas vraiment homogène. Donc quand je dis « la culture hip hop », c’est un raccourci dégueulasse. Le tout c’est d’en avoir conscience. Par ailleurs je pense que les différentes cultures et classes sociales ne cohabitent pas gaiement les unes à côtés des autres. Elles génèrent et sont le fruit de rapports de force, de domination. Pas vraiment « peace, love and havin’ fun ». Tant mieux.

Bon, revenons à nos moutons, c’est le cas de le dire. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit (j’adore ce genre d’expression débile) : je ne dis pas qu’on ne peut pas tomber amoureux d’une culture bien éloignée de la notre jusqu’à l’adopter complètement (heureusement d’ailleurs que c’est souvent le contraire qui arrive, sinon bonjour la consanguinité), je dis juste que l’amour inconditionnel du milieu « alternatif » pour le rap me semble suspect. Pourquoi, par exemple, je me surprends à brailler dans ma chambre « je suis noire et née en France, et maintenue en position de faiblesse » en écoutant Casey, alors que je ne suis ni une meuf, ni noire, ni résidante de la banlieue nord de Paris ? Je me reconnais dans les le ton des textes, ok. Mais il n’y a pas que ça. Pourquoi je remue la tête sur des trucs de rap US (ou je n’entrave que la moitié des paroles) ou sur Mafia K1 Fry (qui racontent la plupart du temps de la merde) ?

Un début de réponse, une tentative (là je vais y aller à gros traits, ‘scuse moi d’avance, je mets les pieds dans le plat au risque de me gourer) : le hip hop c’est – forcément - cool. On a grandi avec ce mythe, parmi d’autres (le voyage par exemple, j’y reviendrai un de ces quatre). Une sorte de sentiment diffus, un lieu commun, entre idée reçue et vérité crue. Les punks sont sales et méchants. Les campagnards sont rustres et bourrus. Le hip hop c’est cool. Mais pas que. S’y ajoute (et participe au fait que ce soit cool) un côté dangereux, incontrôlable, hors-la-loi : les restes du piteux gangsta rap version Dimanche Martin. Alors on s’encanaille, on s’approprie une façon de parler, une gestuelle, des attitudes corporelles. Acheter son shit au quartier revient à « tisser des liens ». C’est le frisson. Ainsi, quelques groupes effectivement originaires des banlieues semblent les mieux vus dans la scène DIY, malgré de belles incompréhensions, ou des feintes d’ignorer ce qui, venant d’un groupe punk, équivaudrait illico à l’opprobre.

Oui il y a encore des classes et oui certaines sont encore considérées par l’Etat comme dangereuses. Dès lors, en bon.ne.s anarchistes, on est souvent fasciné.e.s et il n’y a bien que les organisations sclérosées (Fédération Anarchiste, Organisation Communiste Libertaire…) pour rejeter les liens possibles avec « le lumpen ». Les autonomes, eux, ont toujours bien fantasmé dessus (et je ne dis pas que des alliances ne peuvent pas porter leurs fruits…). Bref. En tous cas il y a ce machin, cette capacité, qu’on peut appeler le « capital culturel » (pour pierre bidule, sociologue, ta position dans la société dépend de différents « capitaux » : financier bien sûr, mais aussi social – ton réseau de connaissances – ou culturel – le fait que tu connais et maîtrises les codes de la culture dominante) qui nous permet de nous payer le luxe « d’aller voir ailleurs » sans trop de d’emmerdements.

La culture dominante qui digère la culture dominée, tire la chasse sur tout ce qui la dérange trop et se gargarise avec tout ce qui ne la remet pas en cause. C’est vraiment pas un phénomène extraordinaire. La journée de la femme ou le musée post-colonial du quai Branly (dont le slogan est d’ailleurs « là où dialoguent les cultures », no comment) sont d’autres bons exemples d’hypocrisie à grande échelle.

Parce que le plus rassurant, c’est encore quand des blancs classe moyenne font du rap. Alors là on est tranquilles, on sait qu’ils vont nous servir exactement ce qu’on attend. Je me demande souvent comment ne pas tomber là-dedans quand j’écris un texte, et je suis encore bien loin d’y être parvenu. Disons qu’éviter les slogans me semble déjà pas mal…

Conformisme vs Sincérité ?

Je sais que le conformisme n’est pas soluble dans la scène DIY, bien au contraire. Ainsi, bien souvent, quel que soit le style, il suffit de mettre des A cerclés et de répéter inlassablement les mêmes phrases en blanc sur noir pour être considéré comme un groupe révolutionnaire, même si à côté de ça on en branle pas une, on s’engage dans rien de collectif, voire on dénigre le fait de chercher à s’organiser, dans une posture de nihiliste de comptoir. Le rap n’est bien évidemment pas épargné par ce manque de recherche et sincérité. De façon plus large, le hip hop, comme tout mouvement/culture/style musical n’est pas « revendicatif » en soi, par essence, il est ce que les individu.e.s en font, avec un panel de démarches et de sincérités bien large.

Alors quoi ?

On appartient à plusieurs groupes sociaux, et ces différents groupes sociaux ne sont pas magiquement égaux entre eux. Donc des fois je suis dominant (un blanc dans une société où les non-blanc.he.s sont considéré.e.s comme inférieur.e.s), et des fois dominé (un RSAste qui cherche à… se loger). Et quelques fois, on trippe bien sur une culture dominée. Le tout est peut-être de le reconnaître, d’être un minimum honnête et sincère dans la manière dont on aborde cette attirance. Non pas s’approprier les choses de façon – faussement – inconditionnelle, ni se comporter en touriste expropriateur, mais proposer sa vision, avec le recul nécessaire. Assumer d’être un peu exigeant.e et chercher la cohérence en dehors des étiquettes. Et bien-sûr, garder toujours en tête que nos vies, dans ce monde de merde, sont faîtes de sales contradictions.

Ecrit par Chivain, tiré du fanzine “Impressions N°2″.

Soutien Villiers-le-Bel : Menace d’interdiction du concert de Rouen

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 9:45

Réponse des organisateurs rouennais du concert de soutien aux inculpés de
Villiers-le-Bel (le 19 mai avec Demon One, Kommando Toxik, Abou2ner, DJ
Plaiz, Dokou, Légendaire, Gueltou et DJ Smoke) à l’article paru dans le
Paris-Normandie daté du samedi 15 mai 2010

Le 11 mai dernier, alors que la campagne de soutien aux inculpés de
Villiers-le-Bel était à peine lancée, nous découvrions simultanément
dans le Figaro et sur le site d’extrême-droite Novopress.info que le
syndicat de police Union Unité police/SGP FO se disait scandalisé par
notre démarche et en appelait à son ministre de tutelle, Brice
Hortefeux, afin qu’il vienne mettre un coup d’arrêt à cet élan de
solidarité qu’il ne semblait vouloir partager.

Aujourd’hui, samedi 15 mai, c’est par voix de presse, dans l’édition
quotidienne du Paris-Normandie que nous découvrons la nouvelle tentative
d’intimidation des syndicats de police. Le syndicat Unité SGP Police, par
la voix d’Olivier Marin et de Frédéric Desguerre (sic) en appelle au
préfet afin qu’il interdise le concert prévu le 19 mai à Rouen à la salle
Sainte Croix des Pelletiers. Tentative de censure qu’ils modèrent dans les
pages du Paris-Normandie mais assument entièrement dans la-dite lettre au
préfet. L’article du journal se clôt par la menace d’une manifestation des
forces de l’ordre aux abords du concert.

Nos deux scribouillards syndicaux — qui avaient entre-temps créé un groupe
sur le réseau social facebook où les commentaires d’injures, de menaces et
de diffamation la plus crasse s’étalent à longueur de page — justifient
confusément leur tentative d’intimidation et de censure de deux manières.

Tout d’abord, le soutien aux inculpés de Villiers-le-Bel n’étant pas de
leur goût, il devrait être interdit. Ou comment un simple syndicat de
forces de l’ordre s’essaie à jouer la police politique. Ne leur en
déplaise, jusqu’à nouvel ordre, soutenir des personnes inculpées parce que
l’on conteste ce qui leur est reproché ou parce que l’on est solidaire de
leur cause n’est ni un crime ni un délit. L’appel à la «révolte contre le
pouvoir» que nous impute ce syndicat est au contraire, pour beaucoup un
précieux héritage. Jusqu’à Éric Cantona qui déclarait il y a quelques mois
que c’était là l’idée qu’il se faisait de l’identité française.

Faut-il préciser ici qu’en insinuant qu’il serait délictueux de soutenir
des inculpés pas encore jugés, ce syndicat porte ouvertement et
directement atteinte à la présomption d’innocence.

La deuxième justification apportée par ces messieurs concerne le contenu
des paroles de certains des artistes qui se produiront ce soir-là. Les
textes leur paraissent trop peu chaleureux à leur endroit. Serait-il
interdit de ne pas aimer la police ? Nous ne rentrerons pas ici dans une
explication de texte, nous nous contenterons d’encourager ces
fonctionnaires précautionneux à mener leur démarche jusqu’au bout et sans
discrimination. Nous attendons donc de leur part qu’ils réclament
l’interdiction de vendre et de diffuser les œuvres de milliers de groupes
de rap français, y compris de ceux qui ont reçu des victoires de la
musique, ainsi que de toute l’œuvre de Georges Brassens, de Renaud et que
d’une partie de celle de Johnny Halliday et pourquoi pas même le sketch
nommé «la police» des Inconnus.

Concernant la tentative d’intimidation qui nous paraît la plus grave, à
savoir la menace d’une manifestation de policiers aux abords et contre le
concert du 19 mai : il semblerait que l’autorité du préfet — dans son rôle
de garant de l’ordre — se trouve mise à l’épreuve par ses propres forces
de l’ordre. Cocasse. Mais nous ne laisserons pas notre concert être
perturbé par une émeute de policiers. Nous ne laisserons pas la police
faire du centre-ville de Rouen son territoire, sa zone de non-droit. Et
cela par tous les moyens qui nous paraîtront nécessaires, y compris par le
biais de nos avocats.

Nous appelons toutes les personnes solidaires des inculpés de
Villiers-le-Bel ainsi que toutes celles et ceux qui trouvent intolérable
que ce concert puisse être menacé, à venir, quoi qu’il arrive, le 19 mai à
19H à la Salle Ste Croix des Pelletiers de Rouen.

Merci de faire passer cette information à tous vos amis et réseaux. Plus
que jamais, nous avons besoin de solidarité.

mai 15, 2010

Le 22 mai !!!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 6:05

Le 29 mai !!!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 6:03

mai 4, 2010

GEORGES CIPRIANI EN SEMI-LIBERTE, JEAN-MARC ROUILLAN DOIT SORTIR!

Classé dans : Prise de position — skalpel @ 12:15

GEORGES CIPRIANI EN SEMI-LIBERTE, JEAN-MARC ROUILLAN DOIT SORTIR!

A sa quatrième demande, alors qu’il était libérable depuis 2005, Georges Cipriani vient enfin d’arracher un régime de semi-liberté, dernière étape avant la liberté conditionnelle.

Sans la mesure arbitraire qui l’a ramené en prison à temps plein, Jean-Marc Rouillan devrait être dans sa deuxième année de liberté conditionnelle.

Réincarcéré depuis plus de 18 mois maintenant, alors qu’il était à deux mois d’une libération conditionnelle qui devait faire suite à un an de semi-liberté, Jean-Marc Rouillan attend toujours qu’une date lui soit communiquée pour l’examen de sa nouvelle demande de libération conditionnelle. L’avis de la commission pluridisciplinaire du CNO chargée de statuer sur sa “dangerosité” n’a pas encore été transmis, un retard qui allonge anormalement la procédure.

Il ne peut y avoir de trêve dans notre revendication de libération de tous les militants d’Action directe. Plus de 24 ans après leur incarcération, leur temps est accompli depuis de longues années ! Il faut que Jean-Marc Rouillan sorte !

Ce mois encore, pour manifester notre solidarité et pour demander la libération de Jean-Marc Rouillan, soyons nombreux au

RASSEMBLEMENT
jeudi 6 mai, de 18 h à 19 h
en face de la direction de l’Administration pénitentiaire
carrefour rue de la Verrerie - rue du Renard (Paris 4e - Métro L1/L11 : Hôtel-de-Ville)

Le Collectif “Ne laissons pas faire !”

nlpf@samizdat.net - http://nlpf.samizdat.net

———-
Libération des prisonniers d’Action directe !

Abonnez-vous à la newsletter Nlpf! :
http://listes.samizdat.net/sympa/subrequest/nlpf-infos

Pour être tenu au courant des initiatives :
http://nlpf.samizdat.net
http://www.action-directe.net

Powered by WordPress