A propos des incidents lors des fêtes de bayonne
Témoignage de Giulliano Cavaterra
Dans la nuit de dimanche à lundi je me trouvais dans la rue des Tonneliers à hauteur du patxoki. Vers 3h45/4h je décide de rentrer en arrivant à hauteur de l’intersection des rues Tonneliers et Pontrique je m’aperçois qu’il y a un attroupement de policiers en civil avec brassard orange police et de CRS ou gendarme mobiles en train de mettre leurs casques et avec des boucliers ce qui m’a surpris car il n’y avait pas d’incidents à ma connaissance dans le coin.
Je rebrousse donc chemin pour avertir les gens du local associatif Patxoki qu’une intervention policière va avoir lieu et repars. Dehors les CRS tirent des grenades lacrymogènes et des gens leurs lancent ce qu’ils trouvent par terre soit essentiellement des gobelets en plastiques. Je vais donner un coup de main aux gens qui sont en train de nettoyer le bar xilko pour les aider à rentrer ce qui reste de materiel resté dans les comptoirs exterieurs et j’éssaie de rester à coté de celui-ci afin qu’il ne soit pas détruit dans les échauffourées.
Là je vois avancer les CRS qui tapent à coup de matraque sur le comptoir extérieur et cassent tout ce qui se trouve dessus. Je m’éloigne et sors de la rue, à l’angle de la rue Pannecau je retrouve des amis dont certains ont des blessures visiblement dues à des flash ball.
Je descends la rue Pannecau à l’intersection de la rue Pontrique des policiers en civils barrent l’accés de la rue. Des festayres et des habitants leur demandent des explications sur cette intervention musclée. J’engage aussi la conversation avec un policier lui demandant ce qui justifiait cette intervention. Il me répond qu’on les a appelés parce qu’un bar n’avait pas respecté l’heure de fermeture.
Je lui réponds que dans cette portion de la rue Tonneliers, il y a un bar qui a fermé à 3 heures comme tous les soirs et un local associatif qui, il me semble à l’autorisation de 5 heures. Il me dit que le bar a servi encore a 3 heures 30, je lui réponds que ce n’est pas possible puisque je fais parti des derniers clients à être sorti du bar et qu’en suite je me trouvais en face et que celui-ci ne servait plus.
Il me réponds que s’ils ont été appelés ce n’est pas pour rien et que plutôt que de lui demander des explications il fallait s’adresser aux donneurs d’ordre soit le maire de Bayonne et la Ministre de l’Intérieur. Je lui dis que c’est la première fois que je vois des policiers venir pour une infraction supposée de ce type avec des CRS casqués et armés, il me répond que c’est normal car c’est un lieu « basquisant ». Nous sommes à ce moment là plusieurs à discuter avec les policiers en civil, les échauffourrées ont lieu plus loin et nous ne faisons que parler même si c’est avec véhémence, nous ne menaçons pas les agents.
Pourtant un CRS arrive et sans un mot mais avec un regard haineux nous asperge de gaz lacrymogène. Je décide de rentrer chez moi croisant au passage la troupe de CRS et policiers en civils qui se dirigent depuis les quais en direction de la rue des Cordeliers.
Aucun ne semble « contusionné ». L’après-midi j’entends la version du sous-préfet en boucle sur France Info, elle est en contradiction avec ce que j’ai vu et entendu ce soir-là. Je trouve étonnant que le sous-préfet lance une opération de communication quelques heures après les faits et me demande s’il ne s’agit pas de justifier à posteriori le seul événement qui ait fait vraiment tache dans ces fêtes 2008 qui s’étaient si bien passées.
Quelques remarques:
-Je n’ai vu aucun projectile voler avant l’intervention des hommes casqués qui portaient bouclier et je pense qu’il ne fallait pas être grand clerc pour savoir que cette apparition serait prise comme une provocation à un moment où tout était tranquille pourtant.
-Ayant déjà assisté y compris à Bayonne, y compris dans des bars « basques », y compris des ambiances bondées, à des venues de policiers pour signifier qu’il fallait fermer, ou baisser le son voire pour dresser des PV je n’ai jamais vu faire ça avec un escadron de CRS casqués avec boucliers le prétexte du non respect des horaires me paraît donc étonnant.
-J’affirme que je n’ai vu aucun policier se présenter au bar Xilko ni au Patxoki pour demander quoique ce soit et que je n’ai entendu aucune sommation avant l’intervention des policiers.
-C’est le seul endroit de Bayonne où les policiers sont intervenus de cette manière… parce que c’est un endroit « basquisant » m’a dit un policier. De plus deux personnes qui ont semble t’il été visées par des tirs sont des abertzale, tout cela me donne l’impression qu’on était venu « casser du basque » ou faire une provocation afin de faire croire que c’est les abertzale qui ternissent l’image des fêtes.
source et autres témoignages…